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Rose tome 2, Le scénario d’Alibert et de Lapière se complexifie et prend une tournure plus sombre

  « - …Mais justement, on ne sait pas qui c’est. Tout ce qu’on sait, c’est qu’ensuite, il a brûlé tout un tas de documents.

-          Comment ça, brûlé ?

-          Dans un tonneau métallique qu’il a descendu jusqu’ici. Ça a bien duré deux heures tellement il y en avait.

-          Et donc, avant de le tuer, mon père lui a parlé du 18 mars 1994 ? Mais c’est ma date de naissance ! Et il a mentionnée l’hôpital Saint-Ambroise ?... C’est là que je suis née !!

-          C’est bien ce qu’il a dit. Je m’en souviens parfaitement.

-          Et on n’en sais pas plus.

-          Abieta ! Je vais aller la voir. Il n’y a qu’elle qui peut savoir. »

 

            Rose poursuit son enquête et les révélations vont se succéder pour la jeune femme au don d’ubiquité. Son père passe du statut de victime à celui d’assassin, mais la situation est bien plus complexe. Les secrets de famille sont des coffres pour lesquels les clefs sont parfois bien cachées. Dans sa maison, un quatrième fantôme, bien moins aimable que les trois spectres locataires des lieux, entre en scène.

 

 

 

 

 

 

            Le scénario d’Alibert et de Lapière se complexifie et prend une tournure plus sombre. Des personnages ne sont pas ceux que l’on croit et peuvent porter des masques, et pas forcément dans un milieu que l’on croirait ripoux. La bourgeoisie biarrote est dépeinte de façon bien réaliste avec tout le surfait dont elle renvoie l’image. L’idée du tableau dans lesquelles s’insèrent les scènes de crime apporte une originalité supplémentaire et contribue à faire de ce récit une histoire solide.

 

            Valérie Vernay, avec son trait et ses couleurs semblant faites à la craie, propose de belles grandes cases. Que ce soient les expressions des personnages ou les paysages dépeints, la douceur du graphisme immerge le lecteur au cœur des sentiments des acteurs et des lieux. Enfin, si vous voulez savoir comment se battre avec un fantôme, ce deuxième acte de la trilogie Rose vous en fournira la méthode.

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Rose

Tome : 2

Genre : Polar fantastique

Scénario : Alibert & Lapière

Dessins & couleurs : Vernay

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 48

Prix : 14,50 €

ISBN : 9782800166636



Publié le 01/09/2017.


Source : Laurent Lafourcade


Joël Alessandra sur un flot de whisky jusqu’aux lacs d’Écosse pour réaliser le dernier rêve d’Helen Arthur

On se souvient des ignorants que faisaient ces deux passionnés Étienne Davodeau et Richard Leroy, entre vignes et planches à dessiner. Quelques années plus tard, c’est au tour de Joël Alessandra de faire l’ignorant sur les traces du Whisky qui honorera le mieux la mémoire d’Helen Arthur et la saveur de l’avoir connue. C’est ainsi que Joël, sans savoir ce qui l’attendait (mais n’est ce finalement pas mieux de laisser les surprises faire dans l’initiation ?), s’est envolé pour l’Écosse.

 

 

 

 

 

 

 

© Joël Alessandra chez Casterman

 

Résumé de l’éditeur : Critique experte internationalement renommée dans le domaine du whisky, Helen Arthur meurt brutalement alors qu’elle était à la recherche, pour sa propre marque, d’un malt aux arômes inédits. Joël Alessandra est affecté par la disparition de son amie. Découvrant des notes laissées dans ses carnets, il décide d’honorer la mémoire d’Helen en partant à la recherche de ce nectar unique et parfait ! Commence alors un voyage initiatique en Écosse, qui le conduit à enquêter auprès des plus grandes marques de whisky de l’île d’Islay…

 

 

 

 

© Joël Alessandra chez Casterman

 

Une femme extraordinaire. Comme pour contrebalancer la chanson des Innocents, ce sont les premiers mots qui viennent à Joël Alessandra pour décrire Helen Arthur. Un nom qui pourrait être celle d’une navigatrice. En y repensant, elle l’était sans doute un peu, cette auntie anglaise que le destin a mis sur la route de notre auteur de BD lorsqu’il a épousé la nièce de celle-ci. En passant l’alliance aussi à un peu de la culture anglaise, baignée dans un doigt (ou plus) de whiskies de toutes les couleurs et pour tous les goûts. Un amour du whisky que Joël Alessandra cultivait en grand… amateur, là où le dessin de voyage lui donnait un meilleur terrain de discussion avec Helen qui, elle-même, préférait aider sa mémoire de globe-trotteuse à coup d’aquarelles et de traits griffonnés avec élégance. Et en quête du vrai.

