Information générale concernant le monde de la BD
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Depuis le 12 octobre 1939, Moscou est en pourparlers avec Helsinki afin d'obtenir notamment de nouveaux territoires garantissant sa propre protection. Helsinki rejette toutes les propositions russes. La tension monte entre les 2 capitales.

Le 26 novembre, une salve d'artillerie finnoise tue plusieurs soldats russes sur la frontière de l'isthme de Carélie. La Finlande refusant de retirer ses troupes de la frontière, chose exigée par Staline, ce dernier utilise ce prétexte pour rompre tous les accords liant les 2 pays ...

Et le 30 novembre 1939, la Russie soviétique envahit la Finlande. La guerre finno-russe, désignée plus fréquemment la "Guerre d'Hiver" est déclarée ...

Elle s'achèvera le 13 mars 1940 après une résistance héroïque de l'armée finlandaise, seule face à l'ogre soviétique. Par le traité de Moscou y mettant fin, la Finlande devra céder notamment un dixième de son territoire.

 

De nombreux actes héroïques eurent lieu durant ce conflit. Et certains parfois "solitaires" ...

 

 

© Kid Toussaint - Holgado - Blanchard - Grand Angle 2026

 

Avec "Mort Blanche", Kid Toussaint et Iñaki Holgado proposent un récit de guerre qui mêle habilement réalité historique et fiction. L'album plonge le lecteur au cœur de la guerre d'Hiver.

À travers le destin de Riku, jeune Finlandais devenu un tireur d'élite redouté, les auteurs s'intéressent autant aux ravages du conflit qu'à la construction d'une légende nourrie par la peur, la solitude et la violence.

 

« Ses frères d’armes tiennent les comptes de ses cibles.
Et on peut dire qu’il fait des dégâts.
Les soviétiques l’ont surnommé « Mort blanche ».
Ils ont mis sa tête à prix, et ont même formé un escadron pour l’arrêter.
»

 

L'ouvrage trouve son origine dans deux figures historiques fascinantes.

D'un côté, Simo Häyhä, le célèbre sniper finlandais surnommé « la Mort Blanche » par ses ennemis soviétiques.

De l'autre, Hiroo Onoda, soldat japonais qui continua à se considérer en guerre durant plusieurs décennies après la capitulation du Japon.

Kid Toussaint fusionne librement ces deux destins exceptionnels pour créer un personnage fictif, Riku, dont l'existence devient progressivement une réflexion sur l'obsession guerrière et l'incapacité à retrouver une vie normale après les combats.

 

© Kid Toussaint - Holgado - Blanchard - Grand Angle 2026

 

L'album développe plusieurs thèmes forts. La violence est omniprésente, d'abord à travers l'enfance de Riku, élevé par un père brutal qui confond apprentissage et maltraitance.

 

" - Garde les deux yeux ouverts pour viser. [...] Garde les deux yeux ouverts, bon sang !

- Arrête ... arrête, papa, tu me fais mal !"

 

Cette éducation laisse des traces profondes et participe à façonner un homme capable d'endurer l'impensable.

 

" - T'as quoi sous les yeux ?

- Quoi ? ... Euh ... Rien !

- C'est encore une fois ton père, pas vrai ? Comme la fois où il t'a cassé le bras ... ou la semaine dernière quand Eiki n'est pas venu à la messe parce qu'il ne pouvait plus s'asseoir tant ton père l'avait frappé !"

 

La guerre agit ensuite comme un révélateur, transformant un jeune homme fragile en une machine à tuer redoutablement efficace. Mais derrière les exploits militaires se cache surtout une réflexion sur la perte des repères, la solitude et l'effacement progressif de l'humanité chez ceux qui vivent trop longtemps dans la violence.

 

© Kid Toussaint - Holgado - Blanchard - Grand Angle 2026

 

L'un des points forts de l'album réside dans son cadre historique. La guerre d'Hiver demeure relativement peu représentée en bande dessinée, alors qu'elle constitue un épisode marquant du XXe siècle. L'opposition entre l'immense puissance soviétique et la résistance acharnée des Finlandais offre un terrain idéal pour mettre en scène des combats de guérilla dans des paysages enneigés où chaque arbre peut dissimuler un ennemi. Cette toile de fond donne à l'histoire une atmosphère singulière et immersive.

 

© Kid Toussaint - Holgado - Blanchard - Grand Angle 2026

 

Sur le plan scénaristique, Kid Toussaint construit un récit fluide et accessible qui alterne scènes de guerre et retours sur le passé du personnage principal. Cette construction permet de comprendre progressivement comment Riku est devenu cet homme traqué autant par ses ennemis que par ses propres souvenirs.

 

 

Le décompte régulier des victimes abattues, affiché au fil des pages, 544 au total, renforce la dimension presque mythologique du personnage tout en soulignant la déshumanisation progressive qu'entraîne la guerre.

 

" - Mort Blanche ... Tu as tué tellement de gens.

- Je n'ai fait que mon devoir.

- Ça t'a fait quoi ?

- Rien. Ça ne me fait rien. Je défends notre ville, notre pays, ma vie ..."

 

Il est à noter d'ailleurs que ce décompte débute à "2" ! Quel est donc le premier ? Qui était sa première fois ? Le lecteur a le droit de l'imaginer tout au long du récit ... jusqu'à sa réponse dans les dernière page ... avant un clifhanger "réhumanisant" (ou non) Riku !

 

Le récit sait également maintenir une tension constante grâce aux nombreuses embuscades et opérations clandestines.

 

 

Toutefois, le scénario prend dans sa dernière partie une direction plus romanesque qui pourra diviser les lecteurs. En cherchant à prolonger la trajectoire de son héros bien au-delà de la guerre d'Hiver, l'auteur s'éloigne davantage du réalisme historique pour explorer une dimension plus symbolique. Cette évolution a le mérite d'approfondir les thèmes de l'isolement et de l'obsession, même si elle peut parfois donner l'impression d'un basculement un peu abrupt par rapport à l'approche initiale du récit.

 

 

© Kid Toussaint - Holgado - Blanchard - Grand Angle 2026

 

Graphiquement, Iñaki Holgado livre une prestation particulièrement convaincante. Son dessin semi-réaliste offre une lecture claire et efficace, tout en accordant une grande importance aux expressions des personnages.

L'évolution physique de Riku apparaît avec beaucoup de subtilité : le jeune garçon timide des premières pages laisse progressivement place à une silhouette dure et marquée par les épreuves.

Les scènes de combat sont dynamiques et parfaitement lisibles, sans jamais sombrer dans la surenchère spectaculaire.

 

Les environnements constituent également l'une des grandes réussites de l'album. Les forêts enneigées, les lacs gelés et les étendues blanches deviennent de véritables personnages du récit. Holgado parvient à restituer la rudesse du climat nordique et l'immensité des paysages finlandais.

 

Le travail des couleurs, assuré par Raphaël Bauduin et Anaïs Blanchard, joue un rôle essentiel dans cette immersion. Les teintes froides dominent naturellement l'ensemble, tandis que les explosions, les incendies et le sang viennent ponctuellement rompre cette blancheur glaciale, accentuant la brutalité des affrontements.

 

 

© Kid Toussaint - Holgado - Blanchard - Grand Angle 2026

 

Au final, Mort Blanche se révèle être une bande dessinée solide et ambitieuse. En s'appuyant sur des figures historiques réelles tout en assumant sa part de fiction, l'album interroge la fabrication des héros de guerre et le coût humain de leurs exploits.

Malgré quelques facilités dans sa conclusion, il séduit par son contexte historique original, la profondeur de ses thèmes et la qualité de sa réalisation graphique.

 

 

 

Une lecture prenante qui rappelle que derrière chaque légende militaire se cache souvent un homme hanté par ce qu'il a vécu et par ce qu'il a été contraint de devenir.

 

 

 

Thierry Ligot

 

_____________________________________________________________________________________________________-

 

Titre : Mort Blanche

Scénario : Kid Toussaint

Dessin : Iñaki Holgado

Couleurs : Raphaël Bauduin

Aplats : Anaïs Blanchard

Éditeur : Bamboo

Label : Grand Angle

Type : one-shot

Genre : aventure, guerre

Thèmes : courage, solitude, honneur, traumatisme, Russie, Finlande

Parution : 25 février 2026

Format : 24,3 x 32,1 cm

Page : 64

ISBN : 979 1 0411 1037 7

Prix : 15,90 €



Publié le 23/08/2026.


Source : Bd-best


S'il est bien une aventure de Tintin qui m'a, dans ma jeunesse, impressionné c'est bien le diptyque "Le secret de la Licorne" et "Le trésor de Rackham le Rouge" !

 

Avec le onzième volume de la collection "Les Coulisses d'une œuvre", publié par Prisma et Moulinsart, les lecteurs sont invités à redécouvrir l'un des albums les plus marquants de la saga de Tintin : "Le Secret de la Licorne". Prépublié dans les pages du Soir volé entre le 11 juin et 5 juillet 1942, puis entre le 16 juillet et le 14 janvier 1943, en 174 strips noir et blanc, ce récit représente une étape décisive dans l'évolution narrative d'Hergé.


Sa mise au format album avec la réalisation des bleus de coloriage, eux, datent de cette année 1943.

 

 

 

Plus qu'une simple chasse au trésor, cette aventure combine enquête policière, fresque maritime et quête identitaire dans un récit d'une remarquable maîtrise, conçu dès le départ pour se prolonger dans "Le Trésor de Rackham le Rouge".

Ce premier diptyque de la série ouvrira la voie à d'autres grandes aventures en deux parties, devenues parmi les plus célèbres de l'œuvre. Pensez notamment à "Les 7 boules de cristal" / "Tintin et le temple du Soleil" et surtout aux mythiques "Objectif Lune" / "On a marché sur la Lune" !

 

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio 2026

 

L'album repose sur une intrigue d'une efficacité remarquable. Tout commence par un objet apparemment insignifiant : une maquette de trois-mâts achetée par Tintin pour l'offrir au capitaine Haddock.

 

" - Dis donc, Milou, voilà un joli navire. Il est très beau. J'ai bien envie de l'acheter et de l'offrir au capitaine haddock ..."

 

Lorsque plusieurs inconnus cherchent à tout prix à s'en emparer, le mystère s'épaissit et entraîne les héros sur les traces de l'énigmatique Licorne, navire commandé autrefois par le chevalier François de Hadoque.

 

Derrière la recherche d'un trésor enfoui se dessine alors une histoire familiale qui permet à Haddock de découvrir ses propres origines. Cette dimension personnelle donne une profondeur nouvelle au personnage et contribue à l'une des grandes forces de l'album.

