Information générale concernant le monde de la BD
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" Ventura cherchait à comprendre comment une femme si humaine avait pu tuer deux hommes ... de sang-froid.

Il pensait aussi à ses trois à ses trois mariages ... Triste bilan. Il pensait à sa vie conjugale ... et la trouvait bien terne.

Ventura aurait bien donné l'absolution à Berthe ... mais il avait encore des confessions à lui soutirer."

 

C'est dans une cafétéria que l'interrogatoire de Berthe Gavignol, cette petite vieille de 102 ans à l'air si innocent mais au langage si vert, se poursuit. Et on ne peut pas dire qu'il n'est pas haut en couleurs en faits divers et récits d'amour passionné. Le pauvre inspecteur André Ventura va ainsi de surprises en surprises dans ce récit tumultueux.

 

 

 

" - Paraît qu'il y a du cadavre à la pelle dans votre cave.

- C'est mes chats. J'ai eu 8 chats et un chien, l'était pas à moi, plus il était con.

- Je ne vous parle pas de vos animaux. On a retrouvé au moins un autre crâne humain et mon ulcère me dit que ce n'est pas fini.

- J'peux avoir un café, Colombo ? L'après-midi va être long ..."

 

Car Berthe continue à collectionner les hommes ... et finit par avoir des envies de bambinos ! Mais la nature, qu'en dit-elle ? Nouveau mariage ... un Sicilien, un étalon ... au départ et sa mama à apprivoiser ... Des cavalcades chaudes et torrides mais à l'arrivée, juste des doutes et des questions ... avec les solutions "classiques" à la Berthe !

 

"Berthe ne parvenait pas à donner la vie, mais elle excellait à donner la mort.

 

Entre passions amoureuses, mariages mouvementés et révélations macabres, la centenaire dévoile un parcours marqué par les drames et les désillusions. Car quand Berthe raconte sa vie, les cadavres remontent à la surface.

 

 

© Kéramidas - Champion - Casterman 2026

 

Deuxième tome de l'adaptation du roman de Benoît Philippon, "L'Amour aux trousses" confirme la réussite du premier volet.

Nicolas Kéramidas y poursuit le récit de Berthe Gavignol, centenaire au passé aussi tumultueux que sanglant, dans un mélange parfaitement dosé de polar noir, d'humour grinçant et d'émotion. Alternant avec fluidité les souvenirs de son héroïne et son face-à-face avec l'inspecteur Ventura, l'auteur construit un récit rythmé qui captive jusqu'à la dernière page.

 

Derrière la gouaille et les réparties mordantes de Berthe se dessinent des thématiques plus profondes comme la liberté, la résilience, les préjugés familiaux ou encore les violences faites aux femmes.

 

" - J'te parle de l'après-guerre, une femme qu'arrivait pas à avoir d'enfants était fustigée ... Être parent, c'est un privilège.

- On est d'accord. mais là, vous l'avez tué car vous n'arriviez pas à tomber enceinte.

- J'avoue que j'ai perdu mon sang-froid."

 

 

Fidèle à l'esprit du roman tout en y insufflant sa propre sensibilité, Kéramidas entretient avec habileté l'ambiguïté qui entoure son héroïne : manipulatrice redoutable ou femme refusant de subir ses bourreaux ? Un questionnement permanent qui fait toute la richesse et la force de cet album aussi drôle que troublant.

 

© Kéramidas - Champion - Casterman 2026

 

Graphiquement, Kéramidas confirme tout son talent. Son trait semi-réaliste conjugue expressivité et dynamisme, tandis que ses personnages possèdent une forte identité visuelle.

La mise en scène est particulièrement efficace, alternant gags visuels, séquences dramatiques et scènes plus intimistes. Certaines planches se distinguent par leur puissance émotionnelle et témoignent d'une remarquable maîtrise narrative.

Et pour le plaisir du jeu ... couverture 1 + couverture 2 ... une visuel sanglant mais terriblement parlant ! Vivement la couv' du tome 3 pour finir le tableau !

