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Desperados Housewives: « les bonniches, les brutes et les truands »… mais plus pour longtemps

Vous trouviez que les Desperate Housewives vivaient dans un environnement trop cosy et avec des problèmes de riches ménagères? Alors, vous devriez être entièrement satisfait(e)s par la poussière et les revolvers des Despera…dos Housewives. Ainsi, le tandem inséparable formé de Sybille Titeux et Amazing Améziane nous dépaysent dans le Mexique des années 1911, un pays dans lequel les Bandidos font la loi (ou essayent) mais, attention, les femmes commencent à sortir de leur réserve.

 

 

 

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

Résumé de l’éditeur: L’histoire se passe au Mexique en 1911 en fin de dictature de Porfirio Diaz, dans le petit village de Tetecala dans la région de Morelos, non loin de Mexico. Cette famille vit dans une dynamique traditionnelle : les hommes sont machos et les femmes s’attèlent aux tâches ménagères ainsi qu’à l’éducation des enfants… mais plus pour très longtemps.

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

Un an et six mois après avoir magnifié le destin et la course folle de Muhammad Ali (un périple qui continue d’ailleurs outre-Atlantique où la traduction de ce comic book franco-belge vient de paraître et de se hisser parmi les Best Sellers), c’est de manière inattendue que nous retrouvons ce couple à la ville comme à la planche: Sybille Titeux et Amazing Améziane. Alors que nous attendions Sam Hicks chez Le Lombard, ce sont de drôles de dames qui font leur entrée au bal des bulles et des cases. Les sombreros sont de la partie et les sombres… idiots, aussi. Oh, ce n’est pas tant qu’ils soient méchants, Fausto, Tadeo et Dante, mais ils pourraient être plus délicats dans leur rapport aux femmes. Et Pandora, Delfina et Maria, trois soeurs, passent leurs temps entre les casseroles, le ménage et les lessives pendant que leurs hommes mènent la grande vie avec l’argent braqué dans les banques. Mais, au pays des cactus, telle l’eau qui les gorge, la révolution féminine et féministe va peu à peu monter. Au même moment, les maris gangsters vont au-devant d’ennuis car, dans les banques mais aussi à l’assaut des chariots, la bande ne semble plus avoir le monopole. Et une bande rivale en fait ses choux gras.

 

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

Une mamie aux poupées vaudou enrichies, des petits-enfants qui redemandent d’histoires passionnantes, et c’est ainsi que naît cette histoire virile mais aussi féminine. Alors que ces dernières années, Amazing Améziane avait donné force et vigueur à des héros masculins, dans des mondes terriblement testostéronés, c’est à trois héroïnes qu’il s’attaque aujourd’hui avec Sybille Titeux. Le caractère est bien trempé et, si elles ne visent pas toujours juste et ont besoin d’entraînement, ces Desperados Housewives n’y vont pas de mains mortes dans l’art de l’efficacité et de charmer le lecteur (tout en ayant le bon goût de ne pas jouer les affriolantes créatures).

 

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

 

© Titeux/Ameziane chez Jungle

 

Ici, l’écho des armes résonne dans la vallée désertique, mais le sang ne coule pas comme dans Clan, l’humour bien: cette chevauchée de 44 planches ne ménage, en effet, ni l’action ni le pittoresque. Et toujours aussi inspiré, Améziane révèle un peu plus l’étendue de son talent en allant voir du côté des gags sans rien perdre de sa force réaliste. Et ce qui nous fait rire avant tout, ce sont ces hommes qui en prennent pour leur grade (on remarquera qu’après avoir signé Devenir un vrai mâle et Devenir mafieux, le dessinateur en prend le contre-pied) et les héroïnes se révèlent malines, guidée par les « Viva Libertad » dans les traces des femmes révolutionnaires qui rejoignirent le camp de Zapata. À contre-clichés, l’osmose du couple Titeux-Améziane prend une nouvelle fois son sens, de manière plus légère que précédemment, et cette épopée originale sur le mode « Les bonniches, les brutes et les truands » ne manque assurément pas de sel.

Alexis Seny

Titre: Desperados Housewives

Sous-titre: Fille de Pandora

Récit complet

Scénario: Sybille Titeux

Dessins: Amazing Améziane (Fb)

Couleurs: Sybille Titeux et Amazing Améziane

Genre: Humour, Western

Éditeur: Jungle

Nbre de pages: 44

Prix: 10,60€



Publié le 23/01/2017.


Source : Bd-best


Des fantômes à Tchernobyl, une inquiétante disparition chez les raggare suédois et une folle histoire d’amour à Saïgon: la BD voyage

De saisons en saisons, le monde du Neuvième Art s’efforce d’atteindre les horizons qu’ils soient plus ou moins lointains. En l’occurrence, les trois albums que nous vous présentons ici n’ont pas compté les kilomètres pour arriver à leur fin. Tous dans des registres différents: polar, récit autobiographique ou lorgnant vers le fantastique. Alors, vous partez en voyage avec nous?

Les chiens de Pripyat: irradiés mais pas complètement morts
 

Résumé de l’éditeur: À Tchernobyl, des coeurs battent encore… 26 avril 1986 : une série d’explosions ravage la centrale nucléaire de Tchernobyl, contaminant tout dans un rayon de plus de 200 km. Après l’évacuation des plus proches villages, des groupes de chasseurs sont formés avec pour mission d’abattre les animaux touchés par les radiations et qui vivent en liberté dans des villages fantômes. Pour trente roubles par animal tué, une brigade accepte de pénétrer dans la zone. Là, ils croiseront le destin de personnages extraordinaires. Des âmes perdues, abandonnées dans la lande irradiée.