 

 

En effet, "Le Secret de la Licorne" marque un tournant dans le rôle du capitaine Haddock. Apparue quelques albums plus tôt, la figure du marin colérique et attachant cesse ici d'être un simple compagnon d'aventure pour devenir l'un des véritables piliers de la série. Son passé, sa lignée et son héritage occupent désormais le cœur du récit. Cette évolution renforce considérablement la dynamique du duo qu'il forme avec Tintin et annonce la place centrale qu'il occupera dans les albums suivants.

 

© Hergé - Tintinimaginatio 2026

 

Le volume consacré aux coulisses de l'œuvre met également en lumière l'apparition d'éléments appelés à devenir emblématiques. C'est notamment dans cette aventure que les lecteurs découvrent pour la première fois le château de Moulinsart, futur point d'ancrage de l'univers tintinesque.

Inspiré du château de Cheverny, Hergé en simplifie volontairement l'architecture en supprimant les ailes latérales pour ne conserver que le bâtiment central. L'album introduit aussi Nestor, discret mais indispensable majordome dont la présence deviendra familière aux amateurs de la série.

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio 2026

 

L'un des aspects les plus passionnants de cet ouvrage réside dans l'exploration du travail documentaire d'Hergé. Le dessinateur se montre particulièrement exigeant lorsqu'il s'agit de représenter les navires et l'univers maritime. Depuis les débuts de Tintin, les embarcations occupent une place essentielle dans son imaginaire, mais jamais encore elles n'avaient été aussi centrales. Plans de voiliers, ouvrages spécialisés, iconographie historique : l'auteur accumule les références afin de donner crédibilité et précision aux scènes de navigation, de combat naval et d'abordage. Cette rigueur contribue à l'impression de réalisme qui caractérise l'aventure.

 

Le livre rappelle également que l'album est conçu dans un contexte particulièrement difficile. En pleine Occupation, Hergé doit composer avec les restrictions matérielles, notamment les pénuries de papier qui affectent la presse et l'édition. Pourtant, ces contraintes n'altèrent en rien son ambition narrative. Soucieux d'éviter tout affrontement direct avec la censure, il privilégie une aventure intemporelle, tout en laissant transparaître discrètement certains aspects du quotidien bruxellois de l'époque. L'absence fréquente d'automobiles dans les rues ou encore la présence de nombreux voleurs à la tire constituent ainsi des échos subtils à une réalité que les lecteurs de l'époque connaissaient bien.

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio 2026

 

L'ancrage belge de l'album apparaît d'ailleurs comme l'un de ses charmes les plus durables. La célèbre scène du marché aux Puces plonge le lecteur dans une atmosphère typiquement bruxelloise. Ceci avec un brin d'humour lorsque Milou se gratte entre les travées !

Hergé y observe la vie quotidienne tout en enrichissant son récit de détails familiers. Plusieurs expressions et références locales seront même adaptées dans les éditions ultérieures afin d'être mieux comprises par un public international de plus en plus large.

 

"Allez, c'est bon ... 40 francs et il est pour vous." devenant "C'est entendu ... 40 francs et il est à vous."

 

Tout comme : "Ça veut juste réussir, monsieur ! Je viens de le vendre à ce jeune homme ..." réécrit plus tard : "Je regrette, monsieur ! Je viens de le vendre à ce jeune homme."

 

 

Cette nouvelle livraison des Coulisses d'une œuvre s'attarde enfin sur les nombreuses inspirations de l'auteur, dévoilant croquis préparatoires, esquisses et documents qui ont nourri sa création. Elle met également en lumière les innovations graphiques et scénaristiques que Hergé apporte à son style !

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio 2026

 

La narration de Haddock du combat de son aïeul contre les pirates de Rackham le Rouge en mêlant présent et passé est impressionnante. Superposant Haddock et Hadoque, le lecteur est projeté au milieu même de l'action. Une immersion totale captivante !

 

À l’instar des volumes précédents, les auteurs retracent l’origine de certains personnages en identifiant les proches et connaissances d’Hergé qui les ont inspirés. Ils s’intéressent également aux lieux ayant servi de modèles pour les décors, ainsi qu’aux nombreuses modifications et corrections apportées au fil des rééditions.

Ces documents permettent de mieux comprendre la méthode d'un créateur obsédé par la clarté du récit et la précision du dessin.

 

Évidemment, impossible ici de révéler l'ensemble des anecdotes ou informations diverses reprises et expliquées dans ce volume. Le plus simple est d'y plonger avec l'album à côté pour une relecture éclairée ...

 

 

© Hergé - Tintinimaginatio 2026

 

Au final, ce volume confirme pourquoi Le Secret de la Licorne demeure l'un des sommets de la bibliographie d'Hergé. Par l'équilibre parfait entre suspense, humour, aventure et émotion, l'album marque l'entrée de Tintin dans une forme de maturité narrative.

Quant à cet opus consacré à sa genèse, il offre aux passionnés un éclairage précieux sur la fabrication d'un classique intemporel de la bande dessinée franco-belge, dont l'influence reste intacte plus de quatre-vingts ans après sa création.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Collection : Tintin Hergé - Les Coulisses d'une œuvre

Tome : 11 - Le secret de La Licorne

Scénario - dessin : Hergé

Commentaires - étude : Philippe Goddin

Avec la participation de : Dominique Maricq

Éditeur : Éditions Moulinsart / Prisma

Parution : 26/8/2026

Format : 25,5 x 25,5 x 1,3 cm

Pages : 88

ISBN : 978 2 81044 348 2

Prix : 19,95 €



Publié le 21/08/2026.


Source : Bd-best


Spirou : Les 6 sommaires du coeur de l'été

 

 

Pendant que nous étions en vacances, Spirou ne s'est pas reposé. Voici les sommaires des six numéros du coeur de l'été, du 15 juillet au 19 août. 

 

 

 

 

 

 

 

Spirou 4605 – 15 Juillet 2026

 

Imbroglio météo Des héros qui n’ont pas froid aux yeux !

  

Max Beaumont héberge Rose, sa jeune voisine. Il a longtemps été son baby-sitter. Sa mère ayant un travail très prenant et ne voulant pas que sa fille reste seule, une chambre pour elle a été aménagée chez Max. Avec son drone, elle a l’œil sur tout. Le trio décide d’aller chez Simon pour voir si sur son ordinateur il n’aurait pas d’autres photos du bandit. C’est là qu’ils surprennent un cambrioleur en flagrant délit. Celui-ci s’échappe avec le fruit de son larcin dans une étonnante tornade à l’intérieur même de l’appartement du journaliste. Il pleut dans son salon ! Quel imbroglio météo !

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Cavaliers de l’apocadispe (Les) sont hyper sages à la mer

Libon

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Pomès

Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide

Lambil / Neidhardt / Léonardo

 

 

Récit complet :

 

Ark Atlass

Peroz / Pujol / Christo

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Boulette

Picault / Trondheim / Findakly

Coin Perdu (Le)

De Souza

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La pause-cartoon)

Tom

Freuby (Le) (La pause-cartoon)

Gally

Gaston  

Delaf / Trondheim / BenBK 

Kid Paddle

Midam / Dairin / Patelin / Angèle

Nelson

Bertschy

Orbit 

Petrossi / Ronconi 

Spoirou & Fantasperge (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Willy Woob

Moog / Bernstein

Working dead

Lory / Dubuisson / Chesneau

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur, 3 infos, 2 vraies, 1 fausse & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Bernstein

En direct du futur : Mi-Mouche

 

Interview : Dans la tête de…

Nicoby

Interview : les strips du Coin perdu

De Souza

Jeux : Max Beaumont sur la piste de l’ordi 

Schmitt

Résultats du concours de dessins Gaston

 

Ta leçon de BD : Le scénario

Marko / Beka

Vacances de Jeanne (Les)

Delaf / Bocquet

 

 

En kiosques et librairies le 15 Juillet 2026

3,20 €

 

 

 

 

Spirou 4606 – 22 Juillet 2026

 

Les Tuniques Bleues lâchent les chevaux

  

Alors que Chesterfield cherche dans l’infirmerie si son camarade Blutch ne ferait pas partie des blessés ramenés de la dernière charge, ce dernier et son cheval Arabesque font les morts au milieu des cadavres sur le champ de bataille. Pendant que les confédérés inspectent les lieux de l’assaut, Arabesque se relève et tombe en pamoison devant Traveller, le cheval du Général Lee. Après avoir tenté de la chasser, le gradé, n’ayant pas le cœur de séparer les tourtereaux, décide de la ramener au camp avec eux. Ça fera toujours une monture de plus pour la cavalerie. Observant discrètement la manigance, Blutch, fusionnel avec sa bête, n’a pas l’intention de laisser faire. En pleine nuit, il la récupère. Mais, deux problèmes : Traveller, cheval amoureux, file avec eux, et Cancrelat tente de les rattraper. Ça, c’est le tout début de la soixante-dixième aventure des Tuniques Bleues qui se poursuit cette semaine !

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Cavaliers de l’apocadispe (Les) sont hyper sages à la mer

Libon

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Louis

Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide

Lambil / Neidhardt / Léonardo

 

 

Récits complets :

 

Au coin de ma rue : Le figurant

Bodart / Zabus / Turon

Au coin de ma rue : L’espion

Clérisse / Zabus / Turon

Perdus à l’aéroport

Pochep / Mandel / Chesneau

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Ecole des mauvais parents (L’) 

De Poortere 

Edito (L’)  

Erre / Fabcaro / Greff  

Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons 

Muñoz / Thibaut-Jouvray 

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La pause-cartoon)

Tom

Freuby (Le) (Marges)

Sti

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Huguette & Croquette  

Théoschu  

Kid Paddle

Midam / Dairin / Patelin / Angèle

Nelson

Bertschy

Pendant de temps, au Coin Perdu

De Souza

Pernille  

Trichet / Dav / Esteban 

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La pause-cartoon) 

Dino  

Titan Inc. 

Boisteau /Martin 

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Sti

En direct du futur : Oui, votre voix compte

 

Interview : L’arrière-boutique

Neidhardt

Jeux : L’amour est dans les prés

Frefon

Ta leçon de BD : La composition

Marko / Loisel

Vacances de Jeanne (Les)

Delaf / Bocquet

 

 

Supplément abonnés :

 

Stripbook : Bienvenue en enfer

 

 

 

En kiosques et librairies le 22 Juillet 2026

3,20 €

 

 

 

 

 

Spirou 4607 – 29 Juillet 2026

 

Entrez sur le ring avec Mi-Mouche

 

Elle s’appelle Colette. Elle a quatorze ans et a perdu sa sœur jumelle Lison. Sa mère la saoule pour qu’elle fasse de la danse comme sa sœur en faisait, mais elle préfère la boxe. Elle cohabite avec son ombre qui lui parle depuis la mort de sa sœur. Harcelée par Astrid, la caïd du collège, elle a ainsi des armes pour se défendre. Elle prend sa vie en mains et avance coûte que coûte. Si sa mère n’est pas ravi, son père, lui, soutient ses choix. A présent, c’est l’heure de son tout premier combat sur le ring. Véro Cazot et Carole Maurel sont de retour pour le troisième tome de Mi-Mouche.

