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"-Allo ?
-Ecoute-moi, tocard ! Si tu veux revoir ta petite Julia vivante, tu as intérêt à te coucher, samedi, compris ?...
-Ne vous avisez pas de toucher à un seul de ses…
-Boucle-là ! Contente-toi de faire ce que je dis, et tout ira bien… Mais essaye de nous la faire à l’envers ou de prévenir les flics et on te renverra ta princesse en brochettes saté !"
Sur le ring de boxe, Enzo Bambini vient de terrasser son adversaire. Le poulain de Don Pecorino est en pleine forme. Mais en rentrant dans sa chambre d’hôtel le soir même, c’est une drôle de surprise qui l’attend. Tout a été retourné et sa chère Julia a disparu. Il apprend rapidement par un coup de fil anonyme que s’il veut la revoir vivante il lui faudra perdre son prochain match. Dépêché sur les lieux, la Capitaine Sophia Stromboli constate les faits. Mais que fait donc Lino sur place ? Ce margoulin lui explique que c’est le boxeur lui-même qui a pété un câble et que c’est le mobilier qui a trinqué. La policière n’est pas dupe. Si l’hôtel a accepté un chèque pour préserver sa réputation, Sophia compte bien éclaircir la situation.
© Van De Walle, Walthéry, Taymans, Taymans – Editions du Tiroir
Pendant ce temps, sa copine la journaliste Sandra Ricci rencontre un indicateur qui lui dit ce qu’il sait sur l’affaire. Déguisée en soubrette, elle s’introduit dans le Palazzio pour fouiller la chambre de Bambini de fond en comble. Le lendemain, le scandale est à la une de son magazine Diva. Sandra en sait plus que Sophia sur ce qu’il s’est passé ce qui met un peu d’eau dans le gaz dans le couple. Sophia part interroger Don Pecorino pour savoir si le richissime mafieux y est pour quelque chose dans le chantage. Sandra, de son côté, va découvrir qu’ils sont tous en train de se fourvoyer.
© Van De Walle, Walthéry, Taymans, Taymans – Editions du Tiroir
Taymans père et fille écrivent un scénario policier drôle et inattendu. On se fait tous prendre dans un piège. L’idée est géniale. Sandra Ricci tire son épingle du jeu en volant un peu la vedette à Sophia. Si François Walthéry supervise l’album, c’est Nico Van De Walle qui est au dessin. L’auteur a ceci de particulier que les expressions de ces personnages sont impeccables. Il les anime comme des Muppets, avec une exagération vraiment marrante quand il le faut. Il se fond dans le « Walthéry Style » en gardant son ADN. Comme quoi, c’est possible. Van De Walle modernise le classique. Il y a à voir dans tous ses coins de cases et le dessinateur n’a pas peur des scènes de foule, comme ce match où l’on peut reconnaître dans le public son éditeur et ses copains auteurs des éditions du Tiroir.
© Van De Walle, Walthéry, Taymans, Taymans – Editions du Tiroir
Bienvenue en Sardaigne ! Avec les enquêtes de Sophia…et Sandra, on ne peut plus dire qu’on est dans du classique car le ton est vraiment nouveau. Ne changez rien à l’équipe de ce tome 2. En poursuivant sur cette voie, on tient là une série qui mérite d’être longue.
Laurent Lafourcade
Série : Sophia Stromboli
Tome : 2 – Knock-out !
Scénario : Johanna & André Taymans
Dessins : Nico Van De Walle &François Walthéry
Éditeur : Editions du Tiroir
Genre : Thriller
Nombre de pages : 48
ISBN : 9782931251409
Prix : 16 €
Elliot au collège Lost in Eglantine
Double dose d’Elliot au collège cette semaine avec un gag et une histoire courte. Un récap remet les idées en place sur le monde d’Elliot en général et sur Eglantine en particulier.
Tiens, il n’y a pas la suite de Perdu à la rédac, le récit à suivre de Pochep et Mandel qui a débuté la semaine dernière ? Mais, si ! Cherchez bien, elle y est. Les mômes parcourent le journal dans les marges. Ils sont bel et bien perdus. Mais quelle idée géniale de poursuivre sous cette forme !.
Spirou, ami, partout, toujours.