 

 

 

 

© Joël Alessandra chez Casterman

Pourtant, la mort a joué la montre et a volé le livre que Joël et Helen auraient pu réaliser ensemble. Pourtant, ce duo avait plus d’un tour dans son sac et Joël n’allait pas se détacher si vite de l’influence et la bienveillance de sa belle-tante. D’autant plus que sur les derniers cahiers de voyage, restait une énigme à résoudre, comme un héritage, une mission qui en laisserait un peu aux vivants. « Est-ce que je trouverai un jour le whisky pour ma marque ? » Une ultime qu’Helen n’a pu menée à terme et que Joël Alessandra reprend à son compte, dans une ultime collaboration avec celle qu’il appréciait tellement.

 

 

 

 

© Joël Alessandra chez Casterman

 

Commence alors, sur un peu plus de 120 planches, un vrai jeu de chassé-croisé à travers les indices laissés par Helen à la postérité et au crayon de Joël. C’est pas le Da Whisky Code, c’est plus terre-à-terre et à-…lac, mais la quête est rendue palpitante… et difficile. Car Joël n’est pas un fin connaisseur de whiskys… et si dans sa quête, c’est plutôt un obstacle, dans la nôtre c’est un adjuvant total. Moi, au mieux, ai-je trempé mes lèvres quelques fois dans un whisky que je saurais à peine reconnaître. Alors, vous comprendrez que j’ai vite mis mon complexe d’infériorité et ma peur de ne rien comprendre quand j’ai vu (et lu) que Joël Alessandra nous mettait tout de suite à l’aise. Pour ce voyage à destination du pays du Loch Lomond (pour rester dans la BD), pas besoin de bagage, l’auteur a pris tout ce qu’il fallait pour qu’on ne manque de rien et qu’on ne soit pas perdus.

 

 

 

 

© Joël Alessandra chez Casterman

 

En plus du soin de ne pas nous écraser de savoir mais de « distiller » ses impressions et son apprentissage, dans les alcôves secrètes et entre les alambics des créateurs alchimistes de cette noble boisson (à consommer avec sagesse), tout en les entrecoupant de la richesse paysagère dont est capable l’Écosse, où il n’est pas rare « d’avoir quatre saisons en une journée ». À savourer de préférence et sans date de péremption !

 

Alexis Seny

 

Titre : Lady Whisky

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Joël Alessandra

Genre : Initiation, Documentaire, Reportage

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 142

Prix : 22€



Publié le 31/08/2017.


Source : Bd-best


Retour inattendu de Jean Louis Tripp avec

Du jamais vu en BD où si aujourd’hui le dernier continent à explorer était celui de l’intime !

Avec "Extases" son dernier livre, Jean-Louis Tripp, co-auteur avec Régis Loisel de la série « Magasin Général », franchit une étape que beaucoup d'entre nous préfère garder secrètement enfouie dans leur jardin intime. Il nous fait découvrir graphiquement la partie la plus secrète de son existence : les relations amoureuses et sentimentales expérimentées depuis son enfance.
Avec une sincérité totale, il nous dévoile l’intimité de sa vie sexuelle en nous décrivant ses premiers sentiments amoureux vis à vis des filles mais aussi avec la découverte des différentes transformations connue par son corps passant de l 'état d'enfant à celui d'adolescent. 

 

 

 

 

 

 

Tout y passe, de l 'exploration du sexe de celle face à lui (d’où le titre de l'ouvrage) aux premiers frissons amoureux et  jeux sexuels, des sentiments éprouvés lors du mélange des corps aux différentes expériences testées par l'auteur au cours de son existence. C'est ainsi qu'il expérimente aussi bien une relation physique à trois personnes, qu'une fellation accompagnée d'une sodomie mutuelle sans pour cela verser dans une relation homosexuelle.

 

 

 

 

 

L'auteur a choisi de traiter son autobiographie de façon humoristique tout en gardant les représentations de ses différentes pratiques sexuelles conforme à la réalité. Il n'oublie pas de représenter ses états d’âme, ses émotions, ses sentiments et sensations au moyen de cases cartographiées. En conclusion, un livre destiné plus particulièrement à un public adulte averti présentant le témoignage illustré d'un homme sur son propre parcours sexuel.