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Orbit : Opération poulailler

Petrossi / Ronconi

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Gally / Cazot

Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide

Lambil / Neidhardt / Léonardo

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Boulette

Picault / Trondheim / Findakly

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Elliot au collège

Grosjean / Mallo

Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons

Muñoz / Thibaut-Jouvray

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La pause-cartoon)

Tom

Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest

Gorobei / Ced

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Huguette & Croquette

Théoschu

Kid Paddle

Midam / Dairin / Patelin / Angèle

Manoir à louer

Juanungo / Trondheim

Nelson

Bertschy

Pendant de temps, au Coin Perdu

De Souza

Spoirou, Fantasperge et le Freuby (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La pause-cartoon)

Dino

Titan Inc.

Boisteau /Martin

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Louis

En direct du futur : Game over dans l’espace

Midam / Adam

Jeux : Mi-Mouche en remet une couche !

Sti

Ta leçon de BD : Le storyboard

Marko / Loran

Vacances de Jeanne (Les)

Delaf / Bocquet

 

 

En kiosques et librairies le 29 Juillet 2026

3,20 €

 

 

 

 

 

 

Spirou 4608 – 5 Août 2026

 

Yoko Tsuno affronte l’intelligence intemporelle

 

On ne mène pas une série depuis plus de cinquante ans par hasard. Leloup a toujours l’intelligence (naturelle) de ne pas laisser sa série dans la naphtaline. Le créateur avance avec son temps. Aujourd’hui, il s’inquiète de l’utilisation de l’intelligence artificielle. Pouvant être utilisée autant pour faire le bien que le mal, Leloup la compare aux drones, jouets innocents employés sur les champs de bataille. Il voit en ces dérives la maladie humaine de la domination.

                Chez Dupuis, il reste peu de séries de plus de 30 ans. Cédric, L’agent 212, Jérôme K.Jérôme Bloche en font partie. En remontant encore le temps, Les Tuniques Bleues et Yoko Tsuno sont les derniers dinosaures. Alors, lorsque l’on ouvre un nouvel album de Willy Lambil ou de Roger Leloup, même si graphiquement l’âge entraîne quelques petites imperfections, on ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au cœur en pensant à tout ce qu’ils nous ont offert.

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Pochep / Mandel / Chesneau

Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide

Lambil / Neidhardt / Léonardo

Yoko Tsuno : L’intelligence intemporelle

Leloup / Leonardo

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Brad Rock The gold digger

Jilème / David

Capitaine Anchois

Floris

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons

Muñoz / Thibaut-Jouvray

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La pause-cartoon)

Tom

Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest

Gorobei / Ced

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Huguette & Croquette

Théoschu

Kid Paddle

Midam / Dairin / Angèle

Nelson

Bertschy

Spoirou, Fantasperge et le Freuby (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La pause-cartoon)

Dino

Titan Inc.

Boisteau /Martin

Working dead

Lory / Dubuisson / Chesneau

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Dodier

En direct du futur : Sacha, Trop cool ou méga gênant ?

Lory / Tithaume

Interview 

Leloup

Jeux : Panique à Loch Castle

Bataillon

Ta leçon de BD : La création de personnages

Marko / Munuera

 

 

En kiosques et librairies le 5 Août 2026

3,20 €

 

 

 

 

 

 

 

Spirou 4609 – 12 Août 2026

 

Game over La pire contre-attaque

 

Eclipse oblige, depuis la lunette astronomique d’un observatoire, le petit barbare découvre que la princesse est prisonnière d’aliens sur une planète apparemment hostile. Il dégotte une soucoupe pour s’y rendre et arrive sur place après une bataille interstellaire à côté de laquelle les combats de Star Wars, c’est de la gnognotte. Va-t-il sauver sa dulcinée ? Une fois n’est pas coutume, l’histoire s’étale sur quatre planches et c’est l’hilarant Jacques Louis qui se charge du scénario. Celui-ci explique sa manière de travailler dans un entretien d’arrière-boutique. Pendant ce temps, fin de charge pour les Tuniques Bleues. Le général Lee aura-t-il récupéré son cheval ? 

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Leclercq / Dubuisson

Tuniques Bleues (Les) : Les bleus sur la corde raide

Lambil / Neidhardt / Léonardo

Yoko Tsuno : L’intelligence intemporelle

Leloup / Leonardo

 

 

Récit complet :

 

Game over

Adam / Louis / BenBK

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La pause-cartoon)

Tom

Gary C.Neel Mon papy à l’Ouest

Gorobei / Ced

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Huguette & Croquette

Théoschu

Manoir à louer

Juanungo / Trondheim

Spoirou, Fantasperge et le Freuby (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La pause-cartoon)

Dino

Willy Woob

Moog / Bernstein

Working dead

Lory / Dubuisson / Chesneau

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac  (dont Courrier des lecteur, 3 infos, 2 vraies, 1 fausse & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici / Bernstein

En direct du futur : Une entrée enfant gratuite au parc Spirou

 

Gaston : Un cas, des colles

Delaf / Fabcaro

Interview : L’arrière-boutique

Louis

Jeux : Soirée apéro gaming

Mouk

Podcast : L’île de Minuit

Grebil

Ta leçon de BD : La création de personnages

Marko / Erre

 

 

En kiosques et librairies le 12 Août 2026

3,20 €

 

 

 

 

Spirou 4610 – 19 Août 2026

 

Chassé-croisé pour les Schtroumpfs

 

Les Schtroumpfs viennent trop rarement faire un petit tour dans Spirou. Et pourtant, de nombreuses histoires sont encore inédites ou presque, à l’image de cette « Circulaschtroumpf » qui date de 1997 (!) et qui a pour auteurs Marc Wasterlain et Philippe Delzenne. Il serait temps que le studio Peyo fasse comme chez Disney et cite officiellement à présent les créateurs de chacune des histoires des Schtroumpfs, comme dans leurs albums. On réclame donc plus de bleu dans le rouge !

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

Histoires à suivre :

 

Max Beaumont : Imbroglio météo

Nicoby / Jousselin / Croix

Mi-Mouche : Deux sœurs sur le ring

Maurel / Cazot

Spirou & Fantasio : Capsule temporelle

Juanungo / Trondheim / Mariano Luengo / Findlaky

Stagiaire (Le)

Gally / Cazot

Yoko Tsuno : L’intelligence intemporelle

Leloup / Leonardo

 

 

Récit complet :

 

Attila : Chapitre 10 : Le pont

L’Abbé

Les Schtroumpfs : La circulaschtroumpf

Studio Peyo

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Brad Rock The gold digger

Jilème / David

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons

Muñoz / Thibaut-Jouvray

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Fish n chips (La pause-cartoon)

Tom

Gaston

Delaf / Trondheim / BenBK

Kid Paddle

Midam / Dairin / Benz / Angèle

Manoir à louer

Juanungo / Trondheim

Spoirou, Fantasperge et le Freuby (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Tash & Trash (La pause-cartoon)

Dino

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac  (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici

En direct du futur : Louca : temps additionnel

 

Gaston : Un cas, des colles

Delaf / Fabcaro

Jeux : Les Schtroumpfs 

Studio Peyo

Ta leçon de BD : La création de personnages

Marko / Bonhomme

 

 

En kiosques et librairies le 19 Août 2026

3,20 €

 

Laurent Lafourcade

 

 

 



Publié le 21/08/2026.


Source : Boulevard BD


Nous sommes en 1959. Un plateau de tournage comme il en existe d'autres. Il s'y réalise un film policier en noir et blanc intitulé La Poupée sans tête.

Lors d'une scène impliquant plusieurs vedettes du grand écran, comme Gabin, l'actrice principale, Martine Saintonge, est mortellement touchée par une balle qui aurait dû être à blanc.

 

" Marcel a peur qu'elle les donne. Alors, il la sacrifie. Il était écrit qu'elle tombe. Jusque là tout allait bien. Tout collait avec le scénario.

Mais c'est quand on a vu qu'elle ne se relevait pas qu'on a compris qu'il se passait quelque chose."

 

 

 

Devant les caméras, la fiction bascule soudain dans le réel. Chargé de l'enquête, le commissaire Raffini découvre rapidement qu'il ne s'agit pas d'un accident mais bien d'un meurtre soigneusement préparé. Aux côtés de sa nouvelle collaboratrice, Claire Renaud, il s'enfonce dans un univers où ambitions personnelles, rancœurs et secrets de tournage brouillent les pistes.

 

" La "petite" était arrivé Quai des Orfèvres quelques semaines plus tôt ... Peu après le pot de départ de l'inspecteur Morlaine. L'adjoint qu'on lui avait désigné, c'était elle !

- Bonjour Commissaire."

 

 

 

© Rodolphe, Maucler - Éditions du Tiroir 2026

 

Avec "La Poupée sans tête",  Rodolphe et Christian Maucler relancent les aventures du commissaire Raffini dans le cadre des Nouvelles Enquêtes du commissaire Raffini. Cette reprise d'une série policière née en 1980 sous la plume de Rodolphe et le crayon de Jacques Ferrandez ne cherche pas à révolutionner la formule, mais à lui offrir un nouvel élan tout en préservant son identité. Le résultat est un polar classique et efficace qui mêle enquête criminelle, hommage au cinéma français et immersion dans l'atmosphère de la fin des années 1950.

 

 

 

© Rodolphe, Maucler - Éditions du Tiroir 2026

 

L'un des principaux points forts de l'album réside dans son décor. En situant son intrigue dans les coulisses du cinéma français de l'époque, Rodolphe offre bien davantage qu'une simple enquête criminelle. Nous pénétrons dans un monde de studios, d'acteurs célèbres, de producteurs influents et de techniciens anonymes, où les apparences comptent parfois davantage que la vérité.

 

La présence de figures emblématiques comme Jean Gabin et Lino Ventura ajoute un charme supplémentaire à l'ensemble sans jamais donner l'impression d'un simple exercice nostalgique. Leur participation s'intègre naturellement au récit et renforce la crédibilité de cette plongée dans l'âge d'or du cinéma populaire français.

 

Au-delà de l'intrigue policière, l'album marque également une évolution dans la série avec l'arrivée de Claire Renaud. Cette nouvelle partenaire apporte fraîcheur et dynamisme à un commissaire installé depuis longtemps dans les habitudes des lecteurs. Loin du rôle d'assistante passive, elle participe activement aux investigations et démontre rapidement ses qualités d'observation et d'analyse. Cette association crée un équilibre intéressant entre l'expérience du vieux routier et l'assurance d'une nouvelle génération plus moderne.