 

 

© Alliel

 

 

© Alliel chez Grand Angle

 

Avec les chiens de Pripyat, Aurélien Ducoudray s’empare d’un sujet radioactif et brûlant, emmenant avec lui, le dessinateur Christophe Alliel. Tchernobyl, ce-lieu-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom à moins d’avoir un surplus de confiance en la science et en l’homme, en sa capacité de pouvoir faire autre chose que s’autodétruire. Symbole des caprices effroyables d’un nucléaire incontrôlable, l’ancienne centrale soviétique n’a cessé, depuis vingt ans, d’alimenter des craintes, des envies de compréhension mais aussi des fantasmes. Avec par-dessus tout l’envie de comprendre ce qu’il s’était passé et surtout de prévenir tout risque que ça se reproduise (bon, il y a eu Fukushima entre-temps).

 

 

© Alliel chez Grand Angle

 

 

Recherches de personnages © Alliel

 

Les deux pieds dans le réel, c’est ainsi que le duo d’auteurs s’avance vers la ville fantôme où la nature a repris ses droits. Ils ne sont pas seuls: sous l’égide du saint patron à tête de chien des voyageurs, Saint Christophe (qui donne son nom à ce premier tome du diptyque et lui confère symbolisme), et dans les rangs d’une bande de mercenaires chargés d’éliminer les animaux errant dans la zone interdite, les chiens en premier.

 

 

Recherches de personnages © Alliel

 

 

© Ducoudray/Alliel/Paillat chez Grand Angle

 

Dans le fatras environnant et l’atmosphère mystérieuse et inquiétante qui règne dans les villes où se sont passées des choses peu heureuses et qui sautent aux yeux à chaque planche, on a l’impression de se retrouver dans la série Seuls. Rien autour, une ville désertée, où la vie semble avoir disparu inopinément, en un claquement de doigts. Quelques vinyles, des cartes postales qui n’attendent plus le facteur depuis longtemps et le crochet d’un téléphone qui pendouille dans une classe dérangée rappellent que, en un temps pas si éloignés, il y avait sans doute de la vie.

 

 

© Ducoudray/Alliel/Paillat chez Grand Angle

 

 

© Ducoudray/Alliel chez Grand Angle

 

Ne restent juste que quelques hommes, ni bons ni mauvais, cherchant à gagner tant bien que mal leur croûte. Une vieille dame, aussi, restée là en concierge de ce domaine sans locataire. Ou presque, car subsistent quelques drôles de cosmonautes attirant l’histoire vers le fantastique. En attendant d’en avoir le fin mot, le dessin de Christophe Alliel et les couleurs de Magali Paillat font merveille, terriblement documentés, efficaces et variés, animés par une galerie de damnés bien incarnés. Une histoire originale, bien faite et sans… nuage.

 

Alexis Seny

 

Titre: Les chiens de Pripyat

Tome: 1/2 – Saint Christophe

Scénario: Aurélien Ducoudray

Dessin: Christophe Alliel (Facebook)

Couleurs: Magali Paillat

Genre: Thriller, Fantastique

Éditeur: Bamboo

Collection: Grand Angle

Nbre de pages: 54

Prix: 13,90€



Publié le 20/01/2017.


Source : Bd-best


Après La mémoire de l’eau, Valérie Vernay dessine une deuxième mini-série chez Dupuis

« - … Allo ?! »

« - Rose Klein ?! »

« - C’est moi… ! »

« - Inspecteur Etchebarne à l’appareil… ! »

« - Je vous écoute… ! »

« - C’est au sujet de votre père. Je…Je suis désolé… ! »

 

Le corps du père de Rose, détective privé, vient d’être retrouvé gisant dans quelques centimètres d’eau en bord de mer. La jeune fille va tout mettre en œuvre pour retrouver son ou ses assassins. Mais Rose a un don, celui de quitter son enveloppe charnelle. Dans la maison de son père, elle va rencontrer trois fantômes qui vont l’aider à mener à bien son introspection.

 

 

 

 

 

 

Plus qu’une enquête policière, c’est un voyage au cœur de l’âme humaine que nous proposent les auteurs.

Au savoir-faire de Denis Lapière, est associée ici la douceur d’Emilie Alibert. Le tout forme un ensemble dont on ne pouvait pas imaginer quelqu’un d’autre que Valérie Vernay au dessin.

Lapière est un scénariste multi-cartes qu’on ne présente plus. On retrouve dans Rose des tourments tels qu’on a pu en rencontrer dans Charly. Après la formidable série Alter Ego, il signe un nouveau scénario à quatre mains. Encore une fois, la formule est gagnante. Emilie Alibert, comédienne, puis directrice des dialogues de la série télévisée Plus belle la vie, fait son entrée dans le monde de la bande dessinée et ne pouvait rêver meilleur parrain.

Après La mémoire de l’eau, Valérie Vernay dessine une deuxième mini-série chez Dupuis. Son trait légèrement charbonneux, ses couleurs « crayons » font flotter les fantômes. Elle est aussi à l’aise dans l’eau qu’entre les murs.

 

Hormis en BD offrant au récit un écrin voluptueux, c’est sur des planches de théâtre que l’histoire de Rose aurait pu trouver une dimension intéressante et inédite. Pourquoi pas un jour ?

 

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Rose

Tome : 1

Genre : Polar fantastique

Scénario : Alibert & Lapière

Dessins & couleurs : Vernay

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €



Publié le 19/01/2017.


Source : Bd-best


Starfuckers, un conte sexy et délirant dans un Hollywood pris en défaut

Il y a celles qui restent au Mexique et qui le vivent bien (cfr. nos Desperados Housewives chroniquées pas plus tard qu’il y a quelques heures) et celles qui, cent ans plus tard, le fuient pour soigner leur rêve américain et espérer de meilleurs horizons. Ainsi, un team de luxe composé de Didier Alcante, Gihef, Véra Daviet et le respecté Dylan Teague suit le chemin clandestin de Maria, de la rue aux feux de la rampe… pas forcément extasiants.