 

En librairie le 6 septembre 2017

Couverture couleur souple à rabats

272 pages noir et blanc - 22 €

CASTERMAN

 



Publié le 30/08/2017.


Source : Bd-best


Dans Bâtard, le crime est une affaire de famille qui roule à tout berzingue !

Bandit, gangster, larron, pillard… Les qualificatifs ne manquent pas pour désigner quiconque vole le bien d’autrui. Max de Radiguès a lui choisi Bâtard, pour l’ambigüité du mot et ses différentes significations. Puis faut dire que Bâtard, ça sonne bien et ça résonne comme un épisode de Breaking Bad ou un film de Tarantino bien torché, bien claqué. Ça tombe bien, Bâtard, c’est plus qu’un titre, c’est un road trip qui ne se refuse rien, sur la piste de Bonnie & Clyde en mode mère et fils. À moins que…

 

 

 

 

 

 

 

© Max de Radiguès

 

Résumé de l’éditeur : May et son fils Eugene tracent la route, le coffre de leur voiture rempli de sacs de billets de banque. Ils viennent juste de participer à un  » coup  » exceptionnel : 52 hold-ups simultanés à la même heure, dans la même ville. La police n’a rien pu faire !

 

 

 

 

© Max de Radiguès

 

« Faut qu’on bouge ! » « Déjà ? On n’a même pas eu le temps d’aller à la piscine… » Bon d’accord, dit comme ça, ça a tout l’air d’un album qui se traîne et prend son temps. Pourtant déjà, dans cette situation banale, dans ces premières planches, Max De Radiguès tisse son intrigue qui peu à peu va prendre un tour phénoménal. Car la situation de May et Eugene n’est pas anodine. Et la piscine dans laquelle ils vont bientôt plonger pue le sang et la sueur plus que le chlore. Eugene et May ont réussi le coup parfait (inutile de demander, l’auteur reste vague à propos de ce sujet qui n’est pas celui du livre) jusqu’à la fuite. Cette cavale qui, elle, n’a rien de parfait.

 

 

 

 

© Max de Radiguès chez Casterman

 

Des barrages de police à la cabane d’un bûcheron jusqu’à l’issue inéluctable, le tout émaillé d’une crise d’asthme, de baston et d’autres moments réjouissants; Max De Radiguès se sert du petit format qui lui est assigné (et qu’il s’est assigné, en fanzine, lors d’une première parution auto-éditée en 2015) pour faire dans la grande aventure, la folle épopée. Et mettant ses deux héros (dont il connait forcément plus les vies que ce qu’il en dévoile pour mieux surprendre) au pied du mur et face à une bande bien plus terrible que les quarante voleurs; l’auteur varie les plaisirs et les paysages dans un noir et blanc qui leur va bien et nous offre une péripétie tour à tour barrée, mordante, allumée (et incendiaire, même) et conquérante. Une BD de genre de beau calibre et sous testostérone qui parvient à échapper à la superficialité pour aller voir plus profond. Et ça, ça lui fait casser la baraque encore plus !

 

Alexis Seny

 

Titre : Bâtard

Récit complet

Scénario et dessin : Max De Radiguès

Noir et blanc

Genre : Road trip, Thriller, Action

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 192

Prix : 13€



Publié le 25/08/2017.


Source : Bd-best


Bocquet, Cossu et Guillo, le trio gagnant de l’année chez Dupuis

    « - Et maintenant, vous allez découvrir un truc qui va changer votre vie pour toujours, et la mienne aussi par la même occasion : la cuisson. Kenza, passe-moi un bout de viande… Mais, qu’est-ce que vous faites ??? Arrêtez ! Arrêtez !

-          C’est danger !

-          C’est pas danger, c’est progrès, espèce de primate !

-          Progrès, c’est danger !

-          C’est toi, danger !

-          C’est toi, primate ! »

 

La foudre vient de s’abattre sur un arbre qui s’embrase aussitôt. Franck saisit la balle au bond  pour montrer aux hommes préhistoriques l’intérêt et l’utilité du feu. Mais ceux-ci se sentant en danger ne cherchent qu’à l’éteindre.

Le feu ne sera pourtant l’élément le plus dangereux de ce deuxième épisode des aventures préhistoriques de Frnck. Entre tribu ennemie, créatures féroces et créatures mignonnes mais surtout féroces, l’orphelin et ses camarades en peaux de bêtes ne vont pas avoir le temps de reprendre leur respiration.