 

 

© Rodolphe, Maucler - Éditions du Tiroir 2026

 

Sur le plan narratif, Rodolphe démontre une nouvelle fois sa maîtrise du polar. L'auteur, que l'on connaît pour des séries aussi diverses que Trent, Kenya ou Scotland, construit une intrigue solidement charpentée qui progresse avec fluidité. Le scénario privilégie les interrogatoires, les indices et les fausses pistes plutôt que l'action spectaculaire. Cette approche rappelle les grandes enquêtes policières à la française, dans lesquelles l'observation psychologique compte autant que les preuves matérielles.

 

Le récit séduit surtout par son atmosphère. On pense régulièrement aux romans policiers classiques, tels les Maigret, avec cette capacité à faire vivre une époque à travers des dialogues savoureux, des personnages bien campés et un rythme posé qui laisse le temps à l'enquête de se développer.

 

Le suspense demeure présent jusqu'au dénouement, sans multiplier artificiellement les rebondissements. Cette élégance dans la construction constitue sans doute l'une des principales qualités de l'album.

 

 

© Rodolphe, Maucler - Éditions du Tiroir 2026

 

Graphiquement, Christian Maucler perpétue avec talent l'identité visuelle de la série. Son dessin réaliste privilégie la lisibilité et l'expressivité, deux qualités essentielles pour un récit reposant largement sur les dialogues et les interactions entre personnages. Son trait restitue avec précision les décors, les véhicules et les costumes de l'époque, contribuant fortement à l'immersion.

 

Le travail documentaire apparaît particulièrement soigné. Les studios de cinéma, les rues parisiennes, les voitures d'époque ou encore les accessoires de tournage donnent au récit une crédibilité constante.

Maucler réussit également un exercice délicat : faire revivre Jean Gabin et Lino Ventura sans tomber dans la caricature. Les deux acteurs sont immédiatement reconnaissables grâce à une caractérisation subtile qui restitue leur présence légendaire tout en les intégrant harmonieusement à la fiction.

 

 

La mise en couleurs accompagne parfaitement cette démarche. Les teintes douces et légèrement patinées renforcent le parfum rétro de l'ensemble et évoquent naturellement le cinéma français des années cinquante et soixante. Certaines séquences liées au tournage créent même un contraste intéressant entre l'univers du film en noir et blanc et la réalité de l'enquête, accentuant le jeu permanent entre illusion et vérité qui traverse tout le récit.

 

 

© Rodolphe, Maucler - Éditions du Tiroir 2026

 

Avec "La Poupée sans tête", Rodolphe et Christian Maucler prouvent que le commissaire Raffini a toujours sa place dans le paysage de la bande dessinée policière. Cette reprise respecte l'esprit de la série originelle tout en lui insufflant suffisamment de nouveauté pour séduire un nouveau lectorat.

Entre enquête bien ficelée, hommage au septième art et reconstitution historique réussie, l'album offre un moment de lecture particulièrement agréable.

 

Un polar élégant et intemporel qui confirme une fois de plus que les recettes classiques, lorsqu'elles sont maîtrisées, demeurent souvent les plus efficaces.

 

Entre Gabin, Ventura et un assassin, Raffini mène le dernier rôle.

 

 

 

Chronique de Laurent sur BD Best : ici

Lien Boulevard BD : ici

Lien podcast Boulevard BD : ici

 

Thierry Ligot

 

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Série : Les nouvelles enquêtes du commissaire Raffini

Tome : La Poupée sans tête 

Scénario : Rodolphe

Dessin et couleurs : Christian Maucler

Éditeur : Éditions du Tiroir

Genre : policier, polar

Thèmes : enquête, cinéma

Public : ado, adulte

Parution : 16/4/2026

Format : 30,7 x 22,7 cm

Page : 48

ISBN : 978 2 9312 5142 3

Prix : 16 €



Publié le 20/08/2026.


Source : Bd-best


" - Françoise !? Toi ici ... Ce n'est pourtant pas ton habitude de venir à Zolder ...

- C'est exact ... Mais aujourd'hui, j'avais envie d'y être ... Je me sens en pleine forme ... et ce n'est pas un jour comme les autres.

- Il faut m'excuser, Françoise ... Je dois aller au départ.

- Bien sûr ... Ce jour n'a rien de spécial pour toi. Je pensais tout de même que tu aurais souhaité savoir ce qui m'amène ici aujourd'hui ...

- Tout à l'heure, après la course. Nous aurons le temps d'en parler."

 

Françoise, Julie, Gabrielle, et quelques autres…

 

Autant de personnages venus enrichir l'univers de Michel Vaillant en lui offrant une famille, des amis, une vie privée, mais aussi un environnement social vivant et profondément humain. Michel Vaillant n'a jamais été un héros solitaire.

 

 

 

Dès les premières planches, Jean Graton l'a entouré de parents, d'un frère, d'amis fidèles et de rivaux marquants, chacun doté de sa propre personnalité et de sa propre existence. Parmi eux, plusieurs femmes ont joué un rôle essentiel dans la construction de cet univers, apportant émotion, complicité, romantisme ou esprit de compétition.

 

 

Il était donc naturel que la collection Histoires courtes leur consacre enfin un volume entier. Ce cinquième tome rassemble sept récits publiés entre 1971 et 1975 : Zolder, Grand Prix Formule 2, Retour à Königsfeld, Affaire à suivre, Flagrant délit, Le Héros du Paul Ricard, Piège pour Steve Warson et Dans l'Enfer des 6 Heures.

 

L'ouvrage ne se limite toutefois pas à une simple réédition puisque trois de ces histoires bénéficient d'une nouvelle mise en couleurs, offrant un agréable regain de fraîcheur à ces publications initialement parues dans les pages du Journal Tintin.

 

© Graton Éditions 2026

 

Un recueil placé sous le signe des relations humaines

Avec Women, Jean Graton met en avant une facette parfois moins visible de son célèbre pilote : l'homme derrière le champion. Si Michel Vaillant est avant tout associé aux circuits, aux records et aux victoires, ces histoires rappellent qu'il évolue dans un univers peuplé de proches qui donnent tout son relief à la série. Les femmes occupent ici le premier plan, qu'elles soient admiratrices, amies, concurrentes ou compagnes.

 

Le fil rouge de l'album réside dans ces liens affectifs et sociaux qui se nouent autour de la passion automobile. Françoise, future épouse de Michel, tient naturellement une place de choix et permet d'observer l'évolution progressive des sentiments du pilote. D'autres personnages, comme Gabrielle Spangenberg ou Julie Wood, apportent leur propre regard sur cet univers dominé par les moteurs, démontrant que la place des femmes ne se limite jamais au simple rôle d'accompagnatrice.

 

L'ensemble dégage une atmosphère particulièrement nostalgique. Ces récits courts constituent autant de fenêtres ouvertes sur le sport automobile des années 1970, une époque où les paddocks semblaient plus accessibles, les pilotes plus proches du public et les relations humaines davantage au cœur de l'aventure sportive.

 

 

© Graton (1971) - Graton Éditions 2026

 

Une narration concise mais particulièrement efficace

Chaque histoire ne compte qu'une poignée de pages, mais Jean Graton démontre une nouvelle fois son remarquable sens du récit. En quelques planches seulement, il parvient à installer une situation, développer un enjeu et conclure son intrigue avec une efficacité impressionnante.

Le format court favorise des histoires légères, souvent centrées sur une émotion ou un moment particulier plutôt que sur une intrigue complexe. C'est notamment le cas des récits consacrés à Françoise, où l'on découvre un Michel Vaillant plus romantique qu'à l'accoutumée. Les épisodes Zolder ou Flagrant délit dévoilent ainsi un héros sensible et amoureux, loin de l'image parfois caricaturale du champion sérieux exclusivement tourné vers la compétition.

 

D'autres récits mettent en lumière des personnages secondaires particulièrement appréciés des lecteurs. Les histoires consacrées à Gabrielle Spangenberg et Yves Douléac permettent de retrouver deux figures marquantes de l'univers Vaillant et d'assister à la naissance de leur relation.

 

" - Yves ! Je dois te présenter quelqu'un ...

- ?!?

- Qu'est-ce qui t'arrive ?! Tu n'as jamais vu une fille ?

- Euh ... si si ! Mais je pensais que Françoise était la seule pilote 'Vaillante' ... euh ... jolie, quoi !

- Ce n'est pas parce que Gabrièle est jolie que je te la présente. reviens sur terre et écoute-moi."

 

Quant à Steve Warson, l'éternel séducteur, il anime avec humour Piège pour Steve Warson, récit qui rappelle que le charme n'offre pas toujours l'immunité face aux déconvenues sentimentales.

 

Même lorsque l'objectif paraît anecdotique, Jean Graton ne perd jamais son goût du réalisme. Le Héros du Paul Ricard, porté par Julie Wood, constitue ainsi une véritable plongée dans le quotidien des commissaires de piste et témoigne de l'attention constante de l'auteur pour les multiples aspects du sport automobile.

  

© Graton (1971) - Graton Éditions 2026

 

Le regard de Jean Graton sur les femmes et son époque

Au-delà du simple divertissement, Women offre un intéressant témoignage sur les années 1970 et sur la vision que Jean Graton portait sur ses personnages féminins. Souvent considéré à tort comme conservateur, l'auteur présente ici des femmes actives, compétentes et parfaitement à leur place dans l'univers de la compétition automobile.

 

Julie Wood en est sans doute l'exemple le plus évident, mais l'ensemble du recueil montre des personnages féminins capables de prendre des initiatives, de s'affirmer et de participer pleinement à l'action. Le regard porté sur elles reste certes celui de son époque, mais il leur accorde une véritable présence et une personnalité affirmée.

 

Cette dimension confère au recueil une valeur presque documentaire. À travers ces courtes histoires transparaît une époque où le sport automobile possédait encore une part de romantisme et d'aventure aujourd'hui largement disparue.

 

© Graton (1971) - Graton Éditions 2026

 

Un graphisme toujours aussi remarquable

Même sur des récits conçus à l'origine pour une publication périodique, Jean Graton conserve le niveau d'exigence graphique qui a bâti sa réputation. Les voitures, les circuits et l'environnement des courses bénéficient d'une précision remarquable. Chaque case témoigne de la passion de l'auteur pour le sport automobile et de son souci constant du détail.

Les modèles emblématiques des années 1970 retrouvent ici tout leur charme. Graton parvient à restituer aussi bien la puissance des bolides que l'atmosphère des stands, des paddocks ou des tribunes. Cette précision documentaire contribue largement à l'immersion du lecteur.

Les personnages profitent également d'un dessin élégant et expressif. Les visages, les attitudes et les regards traduisent efficacement les émotions des protagonistes, un aspect essentiel dans un album davantage tourné vers les relations humaines que vers la seule action. La nouvelle mise en couleurs de plusieurs récits apporte enfin davantage de modernité et de luminosité à l'ensemble, sans dénaturer l'esprit d'origine.