 

 

© Kéramidas - Champion - Casterman 2026

 

Le travail de Claire Champion, tout en contraste, participe pleinement à l'ambiance de l'album. Les scènes situées au commissariat sont dominées par des tonalités froides qui renforcent la tension de l'enquête. À l'inverse, les souvenirs de Berthe baignent dans des couleurs plus chaudes et nostalgiques, évoquant un passé idéalisé malgré la violence des événements racontés.

 

 

© Kéramidas - Champion - Casterman 2026

 

Avec ce deuxième tome, "Mamie Luger" confirme être une adaptation particulièrement réussie. Porté par une narration fluide, un dessin expressif et une héroïne fascinante par son ambiguïté, l'album alterne habilement humour, émotion et noirceur.

 

Une lecture aussi divertissante que captivante, qui donne envie de découvrir sans attendre le troisième et dernier tome annoncé.

 

L'amour passe, les souvenirs restent... les corps aussi.

Drôle, tragique et furieusement irrévérencieux.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Mamie Luger

Titre : 2/3 - L'amour aux trousses

D'après le roman de : Benoît Philippon

Scénario BD, dessin : Kéramidas

Couleurs : Claire Champion

Éditeur : Casterman

Genre : polar déjanté, critique sociale, humour noir, comédie burlesque

Thème : crime, féminisme, humour, héroïne, roman policier, société, vieillesse allumée

Public : ado - adulte

Parution : 14 octobre 2026

Format : 21,9 x 28,9 cm

Page : 88

ISBN : 978 2 203 28183 7

Prix : 18 €



Publié le 14/10/2026.


Source : Bd-best


" - C'est d-d-de ton fait, m-mon épouse ?

- Est-ce que tu as vraiment besoin de le savoir ?

- C'est tr-trop ... tôt ... Néron ... n'a que 16 an-ans. Il est trop jeu-jeune pour la couronne.

- Néron est dément. Le sang corrompu des Ahenobarbus coule dans ses veines. Il ne sera jamais empereur.

- Le pe-petit Britannicus, alors ? Si fragile ... si malade ...

- Lui non plus.

- Mais alors ... qui ? A qui vas-tu offrir Ro-Rome ? Un ami ? Un am-amant, peut-être ?

- A personne d'autre qu'à moi-même.

- Une fe-femme ... sur le trône ? Uh ... Uh ... Uh ...

 

Claude a vécu 63 ans, dont 13 en tant qu'empereur, et voilà comment il est mort, en me riant au nez. Lui que, de toute sa vie, je n'avais jamais vu sourire, ne serait-ce qu'une fois."

 

 

 

An 54 apr J.-C.

Avec "Ce qui ne peut être nommé", Luca Blengino conclut la destinée d'Agrippine la Jeune, femme d'influence devenue l'une des figures les plus redoutées de la Rome impériale. Après avoir porté son fils Néron au sommet de l'État grâce à son habileté politique, elle voit progressivement son emprise se fissurer.

 

 

© Blengino - Ali - Iozza - Delcourt 2026

 

Refusant d'accepter un simple rôle de conseillère, elle rêve désormais d'un pouvoir officiel et absolu.

Cette ambition la place sur une trajectoire de collision avec son propre fils et entraîne une succession de manœuvres, de trahisons et d'alliances brisées.

 

" - Tu ... Tu connais par cœur la vie de chacun d'eux (de chaque prétorien) ?

- Je sais tout de Rome ... et c'est ce savoir qui est le véritable pouvoir absolu."

 

Le récit prend alors les accents d'une véritable tragédie, où chacun semble prisonnier de ses ambitions et de son destin.

 

 

Quand l'ambition défie le sang et fait vaciller Rome ! Car comme Agrippine s'en rendra compte tout au long de sa vie, le pouvoir absolu a toujours un prix ... et plus il se veut absolu, plus ce prix est élevé ! Cette mère d'un empereur aura, sa vie entière, Rome et son empire comme rivale.