 

            Bocquet, Cossu et Guillo : c’est le trio gagnant de l’année chez Dupuis. Un scénario punchy, un graphisme pop n’roll et des couleurs chatoyantes, pour ne pas dire lapinantes, voici la recette d’un cocktail aux allures de course d’endurance. Entre Jumanji et Indiana Jones, les aventures de Frnck apportent un vent de fraicheur comme celui amené par Chuck Jones dans le dessin animé de l’âge d’or.

 

 

 

 

 

Un seul regret, nous n’en sommes qu’au deuxième épisode et il y a déjà trop de voyelles. C’est dommage de ne pas avoir exploité plus longuement le concept. Mais c’était juste pour trouver quelque chose à redire.

 

            Après ce baptême du feu, vous ne regarderez plus jamais les lapins de la même façon…

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Frnck

Tome : 2 – Le baptême du feu

Genre : Aventure

Scénario : Bocquet

Dessins : Cossu

Couleurs : Guillo

Éditeur : Dupuis

Nombre de pages : 56



Publié le 24/08/2017.


Source : Bd-best


Troubs et Dumontheuil, cornacs du dessin là où les éléphants s’amenuisent, de conservation en conversation de styles

 Il y a quelques années, la fin de mon cursus universitaire se profilait et je devais mettre la dernière main à mon mémoire portant sur la bande dessinée du réel. À l’époque je cherchais, entre autres choses, des sujets sur lesquels deux dessinateurs auraient pu poser leur regard et leur art. Pas évident. Si ce n’est qu’aujourd’hui, les Éditions Futuropolis viennent de sortir l’un de ces albums, précieux tant par son sujet que par son traitement. Voilà donc que, croisant leurs visions sans les faire fusionner, chacun à son tour, Nicolas Dumontheuil et Troubs nous font prendre un aller simple pour le Laos, le pays du million d’éléphants… qui ne l’est plus tant.

 

 

 

 

 

 

 

© Troubs chez Futuropolis

 

Résumé de l’éditeur : L’éléphant est l’animal adoré du Laos. Devenu l’emblème du pays, il pourrait n’être bientôt plus qu’une mythique créature puisque la reproduction de l’espèce est menacée. Créé en 2011 par une équipe de spécialistes, le centre de conservation de l’éléphant travaille au bien-être de l’animal, des soins vétérinaires à la reproduction et la formation des cornacs. Les éléphants domestiques du Laos sont traditionnellement utilisés dans l’exploitation forestière et le bardage. Avec seulement deux naissances pour 10 décès, l’éléphant d’Asie, emblème national sacré du Laos, est sérieusement menacée de disparaître. À l’hiver 2015, le Centre de Conservation de l’Eléphant du Laos a organisé une caravane de pachydermes qui a parcouru 500 km à travers les provinces de Sayaboury et Luang Prabang. Nicolas Dumontheuil et Troubs ont suivi cette éléphantesque procession.

 

 

 

 

 

© Dumontheuil chez Futuropolis

 

La longue marche des éléphants est affaire de cohabitation. De deux cohabitations pour être juste. Celle de l’homme et de l’éléphant, d’abord. L’homme qui, bien plus loin qu’Hannibal, s’est allié ce géant et cette force de la nature pour exécuter plus de douze travaux avant de progressivement le laisser tomber en désuétude tel un super-héros abandonné. Et son territoire d’être piétiné, déforesté. Parfois, même, quelques foudres de guerre éléphantesques sont-ils utilisés pour détruire leur propre habitant.

 

 

 

 

© Troubs chez Futuropolis

 

Si bien que de 40 000, il y a quelques décennies, les éléphants ne sont plus désormais qu’une dizaine de milliers. Et si le long du parcours de cette caravane « pachydermique », les cris et les vivats sont au rendez-vous, les auteurs constatent à quel point leur héritage est fissuré, que les traditions sont rompues et que l’ascenseur social a fonctionné dans le sens inverse. Autrefois quasi-aristocratiques, les cornacs déchantent aujourd’hui. Puis comment sensibiliser des villageois misérables à la cause animale ? Comme le résume bien Mirabelle, de l’équipe pédagogique, « Comment leur parler de la protection de l’éléphant alors qu’eux-mêmes peinent à survivre? »

 

 

 

 

© Dumontheuil chez Futuropolis

 

L’autre cohabitation, c’est bien sûr celle des coups de crayons de Nicolas Dumontheuil (bien loin de la Finlande et des renards de son dernier album) puis de Troubs (un autre spécialiste des voyages et de leurs carnets) qui se font écho sans se télescoper mais en se renforçant. Dumontheuil suit ainsi le périple de la caravane tandis que Troubs, arrivé plus tard dans le voyage (mais pas dans l’aventure : à cause d’un mauvais timing, il n’a pu prendre place dans la caravane dès le début mais a conseillé aux organisateurs d’aller voir du côté de Dumontheuil), s’est consacré à l’action du centre de conservation.