© Grosjean, Mallo - Dupuis
Histoires à suivre :
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Perdus à la rédac (dans les marges) |
Pochep / Mandel / Chesneau |
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Si je t’écris… |
Bodart / Zabus |
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Sœurs Grémillet (Les) : Le jeu des masques |
Barbucci / Di Gregorio |
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Starlight 1 : Partie 1 |
Cardona / Torta |
Récit complet :
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Elliot au collège |
Grosjean / Mallo |
Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :
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Boulette |
Picault / Trondheim / Findakly |
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Des gens et inversement (La pause-cartoon) |
Berth |
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Ecole des mauvais parents (L’) |
De Poortere |
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Edito (L’) |
Erre / Fabcaro / Greff |
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Elliot au collège |
Grosjean / Mallo |
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Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons |
Muñoz / Thibaut-Jouvray |
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Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon) |
Lécroart |
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Filles (Les) |
Nob |
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Freuby (Le) (La pause-cartoon) |
Gally |
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Game over |
Adam / Patelin / BenBK |
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Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest |
Gorobei / Ced |
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Huguette & Croquette |
Théoschu |
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Kid Paddle |
Midam / Dairin / Benz / Angèle |
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Nelson |
Bertschy |
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Pernille |
Trichet / Dav / Esteban |
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Spoirou & Fantasperge (Marges) |
Sti |
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Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac) |
Libon / Salma |
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Tash & Trash (La pause-cartoon) |
Dino |
Rubriques :
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Elliot au collège : Le monde d’Elliot – Le récap |
Grosjean / Mallo |
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En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine) avec Interview Trondheim & juanungo |
Saive / Bercovici |
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En direct du futur : Spirou en finale pour la Coupe du Monde |
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Hommage : Jean-Paul Krassinsky Un géant si discret |
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Jeux : Dans la tête d’Eglantine |
Sorroldoni |
En kiosques et librairies le 20 Mai 2026
3,20 €
Laurent Lafourcade
"Je m'appelle Woan et je suis enfin libre ... libre de rejoindre mon clan. Je partageais ma liberté d'enfant avec mon meilleur ami Chatto.
Un jour comme un autre, nous sommes partis chasser ... lorsque la forêt devint malfaisante.
Comment oublier que j'ai détruit l'harmonie en provoquant Ours-Qui-Se-Tient-Debout ...
Un jour maudit ... qui a écrit mon destin ..."
Christian Rossi, maître du western en bande dessinée, revient avec Comanche Trail, une aventure née d’une faille narrative repérée dans Golden West. Il y approfondit son obsession pour la destinée tragique des peuples amérindiens, leur spiritualité et leur rapport au monde.
Loin d'être un novice dans le 9e Art, son parcours est exceptionnel, enrichi par des rencontres qui l'ont été tout autant. Comment ne pas être imprégné par le talent et l'esprit d'auteurs tels Jijé, Giraud ou encore Jean-Michel Charlier !
De chacun de ces grands maîtres, il a gardé un sens de la rigueur, de l'ouverture d'esprit, de la curiosité intellectuelle tout azimut, de la gestion documentaire et surtout de l'humanité dans la conception de ses récits. Ses techniques et innovations graphiques en sont également les fruits "artistiques".
Tout cela, il l'a ainsi concrétisé dans ses propres albums et séries : Jim Cutlass, W.E.S.T., Go West Young man, Golden West, Le Cœur des Amazones.
Ne se décrit-il pas parfois comme étant un "éternel débutant" ! Pour rappel, il est né en 1954 !

© Rossi - Casterman 2026
Pour en revenir à cette sortie, il s'agit donc ici d'une sorte de "complément" à son œuvre la plus personnelle, Golden West.
C'est en effet en le relisant qu'il imagine une possibilité d'inclure dans une scène une seconde aventure. Ce sera Comanche Trail !
Le périple d'un jeune Apache qui, après une longue période de bannissement, peut enfin rentrer chez les siens. Pourtant celui-ci est semé d'embûches ... un ours à nouveau, la perte de ses broncos, la soif et la haine d'un petit groupes d'Apaches Coyotero, ... Une nouvelle fuite vers ... ?
Ailleurs dans la plaine, un autre drame se prépare. Un petit clan de mescaleros, échappé d'une réserve, mené par leur shaman, cherche refuge dans la tribu comanche des Numunus. Des liens les unissent. En effet, Petal, sœur de Kohonay, Omsky et de Helshoni, a épousé le chef comanche Quanah.
Or ce dernier leur annonce que Petal l'a déshonoré en le trompant. Comme "punition", elle a été sauvagement mutilée au visage ! Elle est désormais la honte de la tribu et maltraitée par tous !
Néanmoins, la vérité est tout autre. Et en l'apprenant, sa famille ne peut supporter l'injustice dont elle est victime. Sentant leur propre sécurité en danger, ils décident de fuir en emmenant Petal !

© Rossi - Casterman 2026
Quanah ne pouvant à son tour supporter cette insulte et cette fuite, se lance avec ses guerriers à la poursuite des fuyards afin de récupérer son "bien" et d'exterminer le petit clan apache.
Au cours de cette fuite, ce dernier croise la route de Woan, qui bien involontairement se retrouve mêlé au conflit.
Le retour de Woan ne se fera donc pas sans difficulté. Le destin n'a visiblement pas fini de jouer avec lui.
Maudit il a été, maudit il l'est toujours. Du moins, le pense-t-il.
Dès lors, rongé par le doute et la crainte, il ne peut qu'imaginer être lui-même la source du malheur de ceux qui l'entourent.
"J'ai la terrible impression d'apporter le mauvais œil, d'être toujours maudit ... mais je garde mes doutes pour moi. Si je veux les épargner, je dois les quitter, les quitter et ne plus la revoir."
Sa rencontre avec Petal sera décisive.
Sur cette voie censée laver l'honneur de Petal, bien des choses étranges, telle la puissance des sentiments ou encore les mystères de la magie, vont s'ouvrir au jeune guerrier apache.
"- C'en est fini de la fuite, nous affronterons Quanah et nous lui prouverons notre bravoure.
- Woan, mon cœur se réjouit de t'avoir rencontré. Tu m'as redonné confiance, Usen a été bienveillant. Tu es son messager.
- Quoi qu'il arrive, jamais je ne t'abandonnerai.
- Woan ... j'ai beau être ... je suis toujours une femme avec ses désirs ...
- Reste en vie, Petal."
Un récit débuté sur un double théâtre qui finiront par se croiser, se mêler, se confondre et à aboutir à un final digne d'une véritable tragédie racinienne !
Impossible de ne pas y ressentir la dimension spirituelle, ce côté à la fois croyance naturelle et magie qui lui confère une réelle aura "bienfaisante".
© Rossi - Casterman 2026
Côté graphisme, cette volonté de ne jamais s'arrêter à un style déterminé se retrouve à nouveau dans cet album. Christian Rossi à l'âme d'un éternel explorateur en mêlant nouvelles techniques, nouvelles influences et surtout nouvelles émotions graphiques. Son travail s'apparente à un atelier d'expérimentation visuelle constant. Jamais pleinement satisfait sitôt le dessin achevé, il cherche à redéfinir différemment ses styles.
C'est ainsi que "Comanche Trail" est du pur "Christian Rossi" sans en n'être que du "Christian Rossi".
Dans le plus pur esprit d'un Frank Pé, d'un Hermann !
Ou pour faire référence à un dessinateur, heureusement encore parmi nous, un Jean-François Charles dans ses derniers one-shot !

