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La face crashée de Marine Le Pen, de Marilyn à Star Wars et Game of Thrones!

À l’approche de mai 2017, les livres et notamment les bandes dessinées consacrées (auto-, parfois, tant il est devenu tendance pour les hommes et femmes politiques de sortir leur programme en livre) aux candidats à la présidentielle se font de plus en plus nombreux. Encore plus lorsque le candidat en question est jugé « infréquentable » par d’aucuns. Après un petit tour dans le documentaire prévisionniste de Durpaire et Boudjellal, revoici Marine Le Pen sous le crayon délicieux de Riss et les idées de Richard Malka et Saïd Mahrane. On n’a pas trouvé mieux pour faire une bonne figure bien crashée.

Résumé de l’éditeur: 7 mai 2017 : matin du second tour de l’élection présidentielle. Marine Le Pen se réveille sur un air de Dalida. Le soir même, sa vie basculera. Peut-être. Une longue journée l’attend…
D’abord, une visite secrète chez son psychanalyste : plongée trouble dans l’enfance et les années de fête. Puis, un ultime complot du vieux Front à déjouer. Florian Philippot qui se voit à Matignon et ne pense qu’à son 20 heures. Marion en embuscade, médaille de la Vierge autour du cou. Jean-Marie Le Pen qui se confie à son ami Serge Moati. Les dossiers secrets du parti. Le déjeuner mensuel des trois conspirateurs, Zemmour, Villiers, et Buisson. Les anciens du GUD qu’il faut cacher. L’envers de la dédiabolisation. Les affaires et les lingots que nul ne saurait voir. Les idées nouvelles de Soral et Dieudonné. Et, par-dessus tout, le marketing. Présidente, oui, mais pour quoi faire ?

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

Cigarette au bec, sourire forcé et gêné, robe blanche qui vole au vent. Qui aurait cru un jour que Marine Le Pen se la jouerait Marilyn (en attendant de se la jouer Mari…anne?) au-dessus des caniveaux d’où Jean-Marie, Robert, Marion et les autres passent la tête? Rassurez-vous, ce cauchemar éveillé n’est « que » la couverture d’une bande dessinée de Richard Malka et Riss d’après l’enquête Saïd Mahrane. Des dessins bel et bien animés des desseins présidentiels de la tête de gondole du FN, et perpétuant surtout le souvenir de la minutie d’investigation mêlée à l’humour de Philippe Cohen, auteur de La face kärchée de Sarkozy en 2006, autant dire au temps des kärcher.

 

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

L’idée et le concept ont fait un bout de chemin et fait pas mal de petits (on pense notamment au Ahmadinejad atomisé de Mohamed Sifaoui et Bercovici). Depuis, l’eau a coulé sous les ponts, une ère électorale en a chassé une autre, Sarkozy est hors-course mais il y a… Marine Le Pen. Une cible en or pour que Grasset offre un spin-off à l’illustre prédécesseur toujours en compagnie de Riss et Richard Malka mais avec en renfort le rédacteur en chef du Point, Saïd Mahrane, et à la mise en scène le toujours très inspiré Ptiluc.

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

Une équipe infernale pour plonger dans le passé particulièrement retors de celle qui pourrait (si le sort s’acharne, après Trump) devenir première présidente de la France. Mais, avant ça, petit bond en avant pour se retrouver le jour fatidique du 7 mai 2017. Il est tôt et la journée va être marathonienne, on pourrait s’attendre à la bande-originale de Rocky, mais c’est un petit air de Dalida que balance le radio-réveil. « Il venait d’avoir 18 ans » (on ignorait que Marine Le Pen avait cette chanson  en commun avec la femme de Macron!), et le prétexte est trop beau: Marine se met une heure au vert dans « le lieu que l’on ne nomme pas », chez son… psy, pour replonger dans son enfance.
©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset
©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

Le pitch est parfait pour comprendre un peu mieux comment celle qui se destinait, avec son Oedipe non réglé, à une carrière d’avocate à la Cour, défendant le commun des mortels, qu’il soit blanc, black ou beur. Ça ne pouvait donc pas durer pour Gollnisch et sa clique, d’autant plus que sa soeur Marie-Caroline est désormais out alors qu’elle incarnait la relève du FN. Qui fera office de plan B? C’est Marine! Et c’est le début de notre histoire.

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

S’offrant une vision (prémonitoire?) en 70 planches (et un rabais explicatif, prouvant les événements réels sur lesquels se basent les auteurs) du jour du second-tour où tout basculera ou pas, la bande à Malka et Riss détricote l’envers de la haine avec expérience et une efficacité remarquable. Tous les amis sont là, d’un côté comme de l’autre de la barrière idéologique qui divise désormais le parti d’extrême-droite: Gilbert Collard, Florian Philippot, Frédéric Chatillon, Nicolas Bay, Steeve Briois, Louis Aliot… Le parti a ses bons et ses méchants, et dans cet imbroglio relationnel, les auteurs sont affûtés et parviennent habilement à replacer chacun sur cet échiquier grandeur nature.

