Un western dans la Der des Der. La ballade du soldat Odawaa
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Un western dans la Der des Der.  La ballade du soldat Odawaa

 

 

«  - Mon Colonel, le Capitaine Ernest Keating, du premier bataillon d’infanterie canadien est là.

- Faites entrer Berthier et laissez-nous. Asseyez-vous, Capitaine. Je suis le Colonel Desjoyaux. Vous parlez français, je présume ?

- Oui, mon Colonel.

- Capitaine, je dois vous faire part d’une situation préoccupante… Depuis plusieurs semaines, un groupe de pillards allemands multiplie les exactions entre les lignes… Tout y passe : population civile, églises… C’est intolérable ! Ces criminels et leur chef, le commandant Von Schaffner, se trouvent actuellement sur votre zone… Le remède doit être radical ! On m’a dit que vous aviez sous vos ordre des scouts indiens extrêmement efficaces…

- Euh… Ce sont des soldats à part entière, Colonel.

- Bien sûr, et qu’en est-il de votre héros ? Celui qui a abattu une centaine de cibles en deux mois ?... Tomahawk, là…

- La Caporal Odawaa, surnommé « Matricule Tomahawk », rapport à ses origines Cree… Mais sa mère est française ! »

 

 

 

 

 

 

 

Février 1915, la France est enlisée dans un conflit mondial dont aucune lueur d’espoir de sortie ne pointe à l’horizon. Epuisés, les poilus sont des rats de tranchées aux destins brisés. Le salut vient de l’autre côté de l’Atlantique : des soldats canadiens traversent l’Océan pour prêter main forte à la Triple Entente. Parmi eux, se trouvent des tireurs d’élite amérindiens, dont le matricule Tomahawk, le soldat Odawaa, qui va mettre à mal la défense ennemie et un groupe de pillards allemands qui commet des actes barbares dans les villages.

 

 

 

 

© Rossi, Apikian - Casterman

 

 

Pour son premier scénario, Cédric Apikian déniche une partie méconnue de l’histoire de la Première Guerre Mondiale. Il s’appuie sur des événements réels pour raconter une fiction âpre. Des héros de la Der des Der lui ont servi de modèle. Francis Pegahmagabow, soldat amérindien canadien, fut le tireur d’élite le plus efficace du conflit, comptant à son tableau de chasse pas loin de quatre cents victimes allemandes. Il rentrera vivant de la guerre. Henry Louis Norwest était un tireur d’élite spécialisé dans l’art du camouflage. Il sera abattu dans la Somme par un soldat ennemi. Ces snipers exceptionnels ont servi dans les rangs Alliés. Apikian s’est appuyé sur leurs parcours et synthétise leurs particularités pour construire le personnage du soldat Odawaa.

 

 

 

 

© Rossi, Apikian - Casterman

 

 

Pour son premier scénario, Cédric Apikian se paye le luxe de s’offrir Christian Rossi au dessin. Le dessinateur de Jim Cutlass, de WEST et de Deadline adapte son savoir-faire sur le western à la Première Guerre Mondiale. Cette ballade est un western des tranchées, avec toute la cruauté des combats.  Le trait de Rossi y est plus rude et plus fumeux, comme pour mieux s’adapter au brouillard des champs de bataille. La boue et l’humidité donnent des frissons à travers les cases. Acte manqué ou hommage avéré, le Capitaine Keating ressemble étrangement au Colonel Francis Blake.

 

 

 

 

© Rossi, Apikian - Casterman

 

 

Les auteurs ont choisi de laisser Odawaa dans l’ombre. Lorsque Keating lui donne des ordres, il semble parler à des arbres. Planqué sous un casque de plumes, le militaire reste mystérieux. Lors de ses déchainements de violence, la focale reste sur les armes et sur les cadavres, sauf lors d’un final ingénieux qui remet en question toute l’histoire, mais pas l’Histoire.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : La ballade du soldat Odawaa

 

Genre : Histoire

 

Scénario : Apikian

 

Dessins & Couleurs : Rossi

 

Éditeur : Casterman

 

Parution : 30 octobre

 

Nombre de pages : 88

 

Prix : 19 €

 

ISBN : 9782203172227

 



Publié le 25/10/2019.


Source : Bd-best

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