© Rossi - Casterman 2026
Ce second tome, plus basé sur la destinée crépusculaire des Indiens, n'a cependant probablement pas fait le tour de la question. Il y a encore de la matière à développer, ce qui pourrait, d'après Christian Rossi lui-même, amener éventuellement à un 3e et dernier tome ! Nous ne pouvons que l'espérer !
Pour les plus collectionneurs d'entre vous, un tirage de tête paraîtra en septembre prochain. En 144 pages au format 28,5 x 38,5 cm, vous pourrez admirer le lavis préparatoire à la mise en couleur définitive de l'album, 1 ex-libris numéroté et signé, une préface du maître himself, ainsi qu'une vingtaine de pages d'œuvres jamais publiées reprenant des études de personnages, des peintures et des aquarelles.
Le tout "grand luxe", sur papier Condat mat 200 gr, imprimé en encre HUV, dos toilé avec marquage à chaud !
150 exemplaires seulement ... il ne s'agira pas de traîner pour se le procurer ... chez "Éditions i". Pour la modique somme de ... 249 € !
Mais comme le dit le dicton, "quand on aime, on ne compte pas !"
Quoiqu'il en soit, "Comanche Trail" sera un indispensable western indien et humaniste qui a toute sa place dans votre bibliothèque !
Thierry Ligot
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Titre : Comanche Trail
Scénario - dessin - couleurs : Christian Rossi
Éditeur : Casterman
Genre : western
Thèmes : aventure, magie, nature, pouvoir, société, Etats-Unis
Public : tout
Parution : 20/05/2026
Pages : 128
Format : 25 x 34 cm
ISBN : 978 2 2032 8413 5
Prix : 30 €
N'écoutant que son instinct, refusant les avertissements bienveillants de Barnum, Red se lance sur une nouvelle piste.
Sa petit virée clandestine sur l'île d'Atouvent, avec Dina lui apportera-t-elle la réponse à ses espoirs ?
Tous les indices semblent l'indiquer. Cette mystérieuse Régine pourra bien être sa maman !
Pourtant, une fois sur place, une nouvelle déception attend les 2 amis ... Régine est partie en vacances à l'étranger ... Mais où ?
Et d'ailleurs, pour eux, le retour ne se passe pas non plus comme prévu ! En effet, le côté "clandestin" de leur virée ne l'est pas resté longtemps !!! Explications et sanctions à la clé !
Décidément, la volonté de Red de "vivre comme les autres enfants" dans l'anonymat de son statut "princier" lui apporte bien des désagréments.
Pourtant, toujours positif et honnête, il poursuivra ses recherches, avec l'aide de son "père" de service, Barnum.
En parlant de lui, leur séjour à Pilaville semble avoir pour lui d'autres attraits ... comme ceux de l'institutrice de Red !
En remontant les pistes "doudou", "médaillon" associés au fait que l'adresse de cette "Régine" se trouve sur l'île d'enfance de sa mère, nos enquêteurs en herbe ne peuvent que se convaincre qu'ils touchent du but ...

© Falzar - Dalena - Ferrari - Les Éditions de la Gouttière 2026
Un 3e tome remplit d'émotions, avec un crescendo dans la tension narrative. Une écriture mêlant coïncidences et indices troublants qui mèneront à une issue ... qui se fera un peu attendre néanmoins ! Un jeu de patience pour Red ...
Parmi les points forts du scénario, nous retrouvons le fil rouge du tournoi de basket et la quête maternelle. Ils se percutent et se rejoignent dans une conclusion somme toute "logique".
La découverte de la vérité sur le sort et le destin de la princesse Eden, maman de Red, pourrait en surprendre plus d'un !
Si le récit reste fluide sur son ensemble, le final pourrait paraître un rien "speedé".

© Falzar - Dalena - Ferrari - Les Éditions de la Gouttière 2026
Côté graphisme, plus réellement de surprises sur l'univers visuel imaginé par les auteurs. Le trait d'Antonello Dalena, associé aux couleurs d' Annalisa Ferrari, continuent à faire merveille dans ce conte quasi initiatique. Difficile de ne pas avoir immédiatement de l'empathie pour les personnages au design anthropomorphique.