 

© Graton (1971) - Graton Éditions 2026

 

Une parenthèse chaleureuse dans l'univers Vaillant

Sans ambitionner l'ampleur des grandes aventures de la série, Women constitue une lecture particulièrement attachante. Ce recueil permet de redécouvrir un Michel Vaillant plus intime, plus accessible et profondément humain.

À travers ces sept mini-récits, Jean Graton rappelle que les exploits sportifs n'ont de sens que parce qu'ils sont vécus par des personnages entourés, aimés et parfois amoureux.

 

 

À la fois témoignage d'une époque, hommage aux héroïnes de la série et plongée nostalgique dans l'âge d'or du sport automobile, ce cinquième volume des Histoires courtes séduira aussi bien les collectionneurs que les lecteurs désireux de retrouver le charme du Michel Vaillant classique.

Une lecture pleine de fraîcheur qui montre que derrière le casque du champion bat avant tout un cœur d'homme.

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Michel Vaillant - Histoires courtes

Titre : 5 - Women

Scénario, dessin & couleurs : Jean Graton

Éditeurs : Graton Éditions

Genre : aventures, mini-récits

Thèmes : automobile, courses, femmes, amitié, famille, amour, romance

Public : tout

Parution : 5/6/2026

Pages : 64

Format : 32 x 24 cm

ISBN : 978 2 3906 0259 0

Prix : 16,5 €



Publié le 20/08/2026.


Source : Bd-best


Sous une fausse identité et vêtu de l'uniforme américain, Ferdinand espérait enfin tourner la page. Mais lorsqu'un officier français le reconnaît, il n'a d'autre choix que d'accepter une mission particulièrement périlleuse, et ce même si dans un premier temps, il tente de la refuser.

 

" - Vous vous êtes trompé de bonhomme, mon commandant. Ferdinand Tirancourt est un embusqué, un margoulin de première, une charogne, une tête de pioche et un tricard qui a passé sa vie à mentir et à macaroner les autres. Cherchez un autre héros, un vrai. Moi, je ne suis qu'un imposteur.

- Vous avez un sens de l'autodépréciation assez élevé, monsieur Tirancourt !"

 

 

 

 

En échange, s'il réussit, il pourra repartir librement ... et libre de son passé surtout.

 

" - Je parle de donner une chance à la chance, parce qu'être à court d'idées pendant une guerre est le chemin le plus rapide vers la défaite. Vous ne serez que 3, avec le caporal Folsom et le soldat Fleetwood.

- Cela ressemble à une mission suicide, commandant.

- Bien sûr, mais ... les missions suicides, ça vous connaît, non ?"

 

Aux côtés de Talako, un Indien choctaw chargé de transmettre des messages codés dans sa langue, et de Virgil, un tireur d'élite afro-américain confronté au racisme de ses propres camarades, il doit tester un nouveau système de communication susceptible de changer le cours du conflit. Dans un environnement où chaque transmission interceptée peut coûter des centaines de vies, l'enjeu est considérable.

 

" - Voilà le futur de la guerre, Tirancourt. Les communications.

- Ah ben, alors, si la guerre a un futur, ça veut dire que l'homme, lui, n'en a pas."

 

 

 

© Pelaez - Porcel - Grand Angle 2026

 

Avec "Dollars de guerre", 4e et dernier volet de la série consacrée à Ferdinand Tirancourt, Philippe Pelaez et Francis Porcel concluent avec panache le parcours mouvementé d'un personnage aussi attachant qu'insaisissable. Après avoir traversé les tranchées françaises, connu le bagne puis les soubresauts de la révolution mexicaine, l'ancien forçat se retrouve une nouvelle fois rattrapé par son passé et projeté au cœur de l'un des épisodes les plus sanglants de la Première Guerre mondiale : la bataille du bois de Belleau.

 

" - Tu vois l'ami, le guerrier farouche n'est pas celui qui n'a jamais peur ... c'est celui qui vit le moins longtemps."

 

 

Au-delà de son intrigue de guerre menée tambour battant, l'album développe plusieurs thèmes particulièrement forts. L'utilisation de la langue choctaw comme moyen de cryptage militaire met en lumière une page méconnue de l'histoire américaine, tandis que la situation de Virgil rappelle la ségrégation et les discriminations qui frappaient encore les soldats noirs, même lorsqu'ils risquaient leur vie au front. Le récit évoque également le sort réservé aux peuples autochtones, contraints d'abandonner leur culture tout en étant sollicités lorsque leurs compétences deviennent stratégiques.

 

" - Talako n'est ni Apache, ni Américain.

- C'est quoi ces conneries ?

- Ce que je veux dire, c'est que les Indiens n'ont pas la citoyenneté américaine. Quant à nous, les noirs, nous sommes brancardiers ou cantonnés au ravitaillement."

 

À travers ces destins croisés, l'album interroge la notion d'engagement, de loyauté et de sacrifice dans un contexte où les institutions censées protéger les hommes les condamnent souvent.

 

© Pelaez - Porcel - Grand Angle 2026

 

Le scénario de de cet "ogre d'écriture" Philippe Pelaez trouve un équilibre remarquable entre aventure, reconstitution historique et évolution psychologique. Fidèle à lui-même, Ferdinand conserve son tempérament de survivant, sa gouaille et son opportunisme. Pourtant, derrière le cynisme qui le caractérise depuis le début de la série, l'auteur laisse apparaître une forme d'humanité grandissante. Le personnage continue de chercher avant tout à sauver sa peau, mais le contact avec Talako et Virgil l'oblige progressivement à dépasser son individualisme. Cette évolution subtile donne toute sa profondeur à ce dernier épisode et offre une conclusion cohérente au parcours d'un homme constamment ballotté par l'Histoire.

 

L'écriture se distingue également par la qualité de sa documentation. Les combats du bois de Belleau, l'arrivée des forces américaines en France, les problématiques liées aux transmissions militaires ou encore les tensions raciales sont intégrés naturellement au récit sans jamais donner l'impression d'une leçon d'histoire. Pelaez utilise ces éléments pour nourrir son intrigue et renforcer la crédibilité des situations, tout en conservant un rythme soutenu qui maintient la tension jusqu'aux dernières pages.

 

© Pelaez - Porcel - Grand Angle 2026

 

Graphiquement, Francis Porcel reste aux qualités qui ont fait le succès de la série. Son dessin réaliste, précis et parfaitement lisible restitue avec efficacité la violence du conflit sans tomber dans la surenchère. Les paysages dévastés, les tranchées noyées dans la boue, les attaques sous les bombardements ou les ravages des gaz de combat composent un décor oppressant où la mort semble omniprésente. Les personnages bénéficient d'une caractérisation soignée, chacun affichant une identité visuelle et une expressivité qui renforcent leur crédibilité.

 

Les couleurs participent pleinement à cette immersion en privilégiant des tonalités souvent terreuses et sombres qui traduisent l'atmosphère pesante du front. Le découpage dynamique accompagne parfaitement les scènes d'action, tandis que les séquences plus intimistes laissent respirer les personnages et mettent en valeur les enjeux humains du récit.

 

© Pelaez - Porcel - Grand Angle 2026

 

Avec "Dollars de guerre", les auteurs offrent une conclusion solide à une série qui aura su mêler aventure populaire, réflexion historique et étude de caractère. De "Pinard de guerre" à ce dernier volume, Ferdinand Tirancourt aura traversé les grandes secousses du début du XXe siècle en demeurant un protagoniste complexe, ni véritable héros ni authentique salaud, mais un homme façonné par les circonstances.

 

Cette ultime mission synthétise parfaitement ce qui fait la richesse de la série : un regard lucide sur les absurdités de la guerre, une attention constante portée aux oubliés de l'Histoire et un personnage principal dont les contradictions nourrissent sans cesse l'intérêt du lecteur.

 

"Dollars de guerre" : l'ultime mission d'un anti-héros dans la tourmente de 1918.

 

 

© Pelaez - Porcel - Grand Angle 2026

 

Une conclusion réussie pour une tétralogie historique singulière et particulièrement convaincante.

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : ... de guerre

Tome : 4 - Dollars de guerre

Scénario : Philippe Pelaez

Dessin & couleurs : Francis Porcel

Éditeur : Bamboo

Label : Grand Angle

Genre : récit de guerre, Histoire

Thèmes : 1ère GM, rédemption, vengeance, courage, racisme, survie ou héroïsme, oubliés de l'Histoire,

Public : ado, adulte

Parution : 19/8/2026

Format : 24,2 x 32,2 cm

Page : 56

ISBN : 979 1 0411 1867 0

Prix : 15,90 €



Publié le 20/08/2026.


Source : Bd-best


" - Bon. On est bien d'accord. Tu me suis. Tu poses tes questions. Et surtout, tu restes discret.

- OK.

- Mais tu ne me saoules pas.

- T'inquiète, je suis pro.

- Pas de photos.

- Pro, je te dis ...

- Voilà, pro. C'est ça."

 

Voilà qui n'était pas forcément gagné d'avance... mais qui s'avérait indispensable, voire crucial, lorsqu'il s'agissait de transposer en bande dessinée les confidences et l'univers du docteur Philippe Boxho, qu'il n'est plus vraiment nécessaire de présenter aujourd'hui.

 

 

 

 

Mais comment procéder ? Comment rester fidèle à l'esprit de ses livres, à la force de ses récits et à la singularité de son regard, sans tomber dans l'effet spectaculaire ou, à l'inverse, dans une adaptation trop sage et académique ?

Trouver une approche qui épouse à la fois son humour, sa pédagogie et le sérieux de son travail constituait le véritable défi lancé à Pierre Alary pour cette transposition originale des récits de celui que beaucoup surnomment désormais « l'homme qui fait parler les morts ».

 

 

© Boxho - Alary - Kennes Les 3 As 2026

 

Le pari est relevé avec intelligence. Entre histoires glaçantes, descriptions rigoureuses d'autopsies et plongée dans le quotidien de la médecine légale belge, Post Mortem évite soigneusement les artifices sensationnalistes ou les codes parfois excessifs des séries policières américaines.

 

 

On y retrouve toute la saveur qui a fait le succès des ouvrages du fameux médecin légiste : une narration fluide, accessible mais précise, un humour discret qui désamorce les tensions sans jamais nier la gravité des situations, et quelques réflexions philosophiques qui invitent le lecteur à s'interroger sur la vie autant que sur la mort.

 

" Aujourd'hui, je me pose des questions en regardant autour. Le ciel. Les étoiles. Les galaxies. Savoir qu'on est une poussière dans quelque chose qui nous dépasse complètement ... C'est concret, et pourtant totalement incompréhensible."

 

Avec Post Mortem, les auteurs proposent ainsi une immersion aussi fascinante qu'inattendue dans les coulisses de la médecine légale. Loin de se limiter à une simple adaptation graphique des récits déjà connus du célèbre médecin légiste liégeois, l'album trouve sa propre identité en exploitant pleinement les possibilités du neuvième art. Sur plus de cent pages, le lecteur franchit les portes de la salle d'autopsie et découvre un métier souvent fantasmé, parfois mal compris, mais essentiel à la manifestation de la vérité.