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

 

©Malka/Riss/Mahrane/Ptiluc/Cerise chez Grasset

 

Bien informés, les auteurs ne sont pas en reste d’humour, les gags sont bien présents de même que des parodies hilarantes de Star Wars ou Game of Thrones, histoire de dire que ces gens-là, monsieur, ne sont ni des étoiles ni des foudres de guerre… mais qu’ils ont de l’ambition. Quitte à se tirer dans les pieds l’un de l’autre. Comique, caustique et drôlement bien fait, La face crashée de Marine Le Pen nous fait rire du danger tout en en prenant conscience. Pour mieux éviter le crash démocratique?

 

Alexis Seny

 

Titre: La face crashée de Marine Le Pen

Récit complet

Enquête: Saïd Mahrane

Scénario: Richard Malka

Dessin: Riss

Mise en scène: Ptiluc

Couleurs: Cerise

Genre: Politique, Documentaire, Humour

Éditeur: Grasset

Nbre de pages: 96

Prix: 14,90€



Publié le 13/12/2016.


Source : Bd-best


L'Armée de l'Ombre tome 4, Speltens nous entraîne aux côtés de ces combattants face à l’horreur

Août 1944. Les troupes allemandes sont repoussées vers l'Allemagne. Les ventres sont vides, les corps sont fatigués. Les longues colonnes de soldats sont impitoyablement massacrées par l'aviation soviétique maitresse des cieux. La politique de la terre brûlée n'a eu pour d'autres effets que de décupler la haine de l'ennemi.

Février 1945. Dans une dernière tentative pour arrêter les russes, les allemands font sauter les ponts sur l'Oder, distant seulement de 90 km de Berlin. Le fanatisme de la SS pousse le peuple jusqu'a l'ultime sacrifice : les enfants sont enrôlés dans les troupes combattantes ! Le jeune Kessler a depuis longtemps perdu toute illusion concernant le sort de l’Allemagne. Les soldats sont face à un choix difficile : combattre les bolchéviques qui menacent Berlin et y trouver une mort certaine ou tenter de gagner le front ouest dans l'espoir de se rendre aux anglo-américains.

 

 

 

 

 

 

Oliver Speltens nous délivre le dernier tome de cette formidable série (plus de 75000 exemplaires déjà vendus) qu’est « L’armée de l’Ombre ». Contrairement à ce que certaines personnes pensaient au début de celle-ci, l’auteur ne fait en rien l’apologie du nazisme mais explique habilement le cheminement de ces jeunes hommes ayant choisi de faire allégeance à l’idéologie prônée par Hitler.

 

 

 

 

 

 

Pour ce dernier récit, les troupes soviétiques contre-attaquent vigoureusement les armées d’un ordre censé être au pouvoir durant un millénaire. Cependant, en mars 1945, à l’est de l’Oder, les régiments allemands vont causer d’énormes pertes aux troupes soviétiques, cédant le terrain, maison par maison, à ces derniers. Kessler et ses amis en sont réduits à faire un choix : soit combattre Ivan dans les faubourgs de Berlin ou gagner le front ouest pour se rendre aux troupes américaines.

A l’aide de ses illustrations, d’une solide documentation concernant les véhicules et uniformes et d’un choix de couleurs particulièrement judicieux, Speltens nous entraîne aux côtés de ces combattants, partageant leurs sentiments, doutes et regrets face à l’horreur d’une doctrine dont ils ont été abreuvés depuis leurs naissances.

 

 

 

 

 

 

Une série dont je ne peux que conseiller la lecture aux jeunes (à partir de quatorze ans) afin de conscientiser la génération montante des dangers d’un système dont certains relents se font cruellement ressentir à l’heure actuelle.

 

Alain Haubruge

 

L’armée de l’Ombre. Tome 4 : nous étions des hommes» Olivier Speltens

Collection mémoire 1939-1945. Éditions Paquet, 48 pages

 

 

 

Olivier Speltens à la galerie 9art

Infos ICI



Publié le 09/12/2016.


Source : Bd-best


Gaston au-delà de la gaffe: une exposition et un livre pour un anti-héros qui ne devait pas faire de… la BD!

« Si un jour, dans vingt ou trente ans quelqu’un trouve un de mes albums dans un grenier, il dira: « Quel vieux machin! » S’il ajoute que c’est tout de même marrant », je ne serai même pas content puisque je n’existerai plus. » Franquin ne croyait pas si bien dire. Trop tôt disparu, ses héros lui a survécu et de quelle manière. Si bien que 35 ans après cette déclaration, la tête de Gaston qui « gâchait » autrefois la lecture d’une page entière de Spirou devient celle de gondole du… Centre Pompidou et de sa Bibliothèque publique d’information. Gaston, au-delà de Lagaffe, une exposition qui s’amuse à donner tort à Franquin et qui se décline aussi en un bel album chez Dupuis, what else.