Résumé de l’éditeur: Tel un papillon attiré par la lumière, Maria Furia est une jeune et jolie Mexicaine qui se rêve en star américaine. À bientôt 18 ans au compteur, elle est prête à tout, même à un bain de minuit, pour poser enfin ses fesses rebondies de l’autre côté du Rio Grande. C’est donc trempée jusqu’aux os (mais sur le sol américain) qu’elle fêtera son anniversaire ! Cela étant dit, il est parfois long le chemin jusqu’aux étoiles… Avant de goûter au strass et aux paillettes, la belle Maria devra monter quelques marches. Et certaines risquent d’être méchamment glissantes. C’est d’abord dans un club de strip-tease que nous retrouverons sa trace. Certes, elle y croisera quelques stars, mais elles se révéleront un peu moins brillantes que prévu. Ô pauvre Maria, dans ton Mexique natal, tu aurais dû te mater l’intégrale de Californication plutôt que de rêver la bouche ouverte devant Amour, gloire et beauté. Heureusement que tu apprends vite!

 

 

© Alcante/Gihef/Teague

 

 

© Alcante/Gihef/Teague

 

Le Rio Bravo et Le mur de la honte, si futiles et pourtant si durs à franchir. Pourtant, un soir, Maria en a eu mal de prendre son mal en patience et c’est avec Diego, un allié prêt à tous les sacrifices, qu’elle tente la grande évasion. S’évader de la misère, atterrir aux States, conjuguer ses rêves et sa vie de femme libre… ou peut-être est-ce celle d’une femme qui sera un peu plus enchaînée, dépendante des désirs des hommes, qu’ils soient bons ou salauds? C’est clair, les baignades dans les piscines de luxe au pied des villas érigées selon la folie des grandeurs de rigueur, ce n’est pas pour tout de suite, et même pour jamais sauf si la chance veut bien sourire.

 

 

© Alcante/Gihef/Teague/Daviet

 

 

© Alcante/Gihef/Teague/Daviet

 

Alors, Maria n’a que la télé pour s’émanciper de son bordel miteux et pour attendre l’appel du prince charmant. Sauf que dans ce conte californien du XXIème siècle, lui aussi a bien changé sous le poids de la célébrité et des excès du tout Hollywood. Mais il faut bien y passer, car les Indiens sous acides des collines attendent toujours que la si belle Mexicaine paye la dette de cette immigration illégale.

 

 

WIP © Alcante/Gihef/Teague

 

 

WIP © Alcante/Gihef/Teague

 

Sur la couverture, Maria a peut-être des airs de femme-objet servie en cocktail au goût des hommes de biens… mais ne vous fiez pas aux apparences. Cette jeune femme entend bien aller plus loin que ses arguments physiques et a des ressources: elle compte bien ne pas se faire avoir comme le petit oiseau croqué dans la mâchoire des loups. Et si Starfuckers (qui semble avoir mis du temps à trouver la voie de la parution en dépit d’indéniables qualités) est enveloppé d’une couche d’érotisme, c’est une étonnante retenue qui est de rigueur dans le dessin de l’Anglais Dylan Teague. Même si l’explosivité du regard n’est pas en reste et offre quelques scènes d’anthologie.

 

 

© Alcante/Gihef/Teague/Daviet

 

 

© Alcante/Gihef/Teague/Daviet chez Kennes Éditions

 

Bien sûr, il y a quelques inévitables poitrines dénuées, l’une ou l’autre scène de sexe (parfois avortée), mais la substance de cet album (dans les traces totalement assumées des séries Californication, Nip/Tuck ou Masters of sex mais aussi des Coen Brothers) se situe ailleurs. Dans les turbulences et la frénésie de cet univers des Rois du monde (ou serait-ce du star-system), c’est un regard corrosif et hilarant que proposent les auteurs. Avec des personnages jamais aussi bien foutus que les répliques qui fusent, la folle équipe n’hésite pas à tâter de la parodie, entre un cardinale de pacotille et un ersatz de Kill Bill (ou alors de Bruce Lee?)! Rien n’est pourtant noir ou jaune dans ce monde du paraître, où les carrières se font et se défont à la vitesse grand V et où l’inattendu chasse l’inattendu dans ce scénario pétillant.

 

 

© Alcante/Gihef/Teague

 

 

© Alcante/Gihef/Teague

 

Drôlement bien fagoté et se jouant de ce monde de brutes, Starfuckers réussit à imposer une héroïne sexy au possible mais si habile qu’elle évite les clichés. Y compris dans les personnages secondaires, entre un faux-vicelards vraiment laid et un petit soldat aux allures de poupées qui se révéleront être les meilleurs alliés de Maria dans son combat traversé par les vilains défauts des people. Une histoire (ou un début de série? L’univers en a la carrure et le compte Instagram bien fourni de Dylan Teague laisse l’espérer, voyez en fin d’article) sans interdit, déjantée et… oserait-on… d’ores et déjà culte.

 

Alexis Seny

 

Titre: Starfuckers

Récit complet

Scénario: Alcante et Gihef 

Dessin: Dylan Teague 

Couleurs: Véra Daviet

Genre: Comédie, Thriller

Éditeur: Kennes

Nbre de pages: 48

Prix: 14,95€

 

 



Publié le 17/01/2017.


Source : Bd-best


Le maître des hosties noires, A l’image de son scénariste, Olivier Schwartz est extrêmement généreux dans son dessin

« - Chargez-les dans les camions ! »

« - Jawohl herr colonel. »

« - Ne sélectionnez que les hommes les plus jeunes et les plus robustes ! Le travail dans la mine consomme beaucoup de monde, seuls les plus forts survivent…quelques mois… »

« - Le Koso ! Il est là !... Je sens sa présence… »

« - Que voulez-vous dire, maître ? »

« - Le Koso des femmes-léopards !... Il est revenu sur le sol africain ! »

 

            Spirou et Fantasio débarquent au Congo, colonie belge. Ils vont aider Aniota, la femme-léopard, à lutter contre le colonel Von Knochen et ses militaires qui, accompagnés d’un sorcier terrorisant la population, ont main mise sur le pays et cherchent à détruire Bruxelles.