 

© Blengino - Ali - Iozza - Delcourt 2026

 

Inutile de présenter encore cette série historique centrée sur les femmes de pouvoir ayant marqué l'Histoire.

À travers ces portraits, la série s'intéresse moins aux batailles et aux grands événements qu'aux coulisses du pouvoir. Elle explore les ambitions, les rivalités familiales, les stratégies politiques et les limites imposées aux femmes dans une société dominée par les hommes. Ce qui fait la force de cette œuvre est sa capacité à mêler rigueur historique et souffle romanesque, tout en proposant une réflexion intemporelle sur la conquête du pouvoir et ses conséquences.

 

" - Ça n'a rien à voir avec ça, Sénèque. Il aime les jeux, la musique, le sexe et la violence car il est mâle. Voilà son problème.

- Le Sénat le tolère. Et, le peuple l'aime bien. Alors quel est le problème ?

- Le peuple aimait aussi Caligula, au début. Ces dernières décennies, les mâles n'ont-ils pas fait trop de mal à Rome ? Alors pourquoi ne pas changer ? Pourquoi ne pas choisir ... une femme ?

- Mmm ... tu veux dire une femme parmi d'autres ... ou alors, tu parles de toi ?"

 

 

© Blengino - Ali - Iozza - Delcourt 2026

 

Avec un scénario au service de l'humain, Luca Blengino démontre une nouvelle fois son aisance à rendre accessibles des figures historiques complexes. Son approche privilégie les caractères et les relations entre les personnages plutôt qu'une simple succession de faits historiques. Dans ce troisième tome, il s'attache particulièrement à montrer comment l'ambition d'Agrippine, autrefois source de sa réussite, devient peu à peu la cause de son isolement. Les intrigues politiques se construisent à travers les dialogues, les calculs et les affrontements psychologiques, donnant au récit une tension constante. Le scénariste évite également de réduire ses protagonistes à leur réputation, leur offrant une profondeur et une humanité qui enrichissent considérablement la lecture.

 

© Blengino - Ali - Iozza - Delcourt 2026

 

Le travail graphique de Roberto Ali accompagne parfaitement cette descente vers l'inévitable. Son dessin expressif et théâtral, son trait mettent en valeur les émotions, les regards et les attitudes, transformant souvent les échanges les plus silencieux en moments de forte intensité dramatique. Les décors romains, palais, salles de réception ou lieux de pouvoir, sont restitués avec clarté sans jamais alourdir la narration. La mise en scène reste fluide et dynamique, tandis qu'Agrippine occupe constamment le centre visuel du récit, imposant sa présence même lorsque son pouvoir vacille.

 

 

© Blengino - Ali - Iozza - Delcourt 2026

 

Les couleurs d'Iozza jouent un rôle essentiel dans la réussite de l'album. Les nuances souvent sobres et tamisées enveloppent l'ensemble d'une ambiance grave et mélancolique créant par la même l'atmosphère tragique qui va avec la narration. Les contrastes sont employés avec finesse pour souligner les moments de tension ou les retournements décisifs. Cette palette accompagne idéalement le ton crépusculaire de l'histoire et renforce le sentiment qu'une époque, autant qu'un destin, s'approche inexorablement de sa fin.

 

 

© Blengino - Ali - Iozza - Delcourt 2026

 

Avec ce troisième volume, la série Agrippine s'achève sur une note forte et cohérente. Entre drame familial, chronique politique et reconstitution historique, Ce qui ne peut être nommé offre une conclusion dense et captivante. En retraçant le parcours d'une femme déterminée à conquérir une place que son époque lui refusait, l'album livre une réflexion passionnante sur l'ambition, le pouvoir et le prix à payer pour les exercer. Une conclusion réussie pour l'un des portraits féminins les plus marquants de la Rome antique en bande dessinée.

 

Une impératrice dans l'ombre ... une tragédie au grand jour !