Beau bébé tout de jaune vêtu, c’est un bien bel ouvrage que les Éditions Dupuis nous ont concoctés à l’occasion de cet événement culturel de grande ampleur. Et s’il y a déjà eu une flopée d’exposition consacrée à Franquin (et près de vingt ans après sa mort, les dieux de la BD savent à quel point il y a encore beaucoup à dire sur ce géant), qu’un événement soit exclusivement focalisé sur sa maladroite et paresseuse créature au pull-over vert, c’est plus rare.

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

Et pourtant, il y a à dire et à redire sur cette mythique institution du Neuvième Art, « ce héros con » en avance sur son époque et qui a trahi ses origines, délaissant le trublion du Journal de Spirou qu’il était pour devenir véritable héros de sa propre série. À l’inverse de la volonté première de Franquin qui ne voulait surtout pas en faire un héros de BD.

 

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

Ce n’est pas nous qui le disons mais Franquin, qui devient notre guide de luxe pour nous balader dans l’incroyable histoire de son anti-héros. Qui de mieux que le maître pour parler de son enfant, dans des pensées courtes mais efficaces, histoire de laisser les images en dire long. Franquin apparaît donc par l’intermédiaire de commentaires et citations issus d’une quarantaine d’entretiens avec des interlocuteurs aussi diversifiés et éclairés que Numa Sadoul, Philippe Vandooren, Didier Pasamonik ou encore Jean Léturgie.

 

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

L’occasion de se rappeler (ou d’apprendre pour les plus jeunes d’entre nous) que M’oiselle Jeanne ne devait apparaître normalement que le temps d’un gag mémorable dans lequel sa queue de cheval semblait toute trouvée pour le costume de canasson trouvé par Gaston. Ou encore que le premier album de Gaston, que d’aucuns diraient aujourd’hui « conçu à l’arrache », aujourd’hui prisé par les collectionneurs, a, un temps, été distribué… gratuitement. « Il y a eu le premier album: une chose bizarre, au format d’un strip, imprimée – mal – sur des rebuts et des chutes de papier, que nous avons faite sans contrat, comme un essai jovial pour nous amuser entre nous. (…) La dimension de l’ouvrage avait surpris bon nombre de vendeurs, au point même que, dans un grand magasin de Charleroi, quelqu’un, croyant qu’il s’agissait d’une prime publicitaire, le distribuait gratuitement à ses clients les plus dépensiers. » Des débuts cocasses pour un héros dont on ne compte aujourd’hui plus les rééditions.

 

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

 

© Franquin chez Dupuis

 

Aéré mais conséquent, cet album contient donc beaucoup d’anecdotes attendues mais aussi inattendues, et un paquet d’illustrations à se damner. Des planches forcément, des bouts du Journal de Spirou mais aussi des recherches des personnages emblématiques entourant Gaston, « la mécanique du gag » et, entre bien d’autres choses, l’album de Franquin, série de clichés de Franquin à travers les âges. Bref, il y a matière à s’inst-rire et à se mettre en appétit pour rallier le Centre Pompidou et voir ça d’encore plus près. Un passage obligé? M’enfin, bien sûr!

 

Alexis Seny

 

Titre: Gaston au-delà de Lagaffe

Sous-titre: Une visite guidée dans l’univers de Gaston commentée par Franquin

Genre: Catalogue d’exposition, Beau-livre, Documentaire

Éditeur: Dupuis – Bibliothèque du Centre Pompidou

Nbre de pages: 208

Prix: 30€



Publié le 09/12/2016.


Source : Bd-best


Que mettre au pied du sapin ? Episode 2 : Alix Senator 5 : Le hurlement de Cybèle

« - Regarde, Titus, un Galle ! C’est un des prêtres de Cybèle ou devrais-je dire une des… Tu te rends compte ! Il s’est castré lui-même en l’honneur de sa déesse ! »

            « - Brrr… Et c’est pour voir un eunuque qu’on est venus jusqu’ici ? »

            « - Non, c’est parce que la puissance et l’éternité m’attendent dans la cité. »

            « - La puissance et l’éternité n’appartiennent qu’à Rome, Khephren. Tout le monde le sait ! »

            « - En es-tu vraiment sûr ? »

 

            Titus et Khephren, respectivement fils d’Alix et d’Enak, arrivent à Pessinonte, en Asie Mineure. Nous sommes en 12 avant Jésus-Christ. C’est l’été. Khephren, aveuglé par les prédictions de son livre sybillin, pense qu’en pénétrant dans le temple de la ville, Cybèle, divinité régnant sur les plantes, les animaux sauvages et les sources, lui offrira force et éternité. C’est sans compter les Galles, prêtres eunuques, naviguant sur les berges de la folie, dont il va s’attirer les foudres en franchissant le seuil du sanctuaire de Cybèle. Mais d’où viennent ses lamentations derrière la porte ?