 

            Jamais deux sans trois. C’est déjà le troisième Spirou signé Yann et Schwartz. Dupuis doit à présent se poser la question du concept de cette série des Spirou de… Le lecteur risque de se perdre entre la série mère et une collection parallèle qui intègre des séries de mêmes auteurs en son sein (trois albums de ce duo, bientôt un deuxième Bravo). Cela fait que la numérotation des titres n’a plus aucun sens. Il aurait peut-être mieux valu rester sur des albums uniques pour garder une cohérence et offrir aux lecteurs des albums d’exception comme La lumière de Bornéo ou autre Groom vert-de-gris, s’il était resté le seul du duo.

 

 

 

 

 

 

            Au-delà du concept éditorial bancal, ne boudons cependant pas notre plaisir à lire cet album.

Encore une fois, Yann signe un scénario foisonnant. Il amène ses héros au bout de leur voyage au cœur de l’Afrique. Au-delà d’un hommage à Jijé et Franquin, il ajoute Hergé, Laurel & Hardy et Chaplin à son Panthéon. Il a envie de continuer l’aventure Spirou, mais craint sans doute de ne pouvoir le faire, si bien qu’il met peut-être trop de choses dans cette histoire et que l’on pourrait craindre de se perdre.

A l’image de son scénariste, Olivier Schwartz est comme à l’accoutumée extrêmement généreux dans son dessin. Il est l’exemple même du dessinateur dont on peut lire et relire les albums en découvrant chaque fois de nouveaux détails, comme ici, par exemple, des nids de Marsupilamis abritant des indigènes.

Coup de chapeau à Laurence Croix dont les couleurs d’une part retranscrivent à merveille les ambiances africaines aux différentes heures de la journée et d’autre part aident bien à la lecture dans cet album comme on l’a dit particulièrement dense.

 

            Entrez en communion avec le Maître des hosties noires pour un voyage envoûtant dans l’Afrique coloniale.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Le Spirou de …

Tome : 11 - Le maître des hosties noires

Genre : Aventure

Scénario : Yann

Dessins : Schwartz

Couleurs : Croix

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 64

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782800164021



Publié le 16/01/2017.


Source : Bd-best


Du pays des cigognes à l’Inde sauvage, Sherlock Holmes n’en a pas fini de nous surprendre

Et si sur la route des chutes du Reichenbach, Sherlock Holmes et son ami Watson avaient laissé des traces alsaciennes? Déjà présent dans le deuxième opus des films réalisés par Guy Ritchie, Strasbourg joue les prolongations sous les pas des deux héros de Conan Doyle que se sont réappropriés moult auteurs. Après avoir adapté le roman de Jacques Fortier dans un premier tome, le strasbourgeois Roger Seiter et l’Italien Giuseppe Manunta ont reconduit le détective de Baker Street dans deux suites, de la capitale (française) de l’Europe à l’Orient mystérieux. Et ça n’a pas l’air fini.

 

 

 

 

 

© Manunta

 

 

© Manunta

 

C’est loin du fog mais dans les relents de choucroute (oui, j’avoue, c’est facile) strasbourgeoise que le lecteur retrouve ce brave Sherlock et le fidèle Watson. Le Haut-Koeningsbourg du premier tome semblait pourtant déjà loin pour les deux alliés contre le crime, coulant quelques jours heureux à Bruxelles. C’était sans compter le fameux télégramme de Mycroft annonçant à Holmes que le sinistre Moriarty, galvanisé par l’envie de revanche, continue de rechercher le détective plutôt mort que vif. Même pas le temps d’expliquer à Holmes la menace toute proche, voilà que le duo s’engouffre dans le premier train, direction… Strasbourg.

 

 

© Seiter/Manunta chez Le Verger Éditeur

 

 

© Seiter/Manunta chez Le Verger Éditeur

 

D’une capitale européenne à l’autre (certes, en 1891, nos mots seraient anachroniques) et d’un danger à l’autre. Car Sherlock et Watson ne font rien d’autre que de se jeter dans la gueule d’un machiavélique loup. Les sbires de Moriarty (et notamment, John Clay) sont affûtés, Watson enlevé et l’homme de Baker Street ne pourra compter que sur sa méfiance… et sur l’aide inattendue de la steampunk, torride et rusée, Irène Norton-Adler, croisée précédemment. Une alliée qui ne compte pas son énergie, à condition qu’Holmes l’aide à sauver son mari à des milliers de kilomètres de là.

 

 

© Seiter/Manunta chez Le Verger Éditeur

 

 

© Seiter/Manunta chez Le Verger Éditeur

 

Irène et Holmes embarqueront donc, une fois l’éprouvante parenthèse strasbourgeoise refermée, pour un voyage à bord du Jodhpur  à destination de Port Saïd et en direction de Bombay. Une fois encore, il faut se méfier de tout et tous (sauf peut-être de Michel… Strogoff qui s’invite dans l’aventure) et nos héros ne sont pas au bout de leur peine. Le tome 3 ne sera pas plus une ballade de santé.

 

 

© Seiter/Manunta chez Le Verger Éditeur

 

 

© Seiter/Manunta chez Le Verger Éditeur

 

Il n’y a pas à dire, Roger Seiter et Giuseppe Manunta semblent se plaire dans cet univers de Conan Doyle remis à la sauce alsacienne mais pas que. Et ce n’est pas leur éditeur qui va leur mettre des bâtons dans les roues de l’inspiration. Et nous, lecteurs, il nous semble bien difficile de bouder notre plaisir. Ainsi, il semble évident que la série se prolongera bien au-delà des trois tomes déjà parus. Des tomes indépendants, dont la formule « à suivre » ne vient pas surprendre l’intrigue et le suspense, mais qu’il vaut sans doute mieux lire à la suite pour profiter pleinement de l’intrigue élaborée par les deux auteurs.

