Trois destins liés dans les cendres. La part des flammes
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Trois destins liés dans les cendres.  La part des flammes

 

« - Madame de Raezal, quel plaisir…

- Je vous remercie, Madame la Marquise, de prendre la peine de m’accueillir alors que nous ne nous connaissons pas.

- Chère Violaine, je vous en prie, appelez-moi Pauline… J’ai appris pour votre époux... 

- Justement, je ne vous cacherai pas, Madame, que depuis la disparition de mon mari, je ressens la nécessité de me rendre utile.

- C’est fort louable…

- Voilà… Je… Je souhaite me consacrer à des œuvres de charité pour porter secours aux malheureux, en mémoire de Gabriel qui était un homme très généreux. »

 

 

 

 

 

 

 

La Comtesse Violaine de Raezal vient de perdre son mari. Désireuse de porter son aide aux nécessiteux, elle souhaiterait tenir un comptoir au Bazar de la Charité qui se tient dans quelques semaines. Les places sont limitées. Les lieux ne sont pas extensibles. Par chance, la Comtesse se liera d’amitié avec la Duchesse Sophie d’Alençon qui lui offrira l’opportunité de réaliser son projet. Constance d’Estingel, elle, est une jeune femme élevée par les Sœurs, dans une institution dominicaine de Neuilly. Elle doit se fiancer avec Laszlo, mais, bien qu’il soit de bonne famille, ce n’est pas du goût de tout le monde, et en particulier de la Mère Supérieure. Violaine, Sophie et Constance, trois femmes de la fin d’un siècle vont voir leurs destins se croiser au Bazar de la Charité le 4 mai 1897, lorsqu’un des premiers projecteurs de cinématographe prendra feu dans une salle de l’établissement, embrasant les lieux avant que la foule ne puisse fuir. Des personnalités vont se révéler, dans le bon ou le mauvais sens. Les vies de Violaine, Sophie et Constance vont être bouleversées à tout jamais.

 

 

 

 

© Wyllow, Quella-Guyot - Philéas

 

 

Didier Quella-Guyot adapte le roman de Gaëlle Nohant paru en 2015, inspiré d’un fait réel. L’écrivaine a mis en scène l’événement avec des personnages forts et une intrigue passionnante. On est immergé dans la grande société de l’époque. On comprend qu’il n’était pas toujours ni facile, ni avantageux de naître avec une cuillère d’argent dans la bouche. Didier Quella-Guyot met en scène ces personnages avec beaucoup plus de fidélité que ne l’avait fait TF1 dans sa non moins excellente série télévisée avec Audrey Fleurot, Camille Lou et Julie de Bona dans les rôles principaux. Le scénariste n’étend pas inutilement l’incendie. La scène fait six planches sur les cent-dix de l’album. Quella-Guyot met en exergue les volontés féminines, prémisses d’un féminisme alors inexistant, comme le démontrait Gaëlle Nohant dans son roman.

 

 

 

 

© Wyllow, Quella-Guyot - Philéas

 

 

Au dessin, Wyllow reste dans un réalisme propre à la « Histoires authentiques » comme on pouvait en lire jadis dans le journal Tintin. Si l’ensemble tient la route, il manque un peu de finesse à ses décors et un peu plus d’âme dans les personnages parfois figés. Le dessinateur se détend néanmoins en fin d’album avec une planche finale bien exécutée et comme on aurait aimé en voir plus.

 

 

 

 

© Wyllow, Quella-Guyot - Philéas

 

 

Fresque romanesque aux personnages que n’aurait pas renié un Victor Hugo, La part des flammes est un exemple de récit aussi efficace qu’émouvant.

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

 

 

https://youtu.be/WN2H77N5160

 

 

 

 

https://youtu.be/Jl_jv1Ut_ls

 

 

 

 

 

 

 

 

 

One shot : La part des flammes 

 

Genre : Drame 

 

Dessins & Couleurs : Wyllow

 

Scénario : Didier Quella-Guyot 

 

D’après : Gaëlle Nohant 

 

Éditeur : Philéas

 

Nombre de pages : 112 

 

Prix : 19,90 €

 

ISBN : 9782491467142

 

 

 



Publié le 29/05/2022.


Source : Bd-best

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