 

            Qu’il doit être fier de Valérie Mangin, Jacques Martin, là où il est ! Alors que la série mère a encore du mal à se stabiliser, son Alix Senator, pour la cinquième fois consécutive, frappe fort. Même si pendant la première moitié de l’album, on a l’impression de lire un album d’Alix sans Alix, la deuxième partie remet le héros à sa place, excusant son absence et justifiant le parti pris. Valérie Mangin n’est pas tendre avec ses personnages qui, au cœur du danger et contrairement à ce qu’il se passe dans des séries « classiques », ne sont pas épargnés par la cruauté du monde Antique. (Mais le monde moderne est-il moins cruel ?)

 

 

 

 

 

 

            Thierry Démarez ne cherche pas à faire du Martin. Il reste fidèle à son style qui, aidé par les couleurs de Jean-Jacques Chagnaud, donne en particulier aux décors un ton sec et poussiéreux, immergeant le lecteur dans une Antiquité que l’on imagine très fidèle à la réalité. La couverture magnifique est d’une efficacité redoutable. L’auteur s’est mis en danger en proposant une composition complexe, avec diverses sources d’éclairage. Le résultat est magistral. On a l’impression de pousser nous-mêmes la grande porte de ce temple, comme si l’on pénétrait à l’intérieur de l’album.

 

            Le site dédié à la série apporte un éclairage culturel et ludique. Visitez http://www.alixsenator.com/encyclopedie.albums.html?voir=35 et jouez au vrai/faux sur la mythologie romaine, apprenez en plus sur les personnages, les lieux, l’Histoire avec un grand H, la mythologie, les auteurs.

 

            Alix Senator, le mystère, la folie et la grandeur de Rome sont ta source, ton danger et ta force.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Alix Senator

Tomes : 5 - Le hurlement de Cybèle

Genre : Aventure historique

Scénario : Mangin

Dessins : Démarez

Couleurs : Chagnaud

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 48

Prix : 13,95 €

ISBN : 978-2-203-10092-3



Publié le 09/12/2016.


Source : Bd-best


Comment ça, pas un Chat dans les musées? Il y a même Les Bidochons…

N’en déplaise à Madame qu’on la délaisse (de toute façon, pas sûr que les musées visités lui survivraient). Cela ne veut pas dire que les chats, et surtout un en particulier, n’ont pas de tenue. Bon, c’est vrai, ce n’est peut-être pas le cas de Raymonde et Robert Bidochon mais ils s’accrochent et entament leur quatrième jour au Musée. Vous l’aurez compris, ce sont deux figures de proue de Casterman et Fluide Glacial qui s’en vont tâter de l’art, du vrai.

 

 

 

 

 

 

philippe-geluck-lart-et-le-chat-vasarelly

 

© Geluck chez Casterman


Cadeau de Noël oblige et comme il n’en avait pas eu assez dans les mirettes (de Miro?), Le Chat remet ça. Après avoir commencé l’année au musée (au propre comme au figuré puisqu’en même temps que la sortie du livre, commençait l’exposition « L’Art et le Chat » au Musée en Herbe), c’est aussi là que l’anti-héros de Philippe Geluck va finir son année dans une édition augmentée avec huit pages et 36% de gags en plus, dixit le sticker sur la couverture. Certains collectionneurs crient au scandale (ou au « chat »crilège), on peut les comprendre, mais la réédition est une technique commerciale qui ne date pas d’hier et le lecteur qui aurait raté la première salve peut ainsi s’inscrire en rattrapages!

 

 

 

© Geluck chez Casterman

 

 

© Geluck chez Casterman

 

« Il n’y a rien à faire mais chez Vermeer et Geluck la lumière fait tout », il ne croit pas si bien dire le Chat. Et à la lumière du présent, voilà qu’il a laissé ses traces partout, pointant son museau près des muses de Léonard De Vinci, de Lichtenstein ou encore Botero, dans l’étrangeté d’un Basquiat ou d’un Alechinsky, dans l’art comprimé de César etc. Le Chat revisite ainsi, toujours avec les bons mots qu’on lui connaît, quelques-uns des plus grands artistes que l’art ait comptés, dans tous les genres. Les explications de Sylvie Girardet, la directrice du Musée en herbe (où l’exposition se terminera le 3 janvier) ne sont pas en reste sans pour autant nous noyer de théorie. Dans l’art comme avec Le Chat, tout est affaire d’équilibre à respecter.

 

 

 

© Geluck chez Casterman

 

 

© Geluck chez Casterman

 

« Il ne suffit pas de connaître un tableau pour savoir en parler! » « Pourquoi? Y’en a bien qui le font! » On quitte le félin le plus bedonnant de l’ouest pour retrouver deux autres bedonnants. C’est vrai, Raymonde et Robert n’ont peut-être pas le bagage pour nous faire un exposé mais c’est tout feu tout flamme qu’ils nous convient à une visite pas comme les autres baignée d’ignorance gentillette qui en fait le sel. Une excellente porte d’entrée, donc, sachant que l’enrichissement « Seurat » plus que ne sera pas.