 

 

© Seiter/Manunta chez Le Verger Éditeur

 

 

© Seiter/Manunta chez Le Verger Éditeur

 

Les fruits du Verger cuisiné par les deux auteurs se révèlent plutôt juteux. Roger Seiter ménage son héros (bien sous tous les rapports et particulièrement athlétique, mais pas forcément infaillible) face à une galerie de personnages tour à tour féroces, malintentionnés ou tout bonnement excentrique et manie le langage de Conan Doyle sans faire le jeu de la référence outrancière. Et c’est là que germe l’intérêt et l’inattendu. Sherlock est un homme traqué, dont la tête est mise à prix, au pays des cigognes mais aussi bien plus loin que nos frontières. Et voilà notre héros qui débarque aux portes de l’Asie (là où l’imaginaire de Sir Arthur Conan Doyle n’avait fait que la suggérer dans Le signe des 4).

 

 

© Seiter/Manunta chez Le Verger Éditeur

 

 

© Seiter/Manunta chez Le Verger Éditeur

 

Dans ces atmosphères fluctuantes, Giuseppe Manunta, appliqué fait fi des difficultés pour imposer son style à la fois réaliste mais lorgnant, dans le personnage d’Irène, vers un style animé. Un procédé judicieux qui fait ressortir et exploser un peu plus la beauté de cette héroïne jamais à court de ressources ni de charme. Le dessinateur italien a fait des pin-up sa spécialité, on le sent, on le voit, et ce n’est pas pour nous déplaire. Mais quand il s’agit de faire un tour au zoo, la sauvagerie d’un tigre lui sied aussi bien. Sans parler de la violence des hommes à laquelle Sherlock tente d’échapper, aidé (ou pas) par les hasards et les rebondissements.

 

 

© Seiter/Manunta chez Le Verger Éditeur

 

 

© Seiter/Manunta chez Le Verger Éditeur

 

Pas de panique, donc. Les deux auteurs se montrent ingénieux et respectueux des personnages tout en n’hésitant pas à les balafrer et à les cogner contre une réalité qui ne sert pas toujours les « gentils ». Retrouvailles à Strasbourg et L’énigme du Jodhpur (qui ne semble être que le début d’une grande explication du grand hiatus) s’en tirent plus qu’avec les honneurs. Mieux, à l’heure où d’aucuns cherchent l’intérêt des reprises à n’en plus finir des héros de bande dessinée ou d’ailleurs (Spirou, Tintin en couleurs, Lucky Luke…), Seiter et Manunta apportent de l’eau au moulin. Ils prouvent, si besoin était, que les héros ne meurent jamais et que, quand la passion et l’envie de bien faire est de mise, le renouveau et l’originalité sont possibles. Et Sherlock Holmes, que le mystère ne laisse jamais en paix, en fait l’agréable expérience.

 

Alexis Seny

Série: Sherlock Holmes

Tome: 2 (Retrouvailles à Strasbourg) et 3 (L’énigme du Jodhpur)

Scénario: Roger Seiter

Dessin et couleurs: Giuseppe Manunta

Genre: Policier

Éditeur: Le Verger

 Nbre de pages: 54

Prix: 14,90€



Publié le 16/01/2017.


Source : Bd-best


Le Juge, Le dernier shérif est mort sans que justice soit faite

Le 3 juillet 1975, à Lyon, le juge Renaud, qui enquêtait sur des dossiers, est assassiné de trois balles. Malgré les enquêtes, les soupçons, les théories parfois extravagantes, ce meurtre reste sans explication officielle depuis plus de quarante ans ! Grâce à un travail colossal de documentation et à l'aide du fils du juge Renaud ainsi que celle d'autres protagonistes, Olivier Berlion raconte dans cette passionnante trilogie les liens qui unissaient le milieu à certains hommes politiques. Cette histoire est aussi, tout simplement, celle de la faillite d'une justice restée sans réponse face à ce scandale. Le Juge se lit comme un polar implacable d'une très grande tenue.

 

 

 

 

 

 

 

Oubliée par les plus âgés, non connue des plus jeunes, Olivier Berlion nous propose un retour sur une affaire datant du milieu des années soixante-dix en nous faisant partager les derniers mois de la vie du juge François Renaud, premier juge d'instruction de Lyon. Le 3 juillet 1975 alors qu’il enquêtait sur le gang des Lyonnais, le juge Renaud fut froidement exécuté de trois balles dans la tête lors de son retour à son domicile. Un juge d'instruction assassiné en France, c'était la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et pas n'importe quel juge : le shérif, un juge flamboyant qui s'était mis à dos la pègre lyonnaise.

 

 

Sa dernière affaire fut celle du gang des Lyonnais. Cette bande dirigée par Edmond Vidal était soupçonnée de plusieurs braquages, dont celui de la poste centrale de Strasbourg le 30 juin 1971. Le gang aurait dérobé ce jour-là 11 680 000 francs, le casse du siècle pour les médias de l’époque.

 

 


Malgré la promesse faite par le garde des Sceaux (Jean Lecanuet) lors des obsèques, alors que les assassins du juge avaient été identifiés, leur inculpation n’a jamais été prononcée car elle se basait essentiellement sur des témoignages d'indicateurs, la justice n’a jamais été rendue. Selon un de ses fils, une collusion entre le Service d'action civique (SAC) et une partie du milieu serait à l'origine du meurtre de son père. Après dix-sept ans d'enquête qui ont vu se succéder six juges d'instruction, le magistrat Georges Fenech signa  une ordonnance de non-lieu le 17 septembre 1992, et la prescription fut prononcée en 2004.

 

 

 

 

Armé d’une solide documentation, Olivier Berlion présente son travail en trois albums, n’hésitant aucunement à charger les phylactères d’informations précieuses pour la bonne compréhension  de l’histoire. En 1974, à l’époque ou le juge Renaud enquête sur le gang des Lyonnais, il n’existe pas en France de loi régissant le financement des partis politiques. On soupçonne alors une organisation parallèle appelée le SAC de financer les campagnes électorales du Parti gaulliste, l’UDR. A signaler l’excellent dossier de plusieurs pages présenté par Berlion en fin du troisième tome. Une BD destinée à un public à partir de 16 ans qui plaira aussi aux amateurs d’histoire et de banditisme.