 

 

 

 

© Troubs chez Futuropolis

 

Tous deux sont réunis dans le noir et blanc mais chacun officie avec le style qui lui est propre, avec ses armes. Nicolas Dumontheuil plus distancié de son sujet, fait sentir qu’il a pris le temps de maturer son aventure et ce qu’il en retirerait. Troubs, lui, est plus sur le vif, en reportage live. Et chacun fait valoir ses forces pour parler au mieux de ce sujet et pour encaser les éléphants (ce qui n’est pas si évident, pensez au magasin de porcelaine !) de toute leur grâce et de tout leur courage, de toute la richesse dont ils sont capables et dont l’homme devrait s’inspirer.

 

 

 

 

© Dumontheuil chez Futuropolis

 

On oublie que ce n’est pas si commun de voir deux visions mises côte à côte pour nous rapprocher d’un même sujet (mais sur deux angles différents) pour jouer au jeu non pas des sept mais des mille différences et comprendre ce qu’il y a derrière le regard de ces deux auteurs si habiles à comprendre et à faire comprendre le monde qui nous entoure, à pas d’éléphant mais tout en prenant le temps.

 

Alexis Seny

 

Titre : La longue marche des éléphants

Scénario : Troubs/Nicolas Dumontheuil

Dessin : Troubs /Nicolas Dumontheuil

Noir et blanc

Genre : Documentaire, Voyage, Reportage

Éditeur : Futuropolis

Nbre de pages : 82 (+5 pages de dossier)

Prix : 18€



Publié le 24/08/2017.


Source : Bd-best


Benoit Brisefer l'intégrale 2, Peyo finit sa période graphique et passe la main à Walthéry qui récupère le bébé avec maestria

  « - Que se passe-t-il ? On tire des coups de feu dans la remise !

            Tac Tac Tac ! Tac Tac !

-         Ah ! C’est toi, Tonton ! Qu’est-ce que tu fais ?

-         Ben, tu vois, je m’entraîne, Benoît ! Dans mon métier, c’est indispensable ! De même qu’il faut se maintenir en forme ! Si tu veux devenir fort plus tard… Humpf… Tu devras aussi faire beaucoup de gymnastique ! »

 

Ce que le tonton Placide ne sait pas, c’est que son neveu est déjà très très très très fort. Même si quand il s’enrhume, ça peut être embêtant pour lui. Benoit Brisefer, le petit garçon le plus fort du monde, revient pour la deuxième partie de l’intégrale de ses aventures.

 

 

 

© Peyo - Lombard

 

 

 

 

            Dans Tonton Placide, Benoît accompagne son oncle, garde du corps du Ministre des Finances du Furengrootbadenstein.  Mais de méchants bandits convoitent les plaques transportées par le tonton et qui servent à fabriquer les billets de banque de son pays.

 

Au Cirque Bodoni, Benoît n’a d’yeux que pour Mona, la petite écuyère. Il va aider le cirque à sortir de problèmes financiers et à lutter contre une concurrence pas toujours loyale.

 

Enfin, Benoît affrontera la redoutable Lady d'Olphine, robot à l’effigie de sa grande amie Madame Adolphine. L’androïde n’est ni plus ni moins que parrain (ou plutôt marraine) de la mafia d’un petit pays : le Monte San Sone. Monsieur Vladlavodka va tenter de remettre les fils dans le bon ordre, avec l’aide de Benoît.

 

 

 

 

© Peyo - Lombard

 

 

Peyo finit sa période graphique sur les aventures de Benoît Brisefer et passe la main à Walthéry qui récupère le bébé avec maestria. C’est un passage de témoin hautement symbolique que l’on peut voir avec le recul entre un des plus grands artistes de la BD et un de ceux qui en deviendra un quelques années plus tard. C’est aussi un des moments où le terme de grand classique prend toute sa valeur et sa saveur.