© Falzar - Dalena - Ferrari - Les Éditions de la Gouttière 2026
Au final, un dénouement peut-être "convenu" vu le public visé, mais qui offre une belle conclusion familiale "positive".
Une trilogie amusante qui réussira à captiver un jeune lectorat en quête d'imagination.
Thierry Ligot
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Série : Red
Tome : 3 - Le Secret d'Atouvent
Scénario : Falzar
Dessin : Antonello Dalena
Couleur : Annalisa Ferrari
Éditeur : Les Éditions de la Gouttière
Public : à partir de 7-8 ans
Thème : famille, amitié, quête de soi, mystère, intégration
Parution : 3 avril 2026
Pages : 32
Format : 21,8 x 28,9 cm
ISBN : 978 2 35796 152 4
Prix : 11,7 €
"-Ça fait huit jours que nous sommes sans nouvelles de nos quatre frères… J’en arrive à me demander si les envoyer à Holmont pour y étudier notre grand projet était bien prudent !
-Ah ! Relever les ruines de l’abbaye de Holmont…
-Et y implanter une nouvelle communauté…. Grand projet qui mérite de prendre des risques !
-La réputation de Holmont n’est pas rassurante, je suis très inquiet.
-Nous le sommes tous mais que pouvons-nous y faire ?
-Prier serait une option mais j’ai une meilleure idée… Je vais appeler le Cardinal Scapola. C’est un vieil ami."
A Holmont, dans les Ardennes, un groupe d’ecclésiastiques visite une abbaye en ruines. Le lieu magnifique est enthousiasmant. Leur objectif est d’en faire un nouveau lieu de culte cistercien. Leur engouement est rapidement endigué par d’étranges individus. Huit jours plus tard, en Toscane, l’on s’inquiète de la disparition des quatre frères partis en repérages. Le Père Benoit décide donc d’appeler la cardinal Scapola. Ce dernier convoque Ludo et Alys sur les lieux pour tenter d’élucider le mystère de cette volatilisation. Dans l’avion qui les mène sur place, ils apprennent qu’en 1944, contre l’avis de ses généraux, Hitler a lancé une offensive dans les Ardennes.
© Van Linthout, Stibane – Le Tiroir
Dans un délire mystique, le Führer a engagé dans la bataille toutes les forces occultes pour la victoire du IIIème Reich. Après avoir abattu les moines d’Holmont, les nazis ont pris possession des lieux et commencé des fouilles. Pourquoi ? La seule chose que l’on sait, c’est que le mage personnel d’Hitler était à la tête de l’expédition. Pour Alys, pas de doute, la disparition des moines d’aujourd’hui est un arbre qui cache une forêt. Scapola ne leur aurait-il pas tout dit ? Nos enquêteurs sont accueillis par l’Abbé Balette avec qui ils refont l’histoire de l’abbaye. Pendant ce temps, entre les Ardennes et le Vatican, les conspirateurs s’organisent.
© Van Linthout, Stibane – Le Tiroir
Autrefois terre de moines, les Ardennes sont connues pour leur route en treize étapes reliant de nombreuses abbayes et basiliques. Stibane et Georges Van Linthout mettent en scène une quatorzième escale, à Holmont-les-Quatre-Calvaires. Après une première vie entre 2000 et 2003 aux éditions Casterman, les enquêtes Scapola sont de retour pour une nouvelle série aux éditions du Tiroir. On retrouve le Cardinal du même nom et ses ouailles Ludo et Alys qu’il envoie, tel Charlie avec ses drôles de dames, résoudre des mystères dans différentes destinations. Ici, il sera question de templiers, de nazis et de supposées forces occultes. Ludo et Alys forment un duo de choc et de charme, plus pour l’une que pour l’un, beaucoup plus réservé, mais quand même…
© Van Linthout, Stibane – Le Tiroir
Bénies soient les éditions du Tiroir qui remettent au goût du jour la bonne BD franco-belge. Même le Pape Léon XIV en est friand. Même plus, il est dedans.
Laurent Lafourcade
Série : Les nouvelles enquêtes Scapola
Tome : 1 – Les templiers noirs
Genre : Polar
Scénario : Georges Van Linthout
Dessins & Couleurs : Stibane
Éditeur : Le Tiroir
ISBN : 9782931251379
Nombre de pages : 48
Prix : 16 €
"-Miss Roxane ?! Tout va bien ?
-Qui… Qui a apporté cette horreur ?
-Mais, c’est…
-Un doigt, oui !"
Roxane Leduc est en voyage à Kathmandou. Elle a rendez-vous à une terrasse avec un certain Monsieur Anderson. L’homme ne tarde pas à lui évoquer la main de Pangboche. Une supercherie comme le yéti ? Apparemment pas. En 1958, au monastère de Pangboche, lors d’une expédition au Népal financée par un milliardaire texan, l’un des membres s’est emparée d’une partie d’une relique : le doigt d’une main momifiée de yéti. Il l’a remplacée par un doigt humain et est parvenu à le faire rapatrier aux Etats-Unis dans les bagages de l’acteur James Stewart. Ce n’est que dans les années 90 qu’il fut prouvé qu’il s’agissait d’un doigt humain. Le doigt ramené aurait-il été subtilisé ? Anderson affirme pouvoir le prouver mais, semblant effrayé, interrompt la conversation subitement et laisse Roxane en plan.
© Taymans – Editions du Tiroir
En retournant à son hôtel, Roxane découvre un paquet qui a été laissé à son attention. Il contient un doigt momifié ! D’après la description du réceptionniste, le dépositaire serait Anderson en personne. Ce dernier ne pourra pas le confirmer, il est mort, soi-disant tombé d’un balcon. Ce doigt confié à Roxane serait le véritable doigt de la relique. Anderson voulait que Roxane l’aide à retrouver le reste de la main pour la faire analyser et prouver l’existence du yéti. Elle est à présent chargée de rencontrer un enquêteur qui était en charge du vol du reste de la main au monastère en 1993, et depuis mis à la retraite forcée. Les tribulations de Roxane Leduc au Népal ne font que commencer. Elle a mis le doigt (de yéti) dans un engrenage mortel.
© Taymans – Editions du Tiroir