Haubruge Alain


Juge (Le), la République assassinée

Tome : 3

Scénario et dessin : Berlion (Olivier)  

Éditeur : DARGAUD

Nombre de pages : 68

Prix : 13.99 euros

ISBN :  9782205076066



Publié le 16/01/2017.


Source : Bd-best


Rosa de la Habana, une héroïne tellement affriolante pour une épatante comédie musicale cubaine en BD!

Il y a quelques mois, la Maison Autrique publiait Habana (chapeauté par Étienne Schréder que nous avions rencontré et qui officie à la traduction du présent album), un curieux recueil qui faisait la part belle aux auteurs cubains inconnus sous nos latitudes. Au vu de certaines planches, pas mal d’entre eux semblaient prêts à conquérir le monde. Nous ne pensions pas si bien écrire. Et à l’intérieur de cette revue collective, nous découvrions l’irrésistible Rosa dans une histoire de quatorze planches de Duchy Man Valdera et Alexander Izquierdo Plasencia. Quatorze pages qui nous laissaient sur notre faim. Normal car, quelques semaines plus tard, les Éditions Mosquito profitaient de la clémence de l’été pour donner une vie au long court à Rosa et tous ses prétendants.

 

 

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

Résumé de l’éditeur: La Havane 1958. Segundo, un troubadour de Santiago, est monté à la capitale pour faire fortune dans le spectacle de la bodega de son cousin. Il croise la route de Rosa, une prostituée. Il en tombe amoureux et il veut mettre en valeur sa voix extraordinaire. Mais le maquereau de Rosa ne l’entend pas de cette oreille.

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

C’est un petit tour de force que réussissent là les Éditions Mosquito: publier la première bande dessinée 100% cubaine (et c’est une exclusivité, Rosa n’a même pas encore vu les librairies de son propre pays)… Et pas la dernière, on ose l’espérer, tant Rosa de la Habana est un écrin à grandes promesses. Cet album de Valdera et Izquierdo est d’ailleurs à l’image de son héroïne en tout point parfaite, généreuse de son style, tempétueuse, se laissant porter par les musiques qui traînent d’un coin à l’autre de cette Havane d’un Batista bientôt renversé.

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

Une ville à la richesse incroyable. Et même si c’est souvent la misère qui fait pression sur ses habitants, Segundo, à mi-chemin entre le troubadour et le mariachi, s’en accommode plutôt bien. Sa voix et sa guitare font chaque soir le bonheur des clients de la bodega de son intraitable cousin.

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

Ce n’est pas du luxe mais ça lui laisse le temps et le plaisir de flâner dans les rues de la Havane qui change aussitôt de visage, la nuit tombée. Aussi, Segundo va-t-il apprendre au rejeton de son hôte à avoir un jeu de guitare qui fasse fureur. Mais pour Segundo, tout va changer du jour au lendemain quand il va croiser Rosa de la Francia. Rosa, Rosa, Rosa, bien plus qu’une fleur rouge dans ses cheveux: une créature tombée du paradis (ou peut-être est-ce l’enfer?), une voix qui donne des envies de duo, des formes à faire tomber à la renverse le loup de Tex Avery, etc. Un bout de femme à croquer… si ce n’est-elle qui vous croque. Car cette femme à hommes guère conciliante est une tempête de laquelle il vaut mieux se méfier, tout comme son maquereau que l’idée d’un ménage à trois branche très peu.

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

Dans un noir et blanc totalement maîtrisé, c’est au temps des jukebox que Valdera et Izquierdo nous amène dans cette ville fantasmée dont nous parviennent les parfums en tous genres. Car c’est sans doute la plus grande force de ce duo, leur force à faire ressentir les choses. Au point même de marier le Neuvième Art et la comédie musicale. Sans doute faut-il être fou pour tenter ce mojito d’enfer et improbable? Surprenant aussi, car, jusqu’ici, on pensait la bande dessinée tout juste bonne à faire pousser la chansonnette à un Pirlouit ou à un Lucky Luke en une case, mais pas sur de longues planches comme le font ici les deux auteurs intrépides et démentiels le réussissent ici.

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

Alors, oui, il y a une playlist sur Deezer pour mettre l’album en musique (25 titres qui appartiennent à la crème de la légende de la musique latine) mais le lecteur peut aussi se laisser aller à sa petite musique intérieure. Surprise à la clé. Car au fil des cases et des ruelles plus ou moins mal famées, la puissance des deux auteurs ne fait aucun doute. Tout comme celle du grand méchant de l’histoire qui va faire passer au guilleret Segundo tout envie de conter fleurette à cette rose surgie sur les décombres d’un monde encore bien trop machiste. Coups à la pelle et à l’appui.

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

 

© Valdera/Izquierdo chez Mosquito

 

Tour à tour drôle, sexy, torturé, Rosa de La Habana est une oeuvre aux ambiances réussies (bien aidées par ce noir et blanc magnifique) aux cases étudiées et punchy (par rapport à la version courte publiée dans Habana, quasiment toutes ont été retravaillées et affinées), un cri d’amour à une femme fatale mais inateignable et à une ville trépidante où l’amour et la quiétude restent à inventer. Espérons que d’autres auteurs en émergeront et sortiront du lot comme Valdera et Izquierdo, deux Cubains qui apportent une fraîcheur et une liberté audacieuse qui font mouche et détonnent! Et une héroïne tellement enivrante de beauté et de sensualité mais insondable par-dessus tout qui restent en mémoire.

 

Alexis Seny

 

Titre: Rosa de La Habana (Page Facebook)

Récit Complet

Scénario: Duchy Man Valdera

Dessin: Alexander Izquiardo

Noir et Blanc

Traduction: Étienne Schréder

Genre: Romance, Drame, Musical

Éditeur: Mosquito

Nbre de pages: 52

Prix: 16€



Publié le 16/01/2017.