Aidé par Gos, puis par Delporte, les scénarii de Peyo sont à tous points de vue parfaits. Comme pour Johan et Pirlouit, il est regrettable que la carrière de Benoît Brisefer ait été un poil sabordée par le succès des Schtroumpfs.

 

On retrouve ici trois des six meilleures aventures du gamin, qui font partie des meilleurs albums de l’âge d’or de la BD franco-belge. En bref, un must.

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Benoit Brisefer

Tome : Intégrale 2

Genre : Aventures humoristiques

Scénario : Peyo, Gos & Delporte

Dessins : Peyo & Walthéry

Couleurs : Nine

Éditeur : Le Lombard

Nombre de pages : 216

Prix : 25,50 €

ISBN : 9782803671793



Publié le 23/08/2017.


Source : Bd-best


Peinture ou sculpture, toutes deux ont leurs petits secrets qu’il ne vaut mieux pas remuer; même en BD !

C’est certain, le Neuvième Art, loin d’être nombriliste et de défendre sa propre chapelle, a des choses à dire sur les autres arts, qu’ils soient musical, cinématographique ou aient trait à la peinture ou à la sculpture. C’est précisément le cas ici avec deux nouveautés (Lady of Shalott de Ceppi et Monument Amour de Didier Quella-Guyot, Arnaud Floc’h et Sébastien Bouet) qui n’ont résolument rien en commun si ce n’est cette volonté de faire mystère et que nous avons voulu regrouper.
Lady of Shalott : le diable est plus que jamais dans les détails

 

 

 

 

 

 

 

© Ceppi chez Le Lombard

 

Résumé de l’éditeur : Et si les flics de C.H. Confidentiel et Stéphane Clément s’entraidaient pour résoudre une sale affaire à Genève ! La « Brigade des Affaires Réservées » (B.E.R.) est confrontée depuis quelques semaines à une série de crimes particulièrement sadiques, mis en scènes de façon à reproduire des oeuvres picturales célèbres de Bacon, Picasso, Schiele, Goya… Un manuscrit découvert chez une connaissance de Stéphane Clément, elle aussi assassinée, démontre que les victimes sont toutes liées à des faits commis en 1971 aux Arts Décoratifs de Genève. Une course contre la montre s’engage. Qui veut solder des comptes vieux de 40 ans ?


Des crossover, on a plus souvent l’habitude d’en voir du côté américain que dans les gênes de la bande dessinée franco-belge, ou alors pour quelques hommages faisant se croiser quelques personnages cultes le temps de quelques pages ou le temps d’un clin d’oeil (surtout dans Astérix et Obélix, avec le Marsupilamix, les Dupondt ou encore Achille Talon; puis l’apparition des Tuniques bleues dans Blueberry). Mais pour des apparitions au long cours, la galerie des candidats se réduit fortement même si on pensera inévitablement à l’univers partagé par Spirou, Fantasio et Gaston Lagaffe ou à différents albums de Pierre Seron, sans doute le plus coutumier du fait.

 

 

 

 

© Ceppi chez Le Lombard

 

Puis voilà que Ceppi, dans son nouvel album, convie de manière improbable son voyageur fétiche, Stéphane Clément vieillissant (et Cynthia, sa femme) et la brigade de CH Confidentiel (la dernière trilogie en date d’un Ceppi en toute petite forme et brouillon, qui s’est reconcentré par après sur Stéphane Clément) dont ses deux figures de proue : Etan Loeffler et Zoé Zemp. Un combo de luxe pour mettre toutes les chances de son côté de trouver le serial killer revanchard qui hante et épouvante la ville de Genève d’ordinaire si tranquille.

 

 

 

 

© Ceppi chez Le Lombard

 

Lady of Shalott, c’est un poème romantique d’Alfred Tennison. C’est désormais, donc, ce nouveau polar de d’un Daniel Ceppi, en forme pour marcher sur les plate-bandes gore du David Fincher de Seven. Car oui l’art peut être un crime comme les autres et mieux vaut que les âmes sensibles s’abstiennent car quand le criminel décide de passer à l’acte, il ne fait pas dans la dentelle. Plus boucher que Michel-Ange, à force de membres amputés, mais, contre toute attente, raccord avec des peintures de maîtres. Et l’expo de tableaux vivants qui se tient dans la cité de Calvin n’est peut-être pas une coïncidence. À charge de nos héros (qui ont trop peu de temps que pour faire connaissance) de faire la lumière sur ce mystère ensanglanté et de retrouver la trace d’un drame survenu vingt ans auparavant lors d’un travail « pratique » à l’école d’art.