Tout comme Tintin au Tibet, Roxane va-t-elle croiser le yéti ? Elle va en tous cas devoir affronter des êtres bien plus dangereux : des humains qui n’ont pas peur de tuer pour pouvoir assouvir leurs convoitises. Au-delà du mythe du yéti, André Taymans ouvre le champ des possibles : la main de Pangboche permettrait d’entrer dans l’Agartha, un royaume souterrain qui reliait tous les continents. Comme on l’entendra le dire elle-même, Roxane va se retrouver à nager en plein Blake et Mortimer. Après le final que l’on se gardera bien de dévoiler, après le mot fin, on peut découvrir dans une planche crayonnée un grand moment d’émotion et d’espoir après un événement réel qui s’est passé au Népal en 2015.
© Taymans – Editions du Tiroir
Conformément à une partie de leur concept, les éditions du Tiroir remettent sur le devant de la scène des aventures qui en valent le coup. Avec son scénario intelligent basé sur une anecdote authentique, La main de Pangboche est de celles-ci. C’est la réédition en intégrale d’une histoire en deux parties publiées chez Paquet. Roxane avait vécu une autre histoire avant. Espérons qu’on pourra bientôt la relire aussi avant de, pourquoi pas, la découvrir dans de nouvelles aventures.
Laurent Lafourcade
Titre : La main de Pangboche
Scénario, Dessins & Couleurs : André Taymans
Éditeur : Editions du Tiroir
Collection : Roman
Genre : Thriller
Nombre de pages : 96
ISBN : 9782931251454
Prix : 18 €
"-Je vous offre quelque chose ? J’aime beaucoup ce que vous faites à « 24 heures sur la une ». que préparez-vous en ce moment ?
-Un sujet qui me tient à cœur… J’attends pour ça les chiffres de l’année passée de la mortalité routière. Il se dit que ça pourrait être terrifiant… Et justement, je voudrais m’adjoindre les services d’un journaliste auto spécialisé… Vous avez ça ?"
1973. Le nombre de tués sur les routes de France va bientôt être dévoilé et il s’annonce alarmant. Il y a de plus en plus de victimes et il est temps que les pouvoirs publics et la population prennent conscience qu’il faut agir. La journaliste Louison Bobard le sait bien. Elle a été victime d’un grave accident il y a quelque mois dans lequel son passager a perdu la vie. En ces temps-là, la ceinture de sécurité n’est pas obligatoire et la vitesse n’est pas limitée comme aujourd’hui. Quand le patron du Regard, le journal pour lequel elle travaillait l’appelle, pas question pour Louison de couvrir à nouveau le Tour de France ou autres courses cyclistes. Mais c’est tout autre chose qu’il lui propose.
© Bazile, Magne - Editions du Tiroir
La prévention routière prévoit d’embarquer à bord de deux Renault 16 orangées une équipe composée d’un technicien, d’un médecin, d’un gendarme et d’un passager candide afin de sillonner les routes de France pour noter les points à améliorer, constater les aménagements routiers à perfectionner et relever les comportements inadaptés des conducteurs. Après réflexion, Louison accepte le rôle de la passagère.
D’un autre côté, afin de secouer les esprits, la première chaîne de télévision demande à Yves Remington de réaliser un reportage qui ferait bouger les choses. Le patron ne veut pas montrer de vrais accidents. C’est trop choquant. Il faut trouver l’idée. 16 620 morts sur les routes, c’est l’équivalent d’une ville comme Mazamet. Et si l’on parvenait à filmer cette population comme si tout le monde était décédé ?
© Bazile, Magne - Editions du Tiroir
Bien qu’une légère intrigue va venir interférer le récit, la série est avant tout une série d’ambiance et d’époque. On connaît l’amour de Bruno Bazile pour les bagnoles, le cyclisme et Maurice Tillieux. On connaît la fin tragique de Maurice Tillieux, génial auteur de bande dessinée, créateur du détective Gil Jourdan, disparu dans un accident de la route en 1978. Comme pour essayer de changer le cours de l’Histoire, Bazile met en scène une campagne choc d’amélioration de la sécurité routière en 1973. Voici un genre de récit que l’on n’avait jamais lu. Avec le recul, il reste d’actualité car la sécurité routière est quelque chose qui peut, qui doit sans cesse progresser. Le scénario est original, percutant, à la fois classique et inédit avec un côté vintage. Le trait jeté de Bruno Bazile accélère l’action et dynamise les bolides sans protections.
© Bazile, Magne - Editions du Tiroir
10 minutes de silence, c’est le temps de filmer les victimes, comme si toutes étaient de Mazamet. Si cet album sauve une seule personne sur la route cinquante ans après, il aura atteint son but. Et si quelque chose est encore vivant en bande dessinée, c’est la bonne BD à la Tillieux. Les créateurs de héros ne meurent jamais.
Laurent Lafourcade
Série : Une histoire vécue par Louison Bobard
Tome : 2 – 10 minutes de silence
Scénario & Dessins : Bruno Bazile
Couleurs : Yves Magne
Éditeur : Editions du Tiroir
Collection : L'aventure
Genre : Journalisme
Nombre de pages : 48
ISBN : 9782931251355
Prix : 16 €
Comme l'annonce le bandeau de présentation, "Tout savoir sur la création des Aventures de Tintin et sur l'univers d'Hergé", ce 10e opus va nous plonger dans les entrailles d'un album hors norme à bien des niveaux : "L'Etoile Mystérieuse"
Bien que sa prépublication, à partir de 1942, dans Le Soir ne soit pas encore achevée, Hergé retravaille au fur et à mesure sa structure, sa mise en page et sa version "couleurs" afin d'arriver au désormais classique de 62 pages.
Désormais, les albums de Tintin entreront dans leur format définitif.
10e opus sur les 23 prévus, Philippe Goddin décortique de façon quasi chirurgicale chaque planche, chaque strip, chaque case de cette aventure scientifique frisant le fantastique ! Le tout en les resituant dans leur contexte historique compliqué.
C'est ainsi que nous constatons que pour bien comprendre sa genèse et son déroulé créatif, il faut accepter de le juger comme une mutation formelle et une ambivalence éthique dans l’œuvre d’Hergé
La première du genre pour Tintin !