 

 

Lien chronique tome 1 : Sang céleste

Lien chronique tome 1 sur Boulevard BD

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Agrippine

Tome : 3/3 - Ce qui ne peut être nommé

Scénario : Luca Blengino

Dessin : Roberto Ali

Couleurs : Angelo Iozza

Éditeur : Delcourt

Collection : Les reines de sang

Genre : Histoire

Thèmes : Antiquité, Rome, pouvoir

Parution : 19 mars 2026

Public : ado - adulte

Format : 23,2 x 32,2 x 1,4 cm

Page : 48

ISBN :  978 2 4130 8751 9

Prix : 15,50 €



Publié le 13/10/2026.


Source : Bd-best


1693. Alors que la guerre oppose la France de Louis XIV à ses ennemis européens, Vauban est appelée à protéger l'un des ports les plus stratégiques du Royaume.

Saint-Malo devient la cible d'un spectaculaire complot angalis qui menace de réduire la cité corsaire en cendres.

 

" - Quand notre brûlot aura atteint les remparts, il faudra l'y fixer par des grappins !

- On sait, sieur Dupuy ! Et ensuite, se retirer ...

- La puissance de l'explosion renversera leurs murailles, hahaha ! Les projectiles tueront ces canailles de Malouins et détruiront une partie de leur ville ! Puis nos barils d'artifice retomberont en pluie de feu, incendieront le reste de leur ville ! C'en sera fini de Saint-Malo ! Hahaha !"

 

 

En effet, profitant des rancœurs nées de la révocation de l'Edit de nantes, des exilés protestants mettent leur savoir au service de l'Angleterre et élaborent une redoutable "machine infernale" destinée à anéantir la cité corsaire.

 

" - Voici. Vu ses blessures, il était sur le vaisseau ou à proximité ...

- Qu'a-t-il de particulier ? Il n'est pas anglais ?

- La croix huguenote !

- Oui, ce n'est pas l'Ordre du Saint-Esprit : c'est un traître que nous contemplons là, messieurs."

 

Lorsque l'attaque échoue partiellement, une enquête s'engage dans un climat de trahisons, d'espionnage et de rivalités politiques.

Entre espions, traîtres et opposants religieux, l'ingénieur du Roi-Soleil doit déjouer les intrigues et pièges que ses ennemis ne manqueront pas de lui tendre.

 

© Miniac - Rossetto - Iozza - Anspach 2025

 

 

Avec "Le Piège malouin", premier volet d’un diptyque consacrée à Vauban, Jean-François Miniac entraîne le lecteur au cœur d’un épisode méconnu de l’histoire française.

 

 

L’album aborde plusieurs thèmes particulièrement riches : les conséquences religieuses et humaines de l’exil huguenot, l’affrontement entre la France et l’Angleterre, les enjeux stratégiques de la guerre navale, mais aussi la place du patrimoine militaire dans l’histoire nationale. À cela s’ajoute une réflexion sur le pouvoir, la loyauté et les compromis qu’impose le service de l’État.

La grande force de l’ouvrage réside dans sa capacité à conjuguer rigueur historique et suspense romanesque. Loin d’un simple cours d’histoire illustré, le récit se lit comme un thriller où l’action et l’investigation maintiennent l’intérêt du début à la fin.

 

© Miniac - Rossetto - Iozza - Anspach 2025

 

Passionné d'histoire et fin connaisseur du patrimoine breton, Jean-François Miniac s’est imposé au fil des années comme un auteur particulièrement attaché à la valorisation d’épisodes historiques peu connus. En 2024, il publiait déjà aux Éditions Anspach un émouvant "Oradour".

Son intérêt pour les destins individuels derrière les grands événements transparaît pleinement dans cet album. Plutôt que de livrer une biographie classique de Vauban, il choisit de mettre le célèbre ingénieur militaire au cœur d’une intrigue complexe nourrie de faits réels et d’éléments romanesques.

 

Son travail de scénarisation se distingue par une construction ambitieuse. Les différents fils narratifs s’entrecroisent : préparatifs anglais, enjeux religieux, intrigues de cour, enquêtes locales et réalisations militaires de Vauban. Les allers-retours temporels enrichissent progressivement la compréhension des événements et donnent au récit une réelle densité.