 

" Comprendre une scène de crime, c'est souvent comme un puzzle - il faut remettre les pièces dans le bon sens, trouver celles qui manquent et essayer que ça tienne debout." 

 

 

 

© Boxho - Alary - Kennes Les 3 As 2026

 

L'ouvrage s'articule autour de cas réels puisés dans l'expérience professionnelle de Philippe Boxho. Chaque intervention, chaque autopsie, chaque indice relevé sur un corps devient le point de départ d'une enquête scientifique permettant de reconstituer les circonstances d'un décès.

 

" Oui, c'est délicat, mais on doit oublier que ces corps vivaient encore il y a quelques heures. Ils avaient des enfants, des proches, des joies, des peines. Des crédits aussi...
On doit les traiter comme des objets. Sinon, on ne tiendrait pas, et ce métier très important serait tout simplement impraticable."
 

 

 

Mais Post Mortem ne se limite pas à l'aspect technique du métier. Au fil des pages, l'album aborde des thèmes plus universels : notre rapport à la mort, la fragilité de l'existence, les croyances ou encore la nécessité d'accepter notre propre finitude.

 

" Je pense que la mort fait partie de la vie. Et je ne veux pas rater ce moment. Oui. Je veux vivre ce moment-là, celui où ... tout s'arrête."

 

Cette réflexion prend progressivement de l'ampleur et apporte à l'ensemble une dimension profondément humaine.

 

 

© Boxho - Alary - Kennes Les 3 As 2026

 

L'un des grands points forts de l'album réside dans sa remarquable capacité de vulgarisation.

Les mécanismes de la médecine légale sont expliqués avec clarté, sans simplification outrancière. Le lecteur comprend comment le corps continue de livrer ses secrets après la mort et découvre la rigueur d'un travail où chaque détail peut s'avérer déterminant. Cette volonté pédagogique est constamment soutenue par un humour bien dosé qui évite toute lourdeur.

C'est précisément dans ce domaine que la scénarisation se montre particulièrement habile. Pierre Alary imagine un double miniature de lui-même qui accompagne Philippe Boxho tout au long du récit. Visible uniquement par le médecin et par le lecteur, ce personnage joue le rôle du candide. Il pose les questions que chacun se pose intérieurement sans toujours oser les exprimer. Ce procédé, qui évoque le célèbre clin d'œil de Gotlib et sa coccinelle, s'intègre naturellement au récit et permet d'introduire les explications scientifiques de manière fluide. Loin d'être un simple ressort humoristique, il crée un véritable dialogue entre le spécialiste et le profane.

 

La construction de l'album alterne intelligemment entre anecdotes médico-légales, souvenirs personnels et réflexions plus intimes. Le dernier tiers de l'ouvrage s'éloigne progressivement des seules autopsies pour laisser apparaître l'homme derrière le médecin. Philippe Boxho évoque notamment son rapport à la mort, ses interrogations et certaines expériences fondatrices de son existence. Cette dimension plus personnelle enrichit considérablement la lecture et apporte une émotion inattendue.

 

 

© Boxho - Alary - Kennes Les 3 As 2026

 

Graphiquement, Pierre Alary signe une prestation de tout premier ordre. Son trait expressif conjugue réalisme et lisibilité avec un rare équilibre. Les scènes d'autopsie sont suffisamment précises pour conserver leur crédibilité scientifique tout en évitant l'écueil du voyeurisme. Le dessin devient ici un formidable outil de médiation : là où une photographie pourrait rebuter, l'illustration permet de comprendre sans être agressé.

 

Les couleurs, souvent sobres mais subtilement nuancées selon les ambiances, contribuent également à la réussite de l'ensemble. Les passages techniques bénéficient d'une mise en scène claire et très lisible tandis que les moments plus introspectifs gagnent en chaleur et en sensibilité. Quant au petit double caricatural d'Alary, il apporte un contrepoint graphique efficace qui dynamise la narration et renforce l'accessibilité du propos.

 

 

© Boxho - Alary - Kennes Les 3 As 2026

 

Au final, Post Mortem réussit pleinement son ambition : ouvrir au grand public les portes d'un univers méconnu sans le dénaturer. Grâce à l'expérience de Philippe Boxho et au talent de conteur de Pierre Alary, l'album conjugue rigueur documentaire, pédagogie, humour et réflexion existentielle.

Une œuvre captivante, parfois troublante, souvent enrichissante, qui démontre une fois encore que la bande dessinée peut être un formidable outil de transmission du savoir autant qu'un puissant vecteur d'émotion.

 

Parmi les sorties marquantes de cette rentrée, Post Mortem s'impose déjà comme une lecture incontournable.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Post Mortem

Scénario : Dr Philippe Boxho

Dessin & couleurs : Pierre Alary

Éditeur : Kennes les 3 As

Genre : Biographie, témoignage

Thèmes : mort, crimes, médecine légale

Parution : 26 août 2026

Format : 24 x 32 cm

Page : 112

ISBN : 978 2 9313 0063 3

Prix : 22 €



Publié le 19/08/2026.


Source : Bd-best


" - Moi, Madame, je veux partir comme volontaire ! Pour sauver Lincoln !

- Oh, lui !

- Ah ! Ah ! Ah ! Il veut faire la guerre !

- John, tu es beaucoup trop jeune, voyons !

- Alors j'attendrais d'être assez grand.

- J'espère bien que cette maudite guerre sera finie avant et que nos hommes rentreront vite à la maison !"

 

 

"Johnny Clem" retrace le destin étonnant d'un gamin de 9 ans qui, au début de la guerre de Sécession, refuse de rester spectateur des événements qui bouleversent les Etats-Unis. Marqué par la mort tragique de sa mère, écrasée par un train, et par une vie familiale devenue difficile après le remariage de son père, Johnny voit dans l'armée de l'Union un échappatoire autant qu'une nouvelle famille.

 

 

Refusé dans un premier temps par les recruteurs en raison de son âge, il s'échappe du train qui le ramène chez lui et réussit à se faire accepter dans un régiment comme "mascotte" avec Yank, un clébard qu'il a libéré.

 

" - Nous sommes affectés au 24e d'infanterie de l'Ohio, qui est basé au camp Chase. Une bonne petite trotte à pied. Et toi, on peut savoir ce que tu fais là ?

- Moi ... euh. Je suis la mascotte du 24e ... comme le chien !"

 

Devenant d'abord aide à tout faire, cuisinier improvisé, puis tambour, et enfin soldat ... Un soldat pas plus grand que son fusil !

 

 

© Charlot - Miras - Anna - Grand Angle 2026

 

Mais sa détermination, sa bravoure, son courage forcent le respect et l'admiration de tous, soldats comme officiers. Si bien, qu'avec l'aide de la presse, il est "érigé" en symbole patriotique.

 

" - Monsieur le journaliste, que voulez-vous que le commandant en chef d'une armée aussi puissante que la mienne vous raconte au lendemain d'une défaite ? Suivez-moi ... Je vous présente le soldat John Lincoln Clem ! [...] Votre régiment, le 22e du Michigan est parti avec 455 hommes, et il n'en est revenu que 66 ... dont vous. On m'a dit aussi que vous nous avez débarrassés d'un colonel sudiste. [...] sergent Clem !

- Sergent ... ?!

- Je crois même que cela mérite une décoration. [...] Le héros, c'est lui, monsieur le journaliste ... pas moi ... Faites en sorte que cela se sache !"

 

Il participera à plusieurs batailles ... boucheries ... dont il ne sortira pas toujours indemne.

Shiloh, Chickamauga, ...

Nommé sergent pour sa bravoure, il sera également fait prisonnier et utilisé par les Confédérés comme "preuve honteuse" du Nord qui envoie des gamins faire la guerre !

 

" - Regardez où en sont les Nordistes ! Ils nous envoient des enfants de guerre, des gamins ! C'est tout ce qu'il leur reste pour combattre ! [...] ... et nous allons le faire savoir. Les Nordistes seront ravis d'apprendre ce que Lincoln fait de leurs enfants ! "

 

A la suite de quoi, cela forcera Lincoln et le Département de la Guerre à interdire les incorporations de volontaires de moins de 16 ans !

Il sera alors renvoyé chez lui, dans sa ville de Newark (Ohio) qui l'accueillera en héros !

 

 

© Charlot - Miras - Anna - Grand Angle 2026

 

Derrière cette destinée hors norme, l'album explore plusieurs thèmes forts : le deuil, la quête d'appartenance, l'embrigadement de la jeunesse, la fabrication des héros et les ravages de la guerres sur les plus "petits".

 

© Charlot - Miras - Anna - Grand Angle 2026

 

La principale qualité du scénario de Philippe Charlot réside dans son regard nuancé sur son personnage. Johnny Clem n'est pas présenté en héros invincible. Certes, son courage et sa détermination impressionnent, mais le récit souligne également l’ambiguïté de sa situation. Ce garçon, célébré pour sa bravoure, demeure avant tout un enfant plongé dans un conflit qu’il est incapable de mesurer pleinement.

Ainsi, l’album questionne avec intelligence la notion d’héroïsme : Johnny est-il un modèle de patriotisme ou la victime d’une société qui a accepté qu’un enfant participe à la guerre ? Cette réflexion donne au récit une profondeur qui dépasse largement la simple reconstitution historique.

Le travail de scénarisation de Charlot s’avère particulièrement efficace. Plutôt que de raconter l’intégralité de la longue vie militaire de John Clem, il concentre son récit sur les années décisives de son enfance. Ce choix permet d’éviter l’écueil de la biographie encyclopédique et de privilégier l’émotion ainsi que l’évolution psychologique du personnage.

Le scénario alterne avec justesse les moments d'intimité, qui rappellent la fragilité de Johnny, et les séquences militaires qui illustrent l'enthousiasme puis la brutalité de la guerre. Charlot met également en lumière le rôle souvent méconnu des tambours dans les armées du XIXe siècle, véritables relais des ordres sur le champ de bataille. L'ensemble conserve un rythme fluide tout en restituant le contexte historique avec clarté.

 

© Charlot - Miras - Anna - Grand Angle 2026

 

Graphiquement, Miras livre une prestation solide et convaincante. Son dessin réaliste privilégie l’authenticité et la lisibilité, notamment dans la représentation des uniformes, des campements et des mouvements de troupes. Cette rigueur documentaire contribue fortement à l’immersion dans la guerre de Sécession.

Les scènes de bataille sont spectaculaires sans tomber dans la surenchère, tandis que les expressions des personnages traduisent avec finesse leurs émotions, qu’il s’agisse de la peur, de la tristesse ou de la détermination.