© Hergé - Tintinimaginatio 2026
Mais d'autres premières y sont également à relever. Parmi elles, si "Le Crabe aux pinces d'or" avait vu l'apparition du capitaine Haddock, "L'Etoile mystérieuse" voit son statut passer de simple personnage à co-héros ! Inestimable et fidèle ami à la vie, à la mort, il est officiellement présenté comme ...
"Enfin, le capitaine Haddock, Président de la L.M.A. (Ligue des marins Antialcooliques) aura le commandement du navire "L'Aurore" à bord duquel s'embarquera l'expédition."
Strip H-32, Le Soir, 27 septembre 1941

© Hergé - Tintinimaginatio 2026
Rempli de petites anecdotes et détails, Philippe Goddin met en exergue unesérie d'éléments intéressants et souvent inconsciemment "ignorés" des lecteurs.
Pour n'en citer que deux ou trois.
"L'hydravion amerrit à proximité : Milou rejoint son maître non sans douleur. Tintin se voit remettre quelques frugales provisions alimentaires. Une pomme, quelques biscuits et de l'eau : voilà de quoi tenir en trois en attendant l'arrivée de l'Aurore, ralenti par une avarie de machines.
Ce repas sommaire illustre bien la singularité du jeune reporter-aventurier : il n'accorde guère de temps aux plaisirs de la table. L'urgence de l'action prime sur la gastronomie."
Ou encore :
"Cafouillage au Soir : le 27 avril, le strip H-158 de "L'Etoile mystérieuse" paraît en lieu et place du H-156. Tant pis : l'album remettra les choses dans l'ordre."
Publié en 1942, "L’Étoile mystérieuse" marque clairement une rupture dans la série "Tintin". En plus d'instaurer un nouveau format graphique et d'introduire le fantastique dans ses aventures, cette rupture s’accompagne d’une intensification thématique autour de la science, du savoir et de ses détournements économiques et politiques.
N'hésitant pas à se laisser influencer par l'actualité même anecdotique, Hergé adapte parfois son scénario aux événements. Comme l'explique Philippe Goddin ...
"Peu avant le 8 avril, la "petite Gazette" du Soir consacre un court article à la croissance rapide de certains champignons non comestibles, qui finissent par éclater en ne laissant qu'un peu de poussière. L'idée fait son chemin, semble-t-il : on la retrouve dans les strips que publie le quotidien, à partir de cette date."
Mais comme s'interroge Goddin lui-même :
"Pour Hergé, n'est-ce pas une métaphore qui exprime ses angoisses face à la guerre en cours ?"

(case extraite du bleu de coloriage, superposé du trait, de la planche 52 destinée à l'album couleur publié en 1942)
© Hergé - Tintinimaginatio 2026
Dès lors, l’album représente à la fois une maturation formelle (couleurs, mise en page, atmosphères) et une cristallisation des tensions morales du temps. Ces dernières, dont les traces artistiques et éthiques, sont indissociables du contexte de création (Occupation, préoccupations technologiques, stéréotypes culturels).
Philippe Goddin met parfaitement l'accent sur l’emploi intégral de la couleur et le format définitif des albums qui confèreront désormais aux albums futures une visibilité nouvelle. La couleur n’est pas seulement ornementale. Elle servira clairement à construire des ambiances (lumières polaires, la boule de feu) et dans une certaine limite à moduler la perception du réel/irréel.
Au fur et à mesure de cette dissection, nous comprenons mieux comment Hergé multiplie les procédés visuels (plans superposés, jeux de perspective, vignettes hallucinatoires) pour provoquer une tension entre réalisme documentaire et séquences rêveuses, renforçant l’atmosphère apocalyptique.