 

Surtout, Miniac évite de transformer son héros en figure monumentale et inaccessible. Il présente un homme confronté à ses responsabilités, à ses ambitions et aux conséquences de ses choix, rendant ainsi le personnage historique beaucoup plus vivant.

 

© Miniac - Rossetto - Iozza - Anspach 2025

 

Au dessin, Andrea Rossetto réalise un travail remarquable de reconstitution. Son trait réaliste s’appuie sur une documentation solide qui se retrouve dans les fortifications, les navires, les costumes et l’architecture de Saint-Malo. L’artiste restitue avec précision l’atmosphère de la fin du XVIIe siècle tout en conservant une grande lisibilité narrative. Les scènes d’action bénéficient d’une mise en scène dynamique, tandis que les séquences plus intimistes permettent aux personnages d’exister au-delà de leur fonction historique. Les paysages marins et les défenses côtières comptent parmi les réussites visuelles les plus marquantes de l’album.

 

 

 

© Miniac - Rossetto - Iozza - Anspach 2025

 

La mise en couleurs d’Angelo Iozza accompagne parfaitement cette approche réaliste. Les tonalités souvent sobres, dominées par les gris, les bleus marins et les ocres, renforcent la crédibilité de l’ensemble. Cette palette restitue autant la rudesse du climat breton que l’ambiance militaire et politique de l’époque. Sans jamais chercher l’effet spectaculaire gratuit, la couleur contribue à l’immersion et met en valeur la richesse du travail graphique.

Cet album confirme également la ligne éditoriale des Editions Anspach, qui accordent une place importante à la fiction historique au sein de leur catalogue. Aux côtés de séries et albums tels que "Kathleen", "Godefroy", "Pompéï", "Les enquêtes du commissaire Ansor", "Ommegang", ... l'éditeur belge démontre une nouvelle fois son goût pour les récits solidement documentés, capables de faire découvrir des périodes ou des personnages historiques tout en privilégiant le plaisir de lecture et d'aventure.

 

Et comme toujours dans les albums "historiques" des Éditions Anspach, ce dernier se clôture par un petit dossier informatif des plus instructifs et idéalement illustré. Centré sur les forts malouins, "Vauban, la France est son pré carré", nous permet de resituer les éléments fictifs de cette aventure dans la grande Histoire, de les lier en leur offrant un écrin de vérité historique indispensable pour sa cohésion.

 

 

© Miniac - Rossetto - Iozza - Anspach 2025

 

Porté par une intrigue captivante, une documentation sérieuse et une équipe artistique inspirée, "Vauban, Le Piège malouin" constitue uen entrée en matière particulièrement convaincante.

 

Une bande dessinée qui réussit le délicat équilibre entre transmission historique et divertissement, tout en redonnant toute son humanité à l'un des plus célèbres bâtisseurs du règne de Louis XIV.

Et chance, le tome 2 vient de paraître !

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Vauban

Tome : 1/2 - Le Piège malouin

Scénario : Jean-François Miniac

Dessin : Andrea Rossetto

Couleurs : Angelo Iozza

Éditeur : Anspach

Genre : Thriller Historique

Thèmes : thriller, espionnage, grande et petite Histoire, Bretagne, France, Vauban, Louis XIV

Public : ado - adulte

Parution : 31 octobre 2025

Format : 24 x 32 cm

Page : 64

ISBN : 978 2 9311 0526 9

Prix : 16,95 €



Publié le 12/10/2026.


Source : Bd-best


" - Que je n'ai pas de très bons amis et que mes seuls vagues amis sont les membres de la famille dollars."

 

L'histoire débute sur une vision d'apocalypse. Rose, Bass, Oscar et le jeune Cheyenne Dull découvrent Flagstone transformée en charnier. Les habitants semblent s'être exterminés les uns les autres sans raison apparente.