 

 

 

© Binet/Ramade/Lacôte chez Fluide Glacial

 

 

© Binet/Ramade/Lacôte chez Fluide Glacial



Ainsi, c’est un grand voyage en quelques tableaux que Binet nous propose main dans la main avec les deux spécialistes et conservateurs Patrick Ramade et Pierre Lacôte. Parce que s’il faut compter sur Raymonde et Robert, c’est mal bar’. Mais ils sont de bonnes volontés… si on leur laisse faire leurs petites réflexions. Pour le reste, l’aventure entre le Louvre, le Metropolitan, Orsay ou le Moma est passionnante et éclectique, de Bosch à Ingres en passant par Van Eyck, Caravage et même Hopper, Modigliani et Daumier, maître à penser de bien des caricaturistes d’aujourd’hui.

 

 

 

© Binet/Ramade/Lacôte chez Casterman

 

 

© Binet/Ramade/Lacôte chez Casterman

 

Le ton est décontracté mais rien ne dit que, la prochaine fois que nous foulerons les premiers mètres d’un musée, ce sera avec une autre attention à toutes les merveilles qu’il contient. D’ailleurs, ces deux livres ne sont que des invitations à être prolongés par le biais d’expériences personnelles. Tous au musée!

 

Alexis Seny

 

Série: Le chat

Tome: Hors-Série L’art et le chat

Gags et dessins: Philippe Geluck (et sur FB)

Commentaires: Sylvie Girardet

Genre: Humour, Documentaire

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 80

Prix: 14,95 €



Publié le 09/12/2016.


Source : Bd-best


Le temps des sauvages: Goethals croise Gunzig et le loup est plus que jamais un homme pour le loup

Demain, c’est déjà aujourd’hui, et le monde tel que Thomas Gunzig l’imagine ne fait pas forcément envie: des hommes mutants, une loi du marché (façon Stéphane Brizé) encore un peu plus renforcée et un déferlement de violence à peine croyable. Dans Manuel de survie à l’usage des incapables, l’homme était déjà un loup pour l’homme (ou peut-être serait-il plus juste de dire « Le loup est un homme pour le loup« ?), c’est on ne peut plus vrai dans l’adaptation en roman graphique qu’en a fait Sébastien Goethals qui porte le doux nom « Le temps des sauvages »! Un cri spectaculaire, une

 

 

 

 

 

©Goethals chez Futuropolis

 

©Goethals chez Futuropolis

 

Jean a-t-il vraiment choisi son métier? Sans doute pas, il a pris ce qui venait et ce qui pouvait lui permettre de gagner sa vie tout en gardant son couple en équilibre. Sa femme est carriériste, alors il se contente de son job pas bandant pour un sou. D’autant qu’ici, le moindre profit compte et chaque perte même infinitésimale est à proscrire. Alors, Paul vaque à ses occupations d’agent de sécurité, laissant l’humain au vestiaire pour mieux trimbaler sa méfiance dans les rayons du supermarché qui l’engage ou derrière les caméras de… surveillance, étudiant l’efficacité des troupes mobilisées aux caisses. Et il fait bien, on ne peut pas dire que Martine soit au top de sa forme: le temps c’est de l’argent et elle ne va pas assez vite. En plus, aussi incroyable que cela puisse paraître, elle fricote avec… Jacques Chirac, le colosse du rayon-primeur.

 

 

 

©Goethals chez Futuropolis

 

 

©Goethals chez Futuropolis

 

Il n’en faut pas plus pour les virer vite-fait mais rien n’est aussi facile et rien ne va se passer comme prévu. Martine meurt par accident de la main de Jean. Et voilà que les quatre fils de cette caissière, des hommes-loups dont la violence n’est plus à prouver, et est justement exaltée par un récent cambriolage, se lancent à la poursuite de Jean et ses proches. Pendant ce temps, le commerce continue de tourner!

Tourner, Thomas Gunzig le fait bien aussi, mais rarement dans le vide. Passé des nouvelles au roman, de la page à la planche, sans oublier le grand écran (il avait signé le succulent scénario du Tout nouveau testament de Jaco Van Dormael qui n’en finit plus de faire des étincelles dans les festivals internationaux) et la radio. Le temps d’avaler un café serré et le voilà désormais mis en case par la force de caractère de Sébastien Goethals. Car il en faut pour s’atteler à un tel pari. Manuel de survie à l’usage des incapables (récent Prix triennal du roman de la Fédération Wallonie-Bruxelles, trois ans après sa parution) est loin d’être le roman le plus facile de Gunzig. Débordant de bonnes idées sans pour autant oublier l’action, trouvant les bons concepts pour alimenter cette critique corrosive d’une certaine société de consommation… qui est la nôtre.

 

 

 

©Goethals chez Futuropolis

 

 

©Goethals chez Futuropolis

 

Ainsi, dans le monde réanimé (bon, le roman n’est pas vieux, hein) par Sébastien Goethals, la richesse de Thomas Gunzig a trouvé un bon placement. Rien n’est trahi et, en 266 planches, l’auteur de bande dessinée réussit à intégrer parfaitement et avec un excellent tempo les thèmes développés par le Bruxellois: le désespoir, les racines des hommes, la course aux bénéfices, les apprentis sorciers et leurs petits jeux avec les génomes en vue d’obtenir des hommes plus résistants, plus animaux.