Miras accorde une attention particulière au visage juvénile de Johnny, constamment mis en contraste avec l’univers brutal qui l’entoure.

 

Enfin, la mise en couleur, sobre et harmonieuse, renforce l’atmosphère du récit en privilégiant des tonalités réalistes qui servent autant les scènes intimistes que les affrontements.

 

 

© Charlot - Miras - Anna - Grand Angle 2026

 

En synthèse, cet album s'impose comme une lecture à la fois instructive et émouvante. En racontant l'histoire authentique du plus jeune sous-officier de l'armée américaine, les auteurs livrent bien davantage qu'un simple récit de guerre. Ils proposent une réflexion pertinente sur la construction des légendes militaires et sur le destin tragique des enfants entraînés dans les conflits d'adultes

 

Porté par un scénario sensible et une réalisation graphique soignée, ce volume de la collection "Héros de guerre" réussit à conjuguer intérêt historique, émotion et questionnement moral.

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Héros de guerre

Tome : 2 - Johnny Clem - Etats-Unis

Scénario : Philippe Charlot

Dessins : Miras

Couleurs : Anna & Miras

Éditeur : Bamboo

Label : Grand Angle

Type : one-shot

Genre : guerre, histoire

Thèmes : guerre de Sécession, courage, bravoure, patriotisme, enfance

Parution : 8 avril 2026

Format : 24,4 x 32 cm

Page : 64

ISBN : 979 1 0411 1576 1

Prix : 16,90 €



Publié le 18/08/2026.


Source : Bd-best


" Ce matin du 18 août, je ne soupçonne pas que nous allons être les acteurs et les spectateurs de l'une des évacuations de masse les plus difficiles de l'histoire et de la débâcle de la communauté internationale qui regardera hébétée, se jouer une tragédie humanitaire qu'elle n'aura pas vue venir."

 

Il n'est pas toujours évident d'écrire la chronique d'une bande dessinée. Les raisons peuvent être multiples. Parfois, l'histoire ne nous touche pas, le dessin ne nous convainc pas ou le sujet nous laisse indifférent. À d'autres moments, c'est exactement l'inverse : l'œuvre aborde un thème si fort, si proche de certaines blessures du monde contemporain, qu'il devient difficile de trouver les mots justes sans céder à l'émotion.

C'est précisément ce qui m'est arrivé avec "13 jours, 13 nuits dans l'enfer de Kaboul".

 

 

 

Le hasard du calendrier a voulu que la sortie de cet album, le 13 août, coïncide presque avec le cinquième "anniversaire" de la chute de Kaboul. Quelques jours auparavant, les journaux télévisés rappelaient encore les images de ce mois d'août 2021 : une capitale livrée au chaos, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants massés aux abords de l'aéroport, des avions pris d'assaut dans un ultime espoir de fuite. Un moment tragique de l'histoire contemporaine, symbole de l'échec politique, militaire et diplomatique de l'Occident face au retour des talibans au pouvoir.

 

" Le départ définitif des militaires alliés implique l'abandon à leur sort de millions d'Afghans. Cette cécité volontaire va devenir néfaste au cours des mois suivants."

 

 

© Bida - Bartoll - Arlem - Champelovier - Delcourt 2026

 

C'est dans ce contexte que paraît cette adaptation en bande dessinée du témoignage de Mohamed Bida, commandant honoraire de police affecté à l'ambassade de France à Kaboul de 2016 à 2021. Avec ses dix hommes, il va se retrouver en première ligne lorsque les talibans entrent dans la capitale afghane le 15 août 2021. Alors que les plans d'évacuation élaborés durant des mois volent en éclats les uns après les autres, il doit organiser dans l'urgence l'exfiltration du personnel diplomatique français et de centaines de ressortissants afghans considérés comme prioritaires par la France.

 

 

Treize jours et treize nuits durant, l'ambassade de France, déplacée par sécurité sur un site fortifié surnommée par les Français "Camp Lafayette", devient un refuge de fortune pour plus de cinq cents personnes.

À l'extérieur, Kaboul sombre dans l'anarchie. À l'intérieur, chaque heure apporte son lot d'incertitudes, de décisions impossibles et de dilemmes (in)humains. Négociations avec les talibans, menaces terroristes, mouvements de foule incontrôlables, absence d'informations fiables : tout semble concourir à rendre cette mission irréalisable.

 

" Je ne crois plus aux chances d'une paix durable entre "frères ennemis" et à une transition gouvernementale paisible, c'est plutôt le scénario de la chute de Saïgon, le 30 avril 1975, qui s'impose à mon esprit. Mais contrairement aux Américains, nous ne laisserons personne derrière nous ! Les plans d'évacuation des personnels français sont fin prêts.

La question se pose également pour nos employés afghans et leurs familles, soit près de 800 personnes ! Tout le monde à l'ambassade se sent concerné par ce problème."

 

 

Et pourtant, contre toute attente, plus de 2 800 personnes seront finalement évacuées.

 

© Bida - Bartoll - Arlem - Champelovier - Delcourt 2026

 

L'une des grandes forces de cet album réside dans son caractère profondément autobiographique. Mohamed Bida ne raconte pas son histoire pour bâtir sa légende personnelle ou se présenter comme un héros.

Bien au contraire.

Son récit se distingue par une humilité constante. Il expose ses peurs, ses doutes, ses moments de découragement et les responsabilités écrasantes qui pèsent sur ses épaules. À chaque instant, il apparaît avant tout comme un homme confronté à des choix dont dépendent des centaines de vies humaines.

 

 

© Bida - Bartoll - Arlem - Champelovier - Delcourt 2026

 

Cette sincérité donne au récit une véritable puissance émotionnelle. Loin des discours héroïques ou des reconstructions a posteriori, "13 jours, 13 nuits" montre des femmes et des hommes tentant simplement de faire ce qui leur semble juste dans une situation devenue totalement incontrôlable.

 

Mais l'album ne se limite pas au seul récit de l'évacuation.

 

Régulièrement, Jean-Claude Bartoll interrompt la chronologie des événements pour intégrer des flashbacks issus des souvenirs de Mohamed Bida. Ces retours en arrière constituent même l'une des plus belles réussites de l'ouvrage. Ils permettent de découvrir l'homme derrière la fonction et de comprendre ce qui a forgé son caractère.

Né dans une famille française d'origine algérienne, Mohamed Bida évoque une jeunesse parfois douloureuse, marquée par les préjugés, les discriminations, le racisme ordinaire et le sentiment récurrent de devoir toujours prouver davantage que les autres sa légitimité. Son parcours apparaît souvent comme un long chemin semé d'embûches où les humiliations et l'ostracisme auraient pu engendrer rancœur ou ressentiment.

Il n'en est rien.

 

© Bida - Bartoll - Arlem - Champelovier - Delcourt 2026

 

Au fil des pages se dessine le portrait d'un homme qui a transformé ces épreuves en moteur. Ces difficultés ont façonné son attachement aux valeurs républicaines, à la notion de service, au respect de la parole donnée et à une certaine idée de la fraternité.

 

" Mais, de poésie, il n'y en avait aucune dans ces zones de relégation où misère, chômage et délinquance restaient les principaux acteurs de la fracture sociétale, qui ne disait pas encore son nom.

J'étais plongé chaque jour dans les entrailles de la société et je me rendais à l'évidence : être flic, ce n'était pas seulement courir après les voleurs, les malfrats. C'était se trouver constamment au chevet de la société, répondre à tous ses maux, alors même que les réponses nous manquaient. En première ligne pour protéger la population, mais aussi pour tempérer ses ires et ses hubris. A cette époque déjà, la fonction policière jouait le rôle d'un régulateur sociétal et devenait le réceptacle de la schizophrénie française." (années 1980)

 

 

Dès lors, les décisions qu'il prend à Kaboul prennent une dimension nouvelle. Son engagement ne procède plus seulement d'une obligation professionnelle : il découle également d'une conviction intime selon laquelle abandonner les plus faibles serait une forme de renoncement à ses propres valeurs.

 

Cette alternance entre le drame collectif afghan et le parcours personnel de Mohamed Bida apporte à l'album une profondeur humaine remarquable. Elle évite également toute lecture héroïsante des événements. Derrière le commandant de police chargé d'une mission exceptionnelle se découvre un homme construit par l'adversité, dont les blessures passées éclairent les choix présents.

 

© Bida - Bartoll - Arlem - Champelovier - Delcourt 2026

 

Pour adapter ce témoignage à la bande dessinée, Jean-Claude Bartoll réalise un travail remarquable. Ancien grand reporter, il trouve le juste équilibre entre la rigueur documentaire et l'efficacité narrative. Le récit conserve toute sa crédibilité historique tout en maintenant une tension permanente. Le lecteur suit heure après heure la dégradation de la situation, partage l'épuisement des protagonistes et ressent l'urgence qui imprègne chaque décision.

Bartoll excelle également dans la restitution des enjeux humains et politiques. Les négociations avec les talibans, les contraintes diplomatiques, les problèmes logistiques et les difficultés du terrain s'intègrent naturellement au récit sans jamais l'alourdir. L'ensemble se lit avec la fluidité d'un thriller, tout en conservant la force d'un témoignage authentique.

© Bida - Bartoll - Arlem - Champelovier - Delcourt 2026

 

Au dessin, Renato Arlem livre une prestation de très haut niveau. Son trait réaliste, précis et expressif convient parfaitement à un sujet aussi sensible. Les visages portent la fatigue, la peur et la tension accumulées au fil des jours. Les scènes de foule retranscrivent efficacement la panique qui règne alors dans Kaboul. Les décors plongent le lecteur dans une ville en train de s'effondrer, où chaque déplacement devient une prise de risque.

La mise en page se montre particulièrement immersive. Les séquences d'action alternent harmonieusement avec les moments plus introspectifs, sans jamais casser le rythme du récit. Quant aux couleurs de Simon Champelovier, elles participent pleinement à cette atmosphère oppressante, renforçant la tension dramatique qui ne faiblit pratiquement jamais.

 

 

© Bida - Bartoll - Arlem - Champelovier - Delcourt 2026

 

Au final, "13 jours, 13 nuits dans l'enfer de Kaboul" dépasse largement le cadre de la bande dessinée documentaire. C'est un récit sur le devoir, le courage, la responsabilité et la solidarité. C'est aussi une réflexion sur l'identité, sur l'engagement au service des autres et sur la capacité d'un homme à rester fidèle à ses convictions lorsque tout autour de lui s'effondre.

Surtout, l'album ne cherche jamais à glorifier Mohamed Bida. Il raconte simplement des faits vécus, des sacrifices consentis, des peurs affrontées et des décisions assumées. Il rappelle également que derrière les grandes tragédies historiques se cachent toujours des êtres humains confrontés à des choix impossibles.

 

" Malgré une fatigue immense, je n'arrive pas à dormir. Les évènements se bousculent dans ma tête. Je suis partagé entre le soulagement et un goût amer d'inachevé."