 

 

 

 

© Ceppi chez Le Lombard

 

En proposant à ses héros de se rencontrer, Ceppi semble retrouver un souffle et l’envie d’un récit qui laisse des traces. Et ce Lady of Shalott, s’il ne révolutionne pas le genre, a au moins le mérite de faire preuve d’imagination et d’inventivité pour se faire croiser meurtres et art de Bacon ou Goya. Et les frissons et visages tirés qui vont avec. Dommage pourtant que Ceppi excelle sur certaines cases quand quelques autres manquent parfois de finition et semblent grossières (un regard comme il n’est plus permis après autant d’année de BD, en dernière planche, notamment).

 

 

 

 

© Ceppi chez Le Lombard

 

Mais si Ceppi arrive toujours à animer ses personnages et à les faire ressortir de ses décors (ultra-réalistes mais peut-être un peu trop figés), la rencontre entre ses héros lui permet aussi d’éclater l’enquête, chacun suivant sa piste. De quoi injecter un nouveau rythme dans les récits dont il est coutumier. Persistera-t-il dans cette voie ou Lady of Shalott restera-t-il à l’état de one-shot ?

 

Alexis Seny

 

Titre : Lady of Shalott

Crossover : Stéphane Clément / C.H. Confidentiel

Scénario, dessins et couleurs : Ceppi

Genre : Thriller, Polar

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 64

Prix : 14,99€



Publié le 21/08/2017.


Source : Bd-best


Un Monument Amour vaut mieux qu’un monument aux morts

Résumé de l’éditeur : 1918 – Camille sculpte des femmes sur une douille quand un obus tombe dans sa tranchée. Il est sauvé par un chien qui ne le quittera plus. Envoyé à l’hôpital, le soldat se mure dans le silence, ne s’adressant quasiment qu’à ce chien qui vient le voir dans son lit. Peu à peu, il va se passionner pour le dressage de chiens, car la guerre en a besoin. Ce sculpteur « muet » doué avec les animaux accepte enfin de sortir du silence. Lorsqu’arrive la longue démobilisation des hommes, Camille rentre chez lui à Nantes, accompagné de quelques bêtes et retrouve son atelier d’artiste, mais son comportement avec les femmes, et les modèles en particulier, est pour le moins… curieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Quella-Guyot/Floc’h

 

Autre art, autre genre. On oublie Genève et on part sur le front de 1914. L’humidité, la boue, les explosions. Notamment, celle qui vient de frapper Camille Le Moal et de le faire dévier de la petite pin-up qu’il sculptait sur une douille. Durant sa convalescence, Camille, plus vif que mort heureusement, va pouvoir compter sur un nouveau compagnon, à quatre pattes. Le duo deviendra inséparable, de l’hôpital civil du front au centre de rééducation d’Arcachon. Sans doute que l’exubérance jouette de l’un renforcera la récupération de l’autre, et voilà que Camille, bien décidé à reprendre consciencieux l’érection de ses sculptures, se remet à neuf.

 

 

 

 

© Quella-Guyot/Floc’h

 

Enfin, à neuf mais pas trop, car subsistent des failles. Celles héritées de la guerre, mêlant folie et violence. Celles qui avaient cours avant le champ de bataille, aussi, cet obscur mystère qui semble entourer la mort de la femme de Camille et qui, quelques années plus tard, semble un peu plus s’épaissir pour le lecteur sous les coups et la hargne de la famille de la défunte.

 

 

 

 

© Quella-Guyot/Floc’h chez Grand Angle

 

Après avoir signé le brillant scénario du Carrefour, Arnaud Floc’h cède sa place à l’imprévisible Didier Quella-Guyot (capable d’inviter le sang sur des lieux paradisiaques comme de marcher sur les traces d’Agatha Christie) pour s’adonner au dessin de cette drôle d’histoire. Drôle car si l’on suit avec intérêt cette reconstitution du front (brièvement) mais surtout des centres de rééducation et de la France de la fin de première guerre mondiale; au bout des 48 pages de cette première partie, impossible de savoir vers quoi et où nous mènent les coups de burin de notre héros. Les auteurs se chargent donc de cultiver un flou artistique dont on ignorait qu’il pouvait être d’usage en sculpture. Pourtant, pas question de rester insensible à ce pauvre diable, meurtri mais ayant coeur sur la main et la main à la patte pour sauver des chiens (n’en est-il pas devenu un d’ailleurs ?) qui, comme lui, sont des retraités de guerre parmi lesquels les plus mal lotis seront bons pour la casse. « Comme les chevaux abîmés ! Équarissage ».