 

 

 

©Goethals chez Futuropolis

 

 

©Goethals chez Futuropolis

 

Le temps des sauvages est un livre dense dans lequel le noir (et l’humour qui y est associé) et le blanc s’imposent entre la vivacité des actions musclées et des dialogues passionnants. Dans le dessin de Sébastien Goethals, tour à tour brutal et fort en ambiance, on retrouve toute l’inventivité de Thomas Gunzig, la férocité aussi. Conscient et à cheval sur ce qu’il a lu, Goethals livre une oeuvre intègre avec l’original et la renforçant par un dessin audacieux et prenant. Et si, dans les premières planches, le dessinateur se permet même un générique « plus cinématographique tu meurs », force est de constater qu’au vu du talent du garçon, le cinéma aurait été bien en peine de faire mieux que cette adaptation mortelle. Car oui, pas sûr que les héros seront toujours en vie à la fin! À vous de voir qui de l’homme ou le loup est le plus dangereux.

 

Alexis Seny

 

Titre: Le temps des sauvages

D’après le roman de Thomas Gunzig « Manuel de survie à l’usage des incapables »

Scénario et dessin: Sébastien Goethals

Noir et blanc

Genre: Thriller, Social, Anticipation

Éditeur: Futuropolis

Nbre de pages: 272

Prix: 26€



Publié le 07/12/2016.


Source : Bd-best


13/11, reconstitution d’un attentat: relire l’Histoire pour ne pas la revivre

C’est un euphémisme, les attentats de ces derniers mois, de ces dernières années même (on peut remonter au 11 septembre 2001) ont marqué tout un chacun. Les vivants et les morts, les témoins proches comme ceux qui étaient derrières leurs écrans, les victimes physiques comme les victimes morales, les journalistes comme les lecteurs et les spectateurs. Des milliers de ressentis, de larmes, d’explications à fournir, de mots à mettre sur les drames. Certains ont fait leur chemin intérieur pour en sortir, d’autres ont abordé de manière plus ou moins frontale les événements tels qu’ils se sont passés, sur le moment ou dans les jours qui ont suivi. Au plus près des tragiques événements de novembre 2015, Anne Giudicelli (fondatrice du cabinet de conseil Terr(o)risc et spécialiste du monde arabe et musulman) a entraîné Luc Brahy dans une chronologie au scalpel de cet innommable bain de sang.

 

 

 

© Luc Brahy

 

 

© Luc Brahy

 

Résumé de l’éditeur: La nuit du 13/11/2015, la France fait face à l’attentat le plus sanglant commis sur son sol depuis la Seconde Guerre mondiale. Au Stade de France, au Bataclan, aux terrasses de cafés, plus de 130 personnes succombent.

Il nous était impossible pour nous de résumer l’irrésumable. La déflagration de l’ignoble dans notre confortable cocon d’européen avait été bien trop forte. Puis, des artistes se sont exprimés, autour de Charlie, de Bruxelles, des événements de novembre 2015 aussi. Il y a eu Luz, Catherine Meurisse, Serge Lehman et Gess et bien d’autres. Pour vaincre la sinistrose, un premier pas pour éliminer le terrorisme, sans doute nous appartient-il de mettre des mots, peu importe qu’ils soient frontaux. Et toute aide est bonne à prendre.

 

 

 

©Giudicelli/Brahy chez Delcourt

 

 

©Giudicelli/Brahy chez Delcourt

 

Ainsi sans états d’âme, sans jugement, Anne Giudicelli et Luc Brahy se sont glissés dans le feu de l’action, reconstituant les faits et gestes de ces semeurs de pleurs et de balles aveugles qui s’avèrent bien moins être des foudres de guerre qu’il n’y paraissait dans les médias. Dans ce récit conçu comme un polar énergique et incisif, noir sur blanc, rien ne semble arrêter ces fous d’Allah (ou de je-ne-sais-quoi, surtout) et, pourtant, Brahy a dosé toute leur folie dans leur seul regard, terrifiant. Ici, si la violence explose de manière spectaculaire, que le sang coule bel et bien, le souci du réalisme amène aussi et paradoxalement à garder les pieds sur terre, à rétablir la vérité et à chasser les élucubrations et faits disproportionnés tels que relatés dans certains médias ou même sites visant clairement à manipuler les esprits moins critiques.

 

 

 

©Giudicelli/Brahy chez Delcourt

 

 

©Giudicelli/Brahy chez Delcourt

 

C’est sûr, à l’annonce de ce documentaire en bd, on s’attendait plus à un coup marketing malodorant, il n’en est rien. 13/11 – Reconstitution d’un attentat, comic book nerveux, se révèle frontal mais réservé, lucide tout en poursuivant la guérison, notre guérison. Ce qui ne tue pas nous rend plus fort, ça n’a jamais été aussi vrai. Puis, ne dit-on pas que: qui ignore l’histoire est condamné à la revivre? Alors, autant la revivre une bonne fois pour toutes!