 

Cinq ans après la chute de Kaboul, alors que les conséquences de cet abandon continuent de peser sur l'Afghanistan, cette lecture résonne avec une force particulière. Entre témoignage autobiographique, chronique historique et récit d'une extraordinaire aventure humaine, "13 jours, 13 nuits dans l'enfer de Kaboul" est un album nécessaire, poignant et profondément marquant.

 

 

 

© Affiche du film 2025

 

Une œuvre qui prend littéralement à la gorge par sa sincérité, portée par le scénario impeccable de Jean-Claude Bartoll et le dessin immersif de Renato Arlem. Un hommage vibrant non pas à un héros solitaire, mais à toutes celles et ceux qui, au milieu du chaos, ont refusé d'abandonner leurs semblables. Une grande bande dessinée, profondément humaine, dont la lecture laisse longtemps une empreinte dans l'esprit du lecteur.

 

 

Remarque : cet album est l'adaptation du roman autobiographique éponyme de Mohamed Badi, adapté au cinéma par Martin Bourboulon en juin 2025, et pour la télévision sous forme de feuilletons ("Kaboul" diffusé sur France 2 en avril 2025).

 

 

BA du film : ici

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : 13 jours, 13 nuits dans l'enfer de Kaboul

D'après le roman témoignage de : Mohamed Bida

Scénario : Jean-Claude Bartoll

Dessin : Renato Arlem

Couleurs : Simon Champelovier

Éditeur : Delcourt

Collection : Encrages

Type : récit complet

Genre : témoignage, Histoire

Thèmes : Afghanistan, guerre, drame humain

Parution : 13 août 2026

Format : 22,6 x 29,8 cm

Page : 152

ISBN : 978 2 4130 8179 1

Prix : 22,50 €



Publié le 16/08/2026.


Source : Bd-best


À l’été 1935, dans une petite ville industrielle du centre de la France, Gramont, François Bompierre, 17 ans, vit sous la coupe d’un père autoritaire, violent et acquis aux idées fascisantes.

 

" - Je n'aime pas les Allemands, mais je comprends qu'ils aient voté pour cet Hitler qui nettoie la chienlit communiste. Personne ne semble se plaindre là-bas. Comme en Italie, d'ailleurs.

- Vous avez raison, monsieur (le Directeur), ce sont des exemples qui font réfléchir. Les Français vont finir par comprendre où est leur intérêt.

- Les Français sont des veaux. Ils ont besoin d'être dirigés par des gens capables."

 

 

 

Ce dernier est le nouveau sous-directeur de l'usine locale. Celle-ci est en grève et ni son père, ni le directeur ne sont prêts à céder aux revendications ouvrières. Bien au contraire ... 


" - Nous ne céderons pas, Bompierre.

- Monsieur le ...

- Jamais. Il n'est pas question que je cède à leur chantage. Je n'achèterai jamais la paix sociale. La hausse des salaires est inenvisageable. Elle détruirait les profits et la concurrence en profiterait.

- Ils s'épuiseront avant nous, monsieur .

[...]

- Je n'aime pas voir les bolchéviques devant chez moi. On n'est pas en Russie ici.

- Provoquons-les. Ils réagiront par la violence. Et faisons venir les forces de police. Ils les materont comme il faut. Quelques bras ou jambes cassés chez les meneurs et ils rentreront dans le rang."

 

 

© Stalner - Grand Angle 2026

 

Dans cette atmosphère lourde, François étouffe dans un foyer où les humiliations sont quotidiennes. Battu pour la moindre incartade, il ne rêve que de liberté., même si au départ insouciant et ignorant de la situation sociale de l'époque.

 

" - C’est vrai qu’ici, on est tous concerné par ce qui se passe.
- Je comprends.
- Pour nous, la réalité, c’est la lutte des classes… Le combat éternel des exploités contre les exploiteurs.
- Moi, je ne crois pas en grand-chose. Je m’occupe de moi. Je pense que la vie, c’est chacun pour soi.
- Oh… C’est triste.
- Peut-être."

 

Lorsqu’il se lie d’amitié avec une bande de jeunes ouvriers communistes, il découvre la solidarité, l’engagement et un idéal de justice sociale qui contrastent avec l’univers familial qu’il subit.

 

" - François, s'il te plaît.

- Je demande juste à mon père pourquoi les flics tapent sur des ouvriers qui font grève pour leurs droits.

- TAIS-TOI, TU N'Y CONNAIS RIEN !

- Je sais juste que quand on envoie des flics armés pour frapper des hommes et des femmes, on ne montre pas son courage mais plutôt sa lâcheté !

- JE T'AI DIT DE TE TAIRE !

- Me taire ... Bien sûr, c'est tellement plus simple.

- ÇA SUFFIT !"

 

Alors que les tensions sociales s’intensifient et que la grève s'éternise, François doit choisir son camp. Son combat pour s’émanciper de l’emprise paternelle rejoint peu à peu la lutte collective des travailleurs, dans une France en pleine effervescence à la veille du Front populaire.

 

 

© Stalner - Grand Angle 2026

 

Un scénario rouge dans la grisaille de l'été '36

Avec Fils de bourge, Éric Stalner livre un récit d'apprentissage ancré dans la France tourmentée du milieu des années 1930. À travers le destin de François Bompierre, adolescent issu d'un milieu privilégié mais enfermé dans une cellule familiale toxique, l'auteur explore les mécanismes de domination, qu'ils s'exercent dans le cadre intime de la famille ou dans celui, plus vaste, des rapports sociaux. Alors que les tensions ouvrières gagnent une petite ville industrielle à la veille du Front populaire, le jeune homme découvre auprès de fils d'ouvriers un univers fondé sur la solidarité et l'entraide, à l'opposé des valeurs autoritaires imposées par son père.

 

L'album séduit avant tout par sa capacité à faire dialoguer l'histoire individuelle et l'histoire collective. Les violences que subit François résonnent avec celles dont sont victimes les travailleurs de l'usine locale, confrontés à l'intransigeance d'une direction acquise aux idées réactionnaires. Cette correspondance entre oppression familiale et lutte sociale donne au récit une force particulière. Au fil des pages, la révolte du jeune garçon cesse d'être uniquement personnelle pour devenir une prise de conscience politique et humaine. L'ouvrage aborde ainsi des thèmes universels tels que l'émancipation, le courage, l'amitié, la transmission des idées et la quête de liberté.

 

L'un des atouts de l'album réside également dans sa restitution d'une époque charnière. Sans transformer son récit en leçon d'histoire, Stalner parvient à faire ressentir les fractures idéologiques qui traversent alors la société française, entre montée des mouvements fascisants et espoirs suscités par l'union de la gauche. Cette toile de fond historique nourrit constamment l'intrigue et lui confère une résonance qui dépasse largement le cadre de la simple BD.

 

 

 

© Stalner - Grand Angle 2026

 

Un scénario porté par l'émotion et la confrontation

La scénarisation repose sur une construction classique mais particulièrement efficace. Éric Stalner choisit de suivre l'évolution progressive de son héros, depuis son isolement initial jusqu'à son engagement aux côtés de ceux qui le considéraient d'abord comme un étranger. Une trajectoire personnelle servie par des personnages faciles à identifier, parfois volontairement archétypaux, mais suffisamment incarnés pour susciter l'attachement ou le rejet.

 

La relation entre François et son père constitue naturellement le cœur dramatique du récit. Cette opposition frontale dépasse le simple conflit générationnel pour devenir l'incarnation de deux visions du monde irréconciliables. D'un côté, l'autoritarisme, la peur et la domination ; de l'autre, la solidarité, l'ouverture aux autres et la recherche d'une forme de justice. Ce parallèle constant entre sphère privée et sphère sociale apporte de la cohérence à l'ensemble et permet au récit de gagner en intensité à mesure que la situation se tend.

L'auteur sait également ménager des moments plus contemplatifs, notamment à travers les escapades de François dans la campagne ou ses réflexions intérieures. Ces respirations évitent au récit de sombrer dans un excès de noirceur et renforcent la dimension humaine de l'histoire. Même si certains passages peuvent sembler parfois un peu démonstratifs et que quelques personnages manquent de nuances, l'ensemble reste porté par une sincérité évidente et une réelle générosité narrative.

 

© Stalner - Grand Angle 2026

 

Un dessin réaliste au service des émotions

Graphiquement, Fils de bourge s'inscrit dans la continuité du travail d'Éric Stalner. Son trait réaliste, précis et élégant, se montre parfaitement adapté à ce récit historique. Les décors industriels, les rues de province, les paysages ruraux ou encore les intérieurs bourgeois contribuent à immerger le lecteur dans l'atmosphère des années 1930. Chaque environnement semble pensé pour refléter l'état émotionnel des personnages : espaces ouverts synonymes d'évasion, lieux clos évoquant l'oppression et l'enfermement.

 

L'expressivité des visages constitue l'une des grandes réussites de l'album. La colère, la peur, la honte ou l'espoir se lisent immédiatement dans les regards et les attitudes. Cette qualité renforce considérablement l'impact des scènes les plus dramatiques, notamment celles mettant en scène les violences paternelles ou les affrontements sociaux.

 

La mise en couleur participe elle aussi à cette immersion. Les teintes lumineuses accompagnent les instants de liberté et de fraternité, tandis que des atmosphères plus sombres soulignent la brutalité du quotidien vécu par François. L'ensemble conserve une grande lisibilité et un équilibre constant entre réalisme historique et sensibilité romanesque.

 

Enfin, la symbolique visuelle développée autour de la libellule et du crapaud apporte une dimension poétique inattendue. Cette métaphore, qui accompagne le parcours intérieur du héros, illustre avec finesse son désir de s'affranchir de l'emprise paternelle et de conquérir sa propre liberté.

 

 

 

© Stalner - Grand Angle 2026

 

 

Fils de bourge est une bande dessinée engagée et profondément humaine qui réussit à faire se rencontrer le destin d'un adolescent meurtri et les grands bouleversements sociaux de son époque. Si le propos manque parfois de subtilité dans la caractérisation de certains protagonistes, la force émotionnelle du récit, la richesse de son contexte historique et la qualité du dessin emportent largement l'adhésion.

 

Un album touchant sur la résistance à toutes les formes de domination, porté par un héros dont la quête de liberté trouve un écho bien au-delà de son histoire personnelle.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Fils de bourge - Le doux Printemps 1936

Scénario, dessin & couleurs : Éric Stalner

Éditeur : Bamboo

Label : Grand Angle

Type : one-shot

Genre : chronique sociale

Thèmes : luttes sociales et ouvrières, Front Populaire, adolescente et émancipation

Parution : 29 avril 2026

Format : 24,3 x 32,1 cm

Page : 80

ISBN : 979 1 0411 1778 9

Prix : 18,90 €



Publié le 15/08/2026.


Source : Bd-best


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