Source : Bd-best


40 bonnes résolutions de mec, Buche nous montre comment les tenir, ou presque

La plus grande spécialité des éditions Bamboo c'est l'humour. Et quoi de plus indiqué en ce début d'année 2017 que de proposer de bonnes résolutions.

Résumé de l'éditeur : Quel mec n'a jamais tenté de prendre de bonnes résolutions pour devenir un homme meilleur ? Buche, lui, prend quotidiennement des résolutions pour améliorer son quotidien : prendre soin de son corps et changer de tête, devenir aimable avec sa belle-mère, se mettre au bricolage et faire les devoirs avec ses enfants, cesser les achats impulsifs, devenir généreux et oeuvrer pour un monde meilleur, méditer au lieu de s'avachir devant la télé... Et ça marche !... Enfin presque...

 

 

 

 

© Buche - Bamboo

 

 

il s'agit donc ici de bonnes résolutions spéciales mecs. Buche nous à concocté une sorte de recueil auto-biographique en quelques sortes. Et maintenant que  nous sommes bien dans le sujet, citons-en quelques-unes :  passer plus de temps avec sa famille, faire un régime, arrêter de fumer, apprendre à cuisiner,... oui, ces dites bonnes résolutions font parties d'une quarantaine contenues dans cet album.

 

 

 

 

© Buche - Bamboo

 

Dépeintes sous forme de gags, bien entendu, l'auteur nous souligne combien il est incroyablement difficile de s'y tenir à ces fameuses bonnes résolutions que nous nous infligeons à chaque début d'année. Et on en passe et des meilleures telle que : être  généreux, offrir des fleurs à sa tendre moitié, cesser surtout d'être jaloux, être à l'écoute, arrêter de boire de la bière, trier ses déchets ou pourquoi pas... sauver le monde.

Buche nous démontre de façon cocasse voire hilarante que finalement le but c'est de participer, même si on n'arrive pas forcément au résultat escompté et en dépit du fait d'avoir eu la bonne foi d'essayer.

Du point de vue graphique, son trait est épuré et très lisible, laissant toute l'intensité humoristique intacte. Les gags sont efficace et vous feront passer un agréable moment de détente et de rires.

 

 

 

 

© Buche - Bamboo

 

 

 

Buche travaille à Genève. Pas étonnant par conséquent que Zep, son compatriote, participe à un bonus de 5 pages en compagnie des anciens de la bande à Tchô ! composé de Tebo, Téhem, Boulet et Nob.

Il cite : "pour souhaiter bonne année sur ma page facebook, j'avais réalisé en quelques images une histoire qui parlait des mes résolutions futures... j'ai eu pas mal de vues et une bonne surprise : un appel d'Olivier Sulpice (ndlr : big boss des éditions Bamboo) me demandant s'il n'y avait pas là matière à un album. J'ai alors pris une nouvelle résolution : faire un album chez Bamboo".

Grande idée donc mise à contribution pour un opus plutôt réussi dans lequel les hommes de tous poil (ou sans) s'identifieront à coup sur.

 

Tyler Craig

 

Titre: 40 bonnes résolutions de mec

Scénario et dessin : Buche

Genre:  humour

Editeur: Bamboo

Nbre de pages: 48

Prix: 10,60 €

Référence : 9782818940549



Publié le 13/01/2017.


Source : Bd-best


Come together, sans une ride, les Beatles ont leur « ticket to ride » en bande dessinée

Tout comme les écrits, les chansons mythiques restent, imperméables au temps, fredonnée jusqu’à la fin des jours. Mais qu’en est-il des histoires qui flottent au vent, s’étiolant au fil du bouche-à-oreille? Elles se perdent irrémédiablement si on ne les actualise pas de temps en temps. Fidèles au format qui a fait leur succès, les éditions Petit à Petit rééditent « The Beatles en BD », un ouvrage qui fait la part belle aux dessins de 25 auteurs, aux anecdotes (dont certaines incroyables) qui entourent les dix ans d’existence du groupe légendaire tout en piochant dans leur discographie. QR Codes et partenariat avec Deezer à l’appui. Du beau boulot.

Résumé de l’éditeur: Le parcours du groupe le plus célèbre du 20e siècle, de Liverpool à la séparation en passant par le phénomène Beatlemania. L’incroyable épopée en 252 pages du groupe le plus mythique de l’Histoire de la Pop.

 

 

©Gaët's/Efix chez Petit à Petit

 

 

©Gaet’s/Efix chez Petit à Petit

 

À 25 ans, comme beaucoup de « gamins » de mon âge qui cherchent à s’intéresser à la musique qui régnait avant les 90’s, c’est par procuration que j’ai vécu les Beatles, ou plutôt leur musique (et encore, les grands hits). John Lennon et George Harrison étaient morts depuis longtemps, la Beatlemania avait cédé la place à une incompréhensible Biebermania (ou peut-être était-ce pour Tokio Hotel « à mon époque »), les paillettes avaient ensevelis le « bumpy ride » des « scarabées »… Restaient quelques images fortes (comme celle qui sert de pochette au « Sergeant pepper lonely heart club band » reprise en fin d’année 2016 pour célébrer tous les morts de cette « année…catombe ») d’une carrière courte mais intense, hors-norme, des images privées de mots fixant l’instant mais pas le moment et son contexte.

 

 

© Gaët's/Bloop chez Petit à Petit

 

 

© Gaet’s/Bloop chez Petit à Petit

 

Du coup, un livre tel que le publie Petit à Petit est une aubaine joignant l’utile à l’agréable. La musique aussi, puisque des playlists ont été créées pour l’occasion sur Deezer et sont accessibles en scannant les QR Codes disséminés au fil des pages et de la partition de vie des quatre garçons dans le vent (qui, en comptant les hommes de l’ombre mis en lumière depuis longtemps, étaient sans doute un peu plus nombreux pour faire souffler le vent de la révolution). Une innovation par rapport aux précédentes éditions (un recueil du même acabit en 2008 chez Petit à Petit suivi, quelques années plus tard, d’une trilogie sélective chez feu les éditions Fetjine). Alors, on attend que vous soyez branchés et on reprend…. ça y est… c’est bon… vous avez trouvé les playlists? Bien, vous voilà en situation idéale pour savourer ce livre.