 

Alexis Seny

 

Titre: 13/11

Sous-titre: Reconstitution d’un attentat: Paris, 13 novembre 2015

Scénario: Anne Giudicelli

Dessin: Luc Brahy

Noir et blanc

Genre: Documentaire

Éditeur: Delcourt

Collection: Encrages

Nbre de pages: 126

Prix: 15,50€



Publié le 07/12/2016.


Source : Bd-best


Le maître des tapis: un tapis volant de mille et une nuits au pays du Père Noël

Un conte, ça vous dit? L’hiver arrive à grands pas, le poêle à bois fonctionne déjà depuis plusieurs semaines et tout doucement vient le temps de parler de neige, de sapin, de cadeaux et de Noël par-dessus tout. Et ça tombe bien, on vous a déniché un album grand format, un conte forgé dans la plus pure des traditions mais pour le moins original. Ça s’intitule Le maître des tapis, c’est imaginé par l’écrivain Olivier Bleys et mis en image et en lumière superbe par Alexis Nesme. Avec quelques flocons de neige et de quoi ravir tout le monde!

 

 

 

 

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© Bleys/Nesme chez Delcourt

 

Résumé de l’éditeur: Fedor n’est pas un simple marchand de tapis. Il connaît le moyen de transformer un banal rectangle de tissu en un formidable véhicule capable de l’emporter à travers les airs. Ce pouvoir, il l’a reçu et il doit le transmettre à son tour avant de disparaître. Mais qui s’intéresse encore aux tapis de nos jours… Et pourquoi pas Danil, ce jeune braconnier qu’il vient de sauver des soldats du boyard ?

 

 

 

 

 

© Bleys/Nesme chez Delcourt

 

Carpette ou tapis, le « pépé » de Cédric a intérêt à bien se tenir à moins de se trouver fort surpris, car Fédor n’est pas un vendeur comme les autres. Écumant les petits villages, soufflant la buée d’un hiver trop rigoureux et tentant en vain de se réchauffer sous le poids de ses tapis dont plus personne ne veut (la faute au parquet), Fédor cherche un nouvel élan et quelqu’un à qui il pourrait passer le flambeau et enseigner les rudiments de son art… et sa magie! Et si l’heureux élu était ce braconnier poursuivi sans relâche par les sbires du boyard duquel il a tué le lévrier favori? Le duo s’entend d’ailleurs bien vite même si le tapis a un peu de mal à décoller: l’initiation prend du temps. Et si celui-ci passe, il n’en va pas de même pour le boyard qui a la rancune tenace. Et le destin sonne toujours deux fois.

 

 

 

 

 

© Bleys/Nesme chez Delcourt

 

C’est dans un pays imaginaire qu’Olivier Bleys et Alexis Nesme nous emmène, dans des décors qui évoquent la Russie mais aussi la Scandinavie. Alexis Nesme (déjà prodigieux pour donner un peu plus vie aux Enfants du Capitaine Grant) s’en donne à cœur-joie, envoûtant chaque case pour en faire un trésor. Le grand-format de cette oeuvre courte (27 pages mais une vraie belle surprise en fin d’album: un pop-up pour matérialiser un peu plus cet univers) lui va d’ailleurs vraiment bien, donnant un peu plus de force à cette histoire aussi jolie que sans concession. Ici, tout n’est pas mignon et les bas instincts humains ne sont jamais bien loin. Tour à tour splendide, cruel, aventureux, fantastique, Le maître des tapis vole très haut, à la force de sa propre imagination.

 

Alexis Seny

 

Titre: Le maître des tapis

Scénario: Olivier Bleys

Dessin et couleurs: Alexis Nesme

Genre: Conte, Fantastique

Éditeur: Delcourt

Collection: Les enfants gâtés

Nbre de pages: 28

Prix: 14,50€



Publié le 06/12/2016.


Source : Bd-best


Que mettre au pied du sapin ? Episode 1 : Garfield 63 : Aaagh !

 « - Tous les cubes de mimolette ont disparu ! Et je parie que je sais où… Garfield ! Montre-moi tes pattes ! Elles sont déjà orange… »

            « - Le crime parfait ! »

 

Une fois de plus, il va en commettre, l’ami Garfield, des crimes parfaits, dans ce soixante-troisième recueil de strips et de gags hebdomadaires de ses exploits. Outre la mimolette, donuts et araignées vont également faire partie des turpitudes du chat tigré.

Odie est toujours aussi sot. Garfield l’imite et se rend compte du bonheur de sa propre condition de chat. Mais il n’est pas le seul canidé pour une fois. Un chien mystérieux, en 3D premium, habite dans un jardin près de chez nos amis. Personnage au fort potentiel comique il gagnerait à être développé dans la galaxie Garfield.

 

 

 

 

A part ça, Jon est amoureux fou de Liz, mais il a fort à apprendre pour devenir un as de la séduction. Garfield aussi n’est pas insensible au charme de certaines de ses compatriotes, surtout avec un parfum au thon périmé.

Le félin s’avère en outre être un inventeur hors pair. Tiens-toi bien, Léonard, et vient découvrir la machine à voyager dans le temps.

