Tuer le père ? Epilogue
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Tuer le père ?  Epilogue

« - Pourquoi tu ne viendrais pas manger ? Alfonso est en déplacement, il n’y aura que toi, moi et les enfants. Pour le goûter sinon ? Un café au moins ?

- Merci, Pili, mais je ne t’appelais pas pour avoir des nouvelles de la famille. En fait… J’ai besoin de consulter certains documents de notre père et…

- Ça alors, Rudy, tu ne vas pas le croire ! J’ai toujours dit que Papa était un peu devin, pas vrai ? Eh bien, tu peux croire que jusqu’au dernier moment, il a insisté pour que personne ne touche à ses papiers, parce que tôt ou tard tu viendrais les chercher ? C’est évident, Rudy, parce que tous les deux, vous vous êtes consacrés à des choses très similaires !

- J’écris sur la littérature, le théâtre et le cinéma. Ton père, lui, les censurait et faisait emprisonner les auteurs. Il me semble que cet homme et moi n’avons rien en commun. »

 

 

 

 

 

 

            Espagne, début des années 80. Rodrigo Mendoza est journaliste culturel. Il enquête sur le passé trouble de son père, homme formidable pour certains, détestable pour d’autres.

 

 

 

 

© Velarde- Paquet

 

 

A l’occasion d’une exposition de photographies d’Antonio Campana i Bandranas intitulée Une vie, deux œuvres, Rudy  est envoyé par la rédaction de son journal afin de faire un reportage sur cet événement. Campana a pris des clichés pendant la dictature de réunions clandestines avec de grandes figures de l’opposition. Parallèlement, il a fabriqué des faux papiers pour beaucoup de dissidents et d’opposants au régime obligés de se cacher ou de fuir. Sur place, une visiteuse qui vient déposer une fleur près d’une photographie intrigue beaucoup le journaliste. Sur cette photo d’un militant de la résistance, Rudy reconnaît son père. Qui est cette femme ? La retrouver lui permettra-t-il d’en savoir plus sur son père ?

 

 

 

 

© Velarde- Paquet

 

 

Pablo Velarde écrit un morceau de l’histoire de l’Espagne à travers le destin du père de ce journaliste-enquêteur qui a eu une vie familiale bien différente de sa mission politique. On s’apercevra vite que l’homme n’est ni tout noir ni tout blanc et que le père rude a sauvé des vies. Cette double face, cette ambiguïté, trouve un écho théâtral avec le personnage de César Fuentes, producteur et auteur de pièces qui a connu le succès malgré la dictature franquiste. Fuentes aidera Rudy dans son enquête afin de savoir s’il est le fils d’une crapule ou d’un Robin des Bois.

 

 

 

 

© Velarde- Paquet

 

 

Dans un sobre noir et blanc et des flash-backs sépias, l’auteur émeut. Il adopte un graphisme « gros nez » pour une histoire dramatique, comme Irena, comme le récent Gost111. Le procédé est efficace et mérite de devenir un courant graphique à part.

 

Velarde écrit une histoire passionnante et complexe, historique et déstructurée dans sa temporalité. L’épilogue remet tout en question, invitant à une seconde lecture sous un autre œil.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

PS : Nous devons tous rester chez nous, sauf nos amis de la santé et de la distribution alimentaire à qui nous pensons très fort. En ces temps compliqués, quoi de mieux que de lire des BD. Pour acheter ces beaux albums, si les librairies ont dû fermer leurs rideaux, n’oubliez pas que beaucoup d’entre elles proposent des services de vente par correspondance sur leurs sites. Alors, avant de vous précipiter sur les sites d’Amazan ou de la Fnoc, vérifiez si votre libraire de quartier ou de plus loin le fait.

 

 

One Shot : Epilogue 

 

Genre : Passé recomposé 

 

Scénario & Dessins : Pablo Velarde

 

Éditeur : Paquet

 

Nombre de pages : 240

 

Prix : 24 €

 

ISBN : 9782889325412



Publié le 08/04/2020.


Source : Bd-best

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