 

 

© Gaët's/Brayon chez Petit à Petit

 

 

© Gaet’s/Brayon chez Petit à Petit

 

Un livre qui, nous le soulignions déjà à propos d’une autre parution de Petit à Petit dans un tout autre domaine (La mythologie grecque en BD), prend le soin de ne pas se gaver jusqu’à plus faim de l’histoire en long et en large mais de s’en inspirer parcimonieusement. C’est ainsi qu’une vingtaine d’anecdotes ont été choisies par Michels Mabel (remarquez le pseudonyme) et scénarisée par Gaet’s, parfois rocambolesques (comme la rumeur de la mort de Paul ou la vendetta massive des Américains contre les Beatles à la suite d’une interview de John reprise par la presse à scandale) mais permettant surtout d’avancer à vitesse de croisière, des prémisses à la fin (du moins, celle actée) d’une époque plus que formidable, d’un disquaire obscur de Liverpool à un claquement de porte fatal dans les studios d’Abbey Road.

 

 

© Gaët's/Gleyse chez Petit à Petit

 

 

© Gaet’s/Gleyse chez Petit à Petit

 

À chaque épisode, un dessinateur différent a la main, faisant trait avec l’esprit et l’atmosphère qui traversent les Beatles. L’innocence des premiers pas en compagnie de Lu-K, la turbulence et la frénésie des premières scènes par Vox dans un style qui n’appartient qu’à lui, A hard day’s night sous le crayon très hispanique de Victor Giménez ou encore la période hallucinogène rendue par Piero Ruggeri et Filippo Neri.

 

 

© Gaët's/Gimenez chez Petit à Petit

 

 

© Gaet’s/Gimenez chez Petit à Petit

 

Sans y perdre le style qui fait leur identité (et ils en ont à revendre tant l’éditeur n’a pas choisi les premiers venus), les dessinateurs, tous dans le même bateau (ou serait-ce un sous-marin jaune?), se révèlent habiles pour reconstituer en l’espace de quatre planches le climat régnant entre les Fab Four, de l’âge d’or de la collaboration Lennon-McCartney au démantèlement. On croise des figures connues (Yoko Ono qui poussa la mésentente à son paroxysme mais ne signa, a priori, pas la fin des Beatles; Elvis Presley et une jam légendaire; le guide ou imposteur, c’est selon, Maharishi Mahesh Yogi, responsable de l’orientalisation des Beatles; le maître-picker de John, Donovan; Mike Love, le premier leader des Beach Boys, un temps rivaux [bien plus que les Rolling Stones] des Quatre de Liverpool…), tout en se mouvant dans quelques lieux mythiques. Dans ses années 60 qui suintent tous les possibles quand on a l’audace et la fougue de les accomplir, les auteurs semblent à l’aise et dans leur élément.

 

 

© Gaët's/Ruggeri/Neri chez Petit à Petit

 

 

© Gaet’s/Ruggeri/Neri chez Petit à Petit

 

Tous valent le coup d’oeil et on peut qu’en toucher quelques mots: l’éclat féminin d’une belle rencontre hambourgeoise Anne-Sophie Servantie, Ludivine Stock rend tous les honneurs au Cavern Club, Amandine Puntous plongée dans les souvenirs et dans la froideur d’un Londres hivernal, Romuald Gleyse dans la chaleur d »Abbey Road témoin de la naissance d’un mythe, Julien Lamanda retranscrit toute la ferveur populaire du phénomène, Efix en mode patchwork, Lapuss « so french » et très marrant, Pierre Braillon qui en impose quand il s’agit d’écraser le sol du Kennedy Airport, Ben Lebègue Dylanesque, Anthony Audibert pianissimo, Bloop se paye Elvis en caricature, Akita mangaka-démoniaque, Laurent Houssin aux confins du psychédélisme, Richard Di Martino en mode Sergeant Pepper, Martin Trystram pour un fabuleux voyage en Asie, Clément Baloup excellent pour faire ressentir l’instabilité amenée par Yoko Ono, Edwina Cosme ambitieuse pour mettre des couleurs sur le « White Album », Patrick Lacan irrésistible pour enterrer prématurément Paul, Virginie de Lambert insinue le début de la fin, Joël Alessandra qui scelle le destin du groupe en retenue et, enfin, Odile Santi réussit (en fabuleuse portraitiste qu’elle est) à refermer ce livre.

 

 

© Gaet's/Santi chez Petit à Petit

 

 

© Gaët’s/Santi chez Petit à Petit

 

Un ouvrage collectif pas exempt de redondances (entre le textes explicatifs et les planches) mais extrêmement sincère et passionné  qui, en plus, a le mérite de nous donner plein de noms d’auteurs à (re)découvrir. De belles notes, donc. Let it was, let it be and let it’ll be!

 

Alexis Seny

 

Titre: The Beatles en BD

Réédition, Recueil d’histoires collectives

Textes: Michel Mabels

Scénario: Gaet’s

Dessin: Lu-K (Renaud Farace), Vox, Anne-Sophie Servantie, Ludivine Stock, Amandine Puntous, Romuald Gleyse, Julien Lamanda, Efix, Lapuss’, Pierre Braillon, Ben Lebègue, Anthony Audibert, Bloop, Victor Gimenez, Akita, Laurent Houssin, Richard Di Martino, Piero Ruggeri et Filipo Neri, Martin Trystram, Edwina Cosme et Christophe Billard, Patrick Lacan, Virginie de Lambert, Joël Alessandra, Odile Santi

Couverture: Christophe Billard

Genre: Musique, Biographique

Éditeur: Petit à Petit

Nbre de pages: 236

Prix: 24,90€



Publié le 13/01/2017.


Source : Bd-best


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