Mais attention, un mystère demeure. Qui, chez Dargaud, a pu choisir un titre aussi crétin pour cet album ?

En bref, Garfield regarde le monde et le monde regarde Garfield. Jim Davis, au même titre que Charles M.Schultz et Mike Peters (respectivement Snoopy et Grimmy), a installé un animal qui dépasse le cadre de la simple bande dessinée pour faire partie  au jour le jour de la famille de chacun de ses lecteurs.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Garfield

Tomes : 63 – Aaagh !

Genre : Humour

Scénario & Dessins : Jim Davis

Éditeur : Dargaud

Nombre de pages : 48

Prix : 10,60 €

ISBN : 9782205075427
 

 



Publié le 05/12/2016.


Source : Bd-best


Les bulles et les cases des Arènes au porte-à-porte de l’Histoire

Ce n’est pas la plus ancienne des maisons d’éditions. Que du contraire. Depuis quelques mois, nous avons déjà eu l’occasion de vous en parler à travers nos chroniques (avec La Présidente 1 et 2 ou Forçats ces derniers mois), Les Arènes n’ont eu de cesse d’investir le champ de la bande dessinée avec brio et qualité au rendez-vous. Dans différents genres et notamment un qui nous intéresse aujourd’hui: l’Histoire de la France. Plus ou moins lointaine, celle qui dit que si Paris ne s’est pas faite en un jour, certains événements l’ont détruite et mise à feu et à sang surtout à sang. Et comme pour marquer l’histoire, l’imprimer, il faut des auteurs de taille et de poids, Les Arènes a convié la crème de la crème. De quoi bien garnir les pieds des sapins de Noël.

 

 

 

 

© Douay

 

© Douay

 

Saint-Barthélemy, t.1: Paris saigne-t-il?

Procédons chronologiquement et remontons le temps de quelques siècles pour nous retrouver il y a près de 450 ans, époque où les guerres de religions déchirent le pays, entre les Huguenots, ces protestants prétendument « hérétiques » et les fervents « papistes ». Des hommes obnubilés par un fanatisme dément et une eau de bénitier imbibée de cette violence pour se transformer en lacs de sang. Des torrents qui couleront jusqu’à ce qu’une religion triomphe, s’il en faut une.

 

 

 

©Boisserie/Stalner chez Les Arènes

 

 

©Boisserie/Stalner chez Les Arènes

 

Et c’est cette folie guerrière qui va venir chercher Elie de Sauveterre, jeune protestant et fils d’un fidèle partenaire d’arme de l’Amiral de Coligny, vivant dans l’insouciance du domaine de Sauveterre jusqu’à ce que de sinistres mercenaires viennent tendre un piège à lui et ses gens. Le frère et la soeur d’Élie sont enlevés et le garçon déjà rendu trop adulte à la vue du massacre n’aura de cesse de vouloir les retrouver. Quitte à s’engager dans l’Armée du prince de Condé. Une quête qui n’aboutira pas jusqu’à ce que ce jour de joie, de liesse et de mariage entre le roi de Navarre Henri III et Marguerite de France (alias la reine Margot). Une union entre deux extrêmes visant à calmer les tensions qui ne va pourtant faire que les exacerber un peu plus, sous les coups de fer et de pistolets ordonnés par ce fou de Guise qui entend venger, même aveuglément, la mort de son frère. Rien ne va plus et le roi Charles IX assiégé de toute part ne peut qu’accéder à cette demande sanguinaire. Au prix des de milliers d’innocents.

 

 

 

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©Boisserie/Stalner chez Les Arènes

 

Échelonnant leur histoire à plusieurs degrés avant de se recentrer sur leur personnage principal, histoire de bien saisir le séisme de cette tragédie historique, Pierre Boisserie (La Croix de Cazenac, La Banque, Dantès) et Éric Stalner (Ils étaient dix, La Croix de Cazenac) réussissent ici un grand thriller historique brillant par sa volonté de s’émancipé des faits purs et durs pour suivre un héros de fiction auquel le lecteur (on aurait même tendance à dire « le spectateur ») s’identifie. D’ailleurs, voilà un récit qui fait perdre l’haleine autant aux héros qu’aux lecteurs. Au fil des pages, c’est une ville endolorie et suintant l’ignominie, du Louvre à l’Île, des fastes aux derniers soupirs, que nous parcourons la peur et l’horreur dans le dos mais aussi en face. Ce premier tome bien amené, éducatif sans être plombé par de trop longs textes, est frontal, glaçant, transperçant.

 

Alexis Seny

 

Série: Saint-Barthélemy

Tome: 1 – Sauveterre

Scénario: Pierre Boisserie et Éric Stalner

Dessinateur: Éric Stalner

Couleurs: Florence Fantini

Genre: Histoire, Drame, De cape et d’épée

Éditeur: Les Arènes

Nbre de pages: 56 (+ dossier de 5 pages par Olivier Poncet)

Prix: 15€



Publié le 02/12/2016.


Source : Bd-best


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