© Hergé - Tintinimaginatio 2026
L'une des grandes forces d'Hergé est d'utiliser le feuilleton pour créer une attente continue. Cet album raconte finalement une course contre la montre. Il se projette dans l'urgence comme un ressort dramatique.
Nous pourrions le classer entre récit d’aventure et fable psychologique.
Recadrant historiquement ce récit et surtout sa publication aussi bien en feuilleton pendant l’Occupation qu'en album ensuite, l’œuvre s’inscrit dans un climat politique sensible. Il est évident que certaines figures et éléments graphiques ont été vus comme empruntant aux stéréotypes antisémites ou antifrançais/américains de l’époque.
A la lecture de l'analyse proposée par Philippe Goddin, nous comprenons que ce 10e opus est un ouvrage pivot. Modernisant la forme bande dessinée tout en posant des questions éthiques et historiques lourdes, sa force tient à l’articulation entre innovations formelles et matériaux thématiques d’actualité (science, propriété, rivalités internationales).
Parallèlement à cela, c’est aussi un texte marqué par les contradictions de son temps, notamment dans certaines représentations stéréotypées.

© Hergé - Tintinimaginatio 2026
Pour la suite des parutions, le volume 11 sera évidemment le tonitruant "Le Secret de La Licorne" ! La chasse au trésor, les corsaires, les trois-mâts, les batailles navales et toutes les aventures qui s'en suivront, faisant rêver des générations de jeunes lecteurs au monde de la flibuste et de la piraterie !
Déjà impatient d'en découvrir les secrets et trésors inestimables cachés dans ces planches mythiques !
Thierry Ligot
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Collection : Tintin Hergé - Les Coulisses d'une œuvre
Tome : 10 - L'Etoile Mystérieuse
Scénario - dessin : Hergé
Commentaires - étude : Philippe Goddin
Avec la participation de : Dominique Maricq
Éditeur : Éditions Moulinsart / Prisma
Parution : 29/4/2026
Format : 26,1 x 26,1 x 1,3 cm
Pages : 96
ISBN : 978 2 81044 348 2
Prix : 19,95 €
Perdus (pour de bon) à la rédaction
Après s’être perdus à la plage, en sortie scolaire, à la fête foraine, à l’hôpital, à la piscine et dans plein d’autres endroits, les enfants de Pochep et Mandel se paument à la rédaction du journal. Sauf que là, ils ont l’air d’être perdus pour de bon. La preuve, ils ne trouveront pas la sortie dans ce numéro : l’histoire est à suivre.
Pendant ce temps, les lecteurs, et pas seulement les abonnés, vont confectionner un mini-récit. Cette fois-ci , c’est une enquête des désormais célèbres Marc et Pep par Nicoby.
Spirou, ami, partout, toujours.

© Nicoby - Dupuis
Histoires à suivre :
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Perdus à la rédac |
Pochep / Mandel / Chesneau |
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Si je t’écris… |
Bodart / Zabus |
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Sœurs Grémillet (Les) : Le jeu des masques |
Barbucci / Di Gregorio |
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Starlight 1 : Partie 1 |
Cardona / Torta |
Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :
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Des gens et inversement (La pause-cartoon) |
Berth |
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Edito (L’) |
Erre / Fabcaro / Greff |
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Elliot au collège |
Grosjean / Mallo |
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Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon) |
Lécroart |
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Filles (Les) |
Nob |
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Fish n chips (La pause-cartoon) |
Tom Bonis |
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Game over |
Adam / Patelin / BenBK |
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Huguette & Croquette |
Théoschu |
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Kid Paddle |
Midam / Dairin / Benz / Angèle |
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Nelson |
Bertschy |
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Spoirou & Fantasperge (Marges) |
Sti |
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Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac) |
Libon / Salma |
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Tash & Trash (La pause-cartoon) |
Dino |
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Willy Woob |
Moog / Bernstein |
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Working Dead |
Lory / Dubuisson |
Rubriques :
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En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine) |
Saive / Bercovici |
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En direct du futur : Festival Spirou All Stars |
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Interview : Dans la tête de… |
Pochep |
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Jeux : L’édition Spirou All-Stars |
Frefon |
Supplément :
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Mini-récit : Marc & Pep Enquête de haut vol |
Nicoby |
En kiosques et librairies le 13 Mai 2026
3,20 €
Laurent Lafourcade
"Moscou, mars 1991,
En peu de mois, tout cela a été balayé. Les nouveaux héros, les banquiers et les top-modèles, ont imposé leur domination et les principes sur lesquels était fonde l'existence de trois cents millions d'habitants de l'URSS ont été renversés. Ils avaient grandi dans une patrie et se retrouvaient soudain dans un supermarché.
Mon père voulait que je devienne diplomate. Il me voyait déjà dans un salon de Vienne ou de Paris, occupé à disséquer la littérature russe en compagnie de quelque vieil ambassadeur.
Ce que je voulais, moi, en revanche, c'était me débarrasser une fois pour toutes du monde des intentions, des devoirs et des projets. C'est pourquoi je me suis inscrit à l'Académie d'Art Dramatique de Moscou et j'ai commencé à vivre la vie désordonnée des théâtreux."
Ainsi débute l'adaptation BD du roman éponyme de Giuliano da Empoli, "Le Mage du Kremlin" (2022) !
Best-seller littéraire (Grand Prix du roman de l'Académie française), il a, l'an dernier, connu son adaptation cinématographique, avec Paul Dano, Jude Law et Alicia Vikander.
da Empoli dans sa narration mélange adroitement réalité historique et fiction afin de décrypter les mécanismes du pouvoir sous le règne du "Tsar" Vladimir Poutine !
Centré sur les confidences du personnage central, Vadim Baranov, ce dernier est largement inspiré de Vladislav Sourkov, la réelle éminence grise de Poutine. Il n'a d'ailleurs pas usurpé son surnom de "vizir" ou de "marionnettiste", notamment dans son rôle lors de la création de la "démocratie souveraine", à la sauce russe.