 

 

 

 

© Quella-Guyot/Floc’h chez Grand Angle

 

Dans les affres humains de cette Histoire qui n’aurait pas du prendre les armes, Quella-Guyot et Floc’h ne sont pas pour autant équarris. Et si les couleurs grisonnent, il y a une vraie atmosphère, un vrai climat qui se dégage de ces planches (visez juste la première planche et vous comprendrez à quel point Floc’h et Sébastien Bouet sont maîtres de leur sujet) qui prennent un malin plaisir à varier les plans pour cerner toutes les facettes du peu d’endroits parcourus jusqu’ici. Et quand il s’agit de faire exploser le décor (et les tranchées), Arnaud Floc’h se révèle flamboyant. Tout ça devait bien finir au cimetière donc, du Monument Amour au Monument aux Morts, mais qu’adviendra-t-il des Femmes de pierre ? À suivre !

Alexis Seny

 

Titre : Monument Amour

Tome : 1/2 – Chiens de guerre

Scénario : Didier Quella-Guyot

Dessin : Arnaud Floc’h

Couleurs : Sébastien Bouet

Genre : Histoire, Guerre, Drame, Mystère

Éditeur : Grand Angle

Nbre de pages : 48

Prix : 13,90€



Publié le 21/08/2017.


Source : Bd-best


Yo-Kai Watch tome 6, la série est un phénomène de société

« - Tu fais peine à voir, mon pauvre Nathan !! Qu’est-ce qui a bien pu t’arriver ? Tu t’attendais à m’entendre dire ce genre de choses ? Mais je sais déjà ce qui s’est passé !

-   Je voulais prendre un bain de mer avant la fin de l’été, mais l’eau est infestée de méduses… J’ai des piqûres partout…

-   La saison de la baignade est bel et bien terminée !

-   Tu sais quoi ? Depuis qu’on est arrivés ici, j’ai une irrésistible envie de faire exploser une pastèque en tapant dessus façon piñata !! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nathan Adams est un écolier tout ce qu’il y a de plus banal. Whisper est un Yo-Kai qui a décidé de se mettre à son service. A l’origine, les Yo-Kais sont des esprits issus de la mythologie japonaise. Ils sont en général maladroits ou malfaisants. Nathan les remet dans le droit chemin et s’en fait des amis qui l’aident dans ses aventures suivantes. Il les invoque à l’aide d’une montre, la Yo-Kai Watch, en insérant un médaillon à l’effigie de celui qu’il souhaite faire apparaître. C’est principalement le chaton Jibanyan qui lui vient en secours avec des attaques délirantes.

 

 

 

 

 

Dans ce sixième volume de leurs aventures, le petit garçon de CM1 croisera une grosse dizaine de nouveaux Yo-Kais. Nathan rencontrera entre autres Pastényan, à tête de pastèque, Délujien, qui fait pleuvoir à tout va, son opposé Sabrille, un Yo-Kai radieux, ou encore Félipaix, un bonhomme de sable.

 

            La série Yo-Kai Watch est un phénomène de société. Jamais depuis les Pokémon on n’avait assisté à un tel événement. L’opération marketing est hallucinante : dessins animés, jeux vidéos, mangas, romans, montres interactives avec médaillons, cartes et toutes sortes de gadgets ou articles de papeterie. Les Yo-Kais sont en pleine conquête du monde. Mais là où Pikachu et ses amis d’un côté et Whisper et ses compatriotes de l’autre se distinguent, c’est que ces derniers s’adressent à un public plus jeune, mais sont aussi beaucoup plus drôles. L’humour est au rendez-vous. C’est parfois un peu scatologique, mais ça fait rigoler petits et grands.

            Les Pokémon ont plus de vingt-cinq ans. Dans vingt-cinq ans, les Yo-Kais seront eux aussi toujours un succès, par la fureur du chaton !

 

 

Laurent Lafourcade

 

 

Série : Yo-Kai Watch

Tome : 6

Genre : Manga fantastique

Scénario & dessins : Konishi

Éditeur : Kaze

Nombre de pages : 192

Prix : 6,79 €

ISBN : 978-2820328632



Publié le 21/08/2017.


Source : Bd-best


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