Une satire sociale : Le monstre est-il celui que l’on croît ? Nouveau contact
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Une satire sociale : Le monstre est-il celui que l’on croît ? Nouveau contact

 

« - Maaggie !

- Doug ? Non mais tu as vu l’heure ? Qu’est-ce qu…

- Maggie, j’ai fait une énorme bêtise !

- Quoi ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Qu’est-ce que tu as fait ?

- J’ai merdé, Maggie. J’ai publié des photos et je… Je veux dire, des nouvelles photos ! Un truc de fou ! Mais je crois que les gens… C’était une mauvaise idée… Je crois que le truc est en train de m’échapper.

- Doug ! Tu as publié des photos sur le net et maintenant tu débarques en pleine nuit parce que tu fais une crise d’angoisse à l’idée que le monde entier les trouve moches ?

- J… Non, Maggie, c’est…

- Bonne nuit, Doug. »

 

 

Douglas Mc Murdock, la quarantaine bien sonnée, s’est retiré du monde au fin fond des Highlands. Vieil ours dont les seuls contacts sont avec ses rares voisins et l’épicière du coin, le photographe n’a plus de vie sociale, ni d’existence numérique, jusqu’au jour où, après des clichés de héron, de loutre et de macareux, il prend la photo d’un monstre marin jailli du Loch bordant sa terrasse. En publiant l’image sur son compte « Twister » qu’il avait délaissé depuis dix-sept mois, l’homme a mis le clic dans un engrenage dont les rouages vont tourner plus vite qu’il ne le pensait. La photo de ce Nessie va susciter les passions.

 

 

 

 

 © Duhamel  - Bamboo

 

 

A l’instar de Walking Dead qui est tout sauf une histoire de zombies, Nouveau contact n’est pas un récit sur le monstre d’un lac.

 

La publication de la photo du monstre sur le net fait l’effet d’une traînée de poudre. La paisible région de Castle Loch devient « The place to be ». Les journalistes envahissent les lieux. La vie simple et tranquille de Doug se trouve dynamitée à ses dépens. Et pas seulement la sienne. Sa femme institutrice, dont il est séparé, est la victime collatérale d’un cyber-harceleur.

 

 

 

 

 © Duhamel  - Bamboo

 

 

Après Le retour et le formidable Jamais, Bruno Duhamel signe un troisième one shot dans la collection Grand Angle. Le dessinateur confirme sa place d’auteur complet majeur. Dans un graphisme ligne claire, il propose une satire sociale. Les journalistes, les militaires, les manifestants en tous genres, tout le monde en prend pour son grade. En particulier, ce « nouveau contact » dézingue  le web et toute la folie qu’il engendre, montrant que les utilisateurs passent pour la majorité à l’action sans s’arrêter sur la case réflexion.

 

 

 

 

 © Duhamel  - Bamboo

 

 

Les personnages secondaires apportent une densité au récit. La romancière Emma Holmes, l’ex-femme Lisbeth Wilkinson, Maggie la patronne du General Store ou encore la journaliste Fox, ce sont des femmes qui sont les principaux satellites autour de Doug. Il y a quelques hommes comme Kapour ou le fameux Fanck Enstein, mais ce sont les femmes qui mènent la danse. On le voit également dans les rangs des manifestants où elles tiennent la dragée haute aux garçons.

 

Aux sources de l’histoire de Duhamel, il y a celle authentique du « Broccoli Tree ».  Sur les rives du lac Vättern en Suède, le photographe Patrick Svedberg a pris en photo un arbre ressemblant à un broccoli. Le cliché a rencontré un succès inattendu jusqu’à ce qu’un internaute dégrade l’arbre à un point où il a fallu l’abattre. Le monstre pris en photo par Doug subira-t-il un si funeste destin ?

 

 

 

 

 © Patrick Svedberg

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

One shot : Nouveau contact

 

Genre : Satire sociale

 

Scénario, Dessins & Couleurs : Duhamel

 

Éditeur : Bamboo

 

Collection : Grand Angle

 

Nombre de pages : 72

 

Prix : 15,90 €

 

ISBN : 9782818967270

 



Publié le 30/08/2019.


Source : Bd-best

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