© Jacamon - da Empoli - Casterman 2026
S'appuyant sur son passé de metteur en scène et de producteur au théâtre comme à la télévision, le héros s'évertue à transformer la vie politique russe en un spectacle permanent ... où la vérité devient ... comme dans toute bonne représentation ... malléable aux yeux du public ... et ici du monde !
"Que dirais-tu de cesser de créer des fictions ... pour commencer à créer la réalité ?"
Et même si il comprend immédiatement que "l'acteur" retenu ne sera pas aussi docile que cru, il va accepter de rentrer dans ce nouveau cirque ...
"Durant notre rencontre, il m'est apparu évident que Poutine ne serait pas homme à se laisser guider pas à pas tel que le lui suggérait Boris, et je n'eus pas longtemps à attendre pour voir mes doutes confirmés.'
Et il s'en accommodera parfaitement car au fond de lui, il ne croit en rien, n'est pas poussé par des envies d'enrichissements personnels ou d'appâts du gain. Non, son moteur à lui est "simplement" l'efficacité du chaos et du récit à offrir au peuple.
Mais face à Baranov, se dresse Ksenia. Elle est le contrepoint humain et émotionnel au cynisme politique de son amant. Elle ramène sur terre celui pour qui tout ne serait que "variables prévisibles" ! Pour elle, l'imprévisible reste dans l'intimité et la liberté vue par chacun.

© Jacamon - da Empoli - Casterman 2026
Œuvre à double face, Luc Jacamon réussit à scénariser ce roman pour lui conserver à la fois son visage politique et sa chronique sur la montée en force puis la main mise sur le pouvoir par Vladimir Poutine dans la Russie post-soviétique.
L'une des grandes qualités de cet album est de tenter de transposer toute l'intensité du roman, ses monologues et réflexions dans une mise en page captivante respectant néanmoins la froideur quasi cliniques des personnages et du Kremlin. Exercice pas évident ... et qui laisse parfois sur le côté une certaine dimension philosophique sur la "démocratie souveraine" voulue par le Tsar ! Nous y retrouvons les principaux moments clés : l'instrumentalisation de la guerre en Tchétchénie pour arriver au pouvoir, la perte du sous-marin Koursk, la prise de le Crimée, le déclenchement de la guerre en Ukraine, sans oublier l'ascension puis la mise au pas des oligarques, tel Boris Berezovsky, Mikhaïl Khodorkovski, Evgueni Prigojine, ...
Une succession d'événements mais sans trop rentrer dans les détails ...
Cela peut néanmoins se comprendre par l'impératif du nombre de pages ! 140, ce qui est déjà assez conséquent !

© Jacamon - da Empoli - Casterman 2026
Le parallèle avec la série "Le Tueur" est dès lors plus qu'intéressant. Pour utiliser un terme à la mode, je dirais que le choix de Jacamon pour cette adaptation est presque "méta". Dessinateur habitué aux tueurs à gages et aux ambiances de polars sombres, il excelle dans les univers froids, tendus, dominés par des personnages calculateurs et détachés émotionnellement. Son style réaliste donne ici beaucoup de crédibilité au récit.
C'est ainsi qu'il réussit ici largement à prodiguer à l'album cette atmosphère froide et lourde, sans faille, ni sentiment que nous retrouvons dans la politique russe ... et de Poutine en particulier. Luc la traite comme une série de contrats et d'exécutions (parfois littérales, souvent symboliques).
En 144 planches superbes, nous sommes immergés dans le spectacle du pouvoir. Pourtant, une question pourrait demeurer : quel était le réel "moteur" idéologique de Baranov ... Sourkov ?
Est-ce finalement son paradoxe : un metteur en scène qui, à force de tout transformer en décor de théâtre, finit par vider la politique de son sens.
"Au milieu de tous ces changements, nous ne sommes pas entraînés à distinguer les choses qui restent les mêmes ... Les choses qui ne changent pas sont presque toujours les plus importantes."
Autre qualité indiscutable de cette album, la réussite de Luc à dessiner admirablement les décors. Qu'ils soient enneigés ou non, ils apportent à l'ensemble de la narration ce petit plus qui la rend effroyablement efficace. Ceci à un tel point que le texte passe parfois au second plan !

© Jacamon - da Empoli - Casterman 2026
A la fois, thriller politique et réflexion sur le cynisme du pouvoir de Poutine, cet album nous permet probablement de mieux appréhender la "substantifique moëlle" qui guide la géopolitique russe d'aujourd'hui.
'Poutine est un Tchékiste, Vadia : de la race la plus féroce, celle qui ne fume ni ne boit ! Ce sont les pires, parce qu'ils cultivent les vices les plus cachés. Il mettra la Russie aux fers."
Thierry Ligot
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Titre : Le Mage du Kremlin
D'après : le roman éponyme de Giuliano da Empoli
Dessin, couleurs et adaptation : Luc Jacamon
Collaboration au scénario : Théa da Empoli
Éditeur : Casterman
Genre : thriller géopolitique, biographie, histoire
Thèmes : politique, Russie, pouvoir, Poutine, littérature
Public : au-dessus de 14 ans
Parution : 29 avril 2026
Pages : 144
Format : 18,4 x 26 cm
ISBN : 978 2 2032 9662 6
Prix : 24 €
| © BD-Best v3.6 / 2026 |