 

" - D'après l'odeur et la couleur des corps, je pense que ça fait au moins deux semaines qu'ils sont morts !

- On dirait qu'ils se sont entretués.

- C'est étrange, au vu de leurs ceinturons, aucun d'eux ne semble être un pro de la gâchette."

 

 

Cette tragédie n'est pourtant que le premier signe d'un mal plus vaste. En poursuivant leur route jusqu'à Tuco, les voyageurs apprennent qu'une mystérieuse malédiction frapperait les villes bâties sur d'anciens territoires cheyennes, poussant leurs habitants à la folie meurtrière.

 

" - Je ressens quelques chose de familier. On dirait ... la présence de mes ancêtres"

 

Dès lors, l'enquête de Rose se transforme en une course contre une menace invisible dont les origines plongent dans les blessures du passé.

 

 

 

© Boriau - Dhondt - Drakoo 2026

 

Après les événements sanglants de "Wanted – Portrait de sang", David Boriau et Steven Dhondt reviennent dans le même univers avec "Silent Rose – Six notes sous terre".

 

Si cet album constitue bien un récit complet pouvant être lu indépendamment, il s'inscrit clairement dans la continuité du précédent volume en reprenant plusieurs de ses protagonistes et en développant davantage le parcours de Silent Rose et de son frère Bass.

 

L'un des plaisirs principaux de cet album réside dans son mélange particulièrement réussi de western, d'horreur et de fantastique. Loin de se limiter aux codes classiques du Far West, le récit convoque les légendes amérindiennes, les traumatismes de la conquête de l'Ouest et les conséquences des violences historiques faites aux peuples autochtones.

 

© Boriau - Dhondt - Drakoo 2026

 

Le thème de la vengeance traverse naturellement l'intrigue, mais il s'accompagne aussi de réflexions sur la mémoire, la transmission des souffrances, l'origine ethnique de chacun, le racisme primaire qui sévissait dans certains états du Sud et le poids des fautes collectives. A moins que ce ne soit certaines passions pouvant conduire à l'amour ultime ?

 

" - Alors, parlez-moi de musique !

- Ah, ma raison d'être ! Ces Philistins s'en servent pour couvrir leurs rots et leurs flatulences ... alors que la musique est un lien direct avec Dieu ! En fonction de la composition, de l'intensité et du volume, vous pouvez transporter n'importe quel auditoire ! Lui faire lâcher ses bagages de poussière et de tristesse et l'emmener au-delà des songes.

[...]

Miss Rosie ... quittez cette ville demain matin ! J'ai comme un mauvais pressentiment."

 

Simple pressentiment ou avertissement de ce mystérieux Mingo Wiggins, vendeur de piano mécanique  itinérant, de passage à Tuco ? La musique n'adoucit-elle pas les mœurs ou au contraire, sa musique ne réveillerait-elle pas les souvenirs ... les cauchemars ?

 

Avec lui, s'ajoute une galerie de personnages marquants, dont Bass, dont la surdité et le mutisme deviennent de véritables éléments narratifs plutôt que de simples particularités.

 

 

© Boriau - Dhondt - Drakoo 2026

 

Au scénario, David Boriau confirme son goût pour les récits nerveux et accessibles. Son écriture privilégie l'efficacité, alternant séquences d'action, tension horrifique et moments plus intimistes. Il construit progressivement son mystère tout en maintenant un rythme soutenu qui ne laisse guère de répit aux personnages. Là où beaucoup de westerns s'appuient uniquement sur les fusillades ou les poursuites, Boriau enrichit son intrigue d'une dimension surnaturelle qui apporte une personnalité singulière à l'ensemble. Son attachement aux personnages transparaît également dans les liens qui unissent Rose et Bass, véritable cœur émotionnel du récit.

 

 

© Boriau - Dhondt - Drakoo 2026

 

Au dessin, Steven Dhondt livre une prestation énergique et expressive. Son trait dynamique privilégie l'impact visuel et la lisibilité de l'action. Les affrontements gagnent en intensité grâce à une mise en scène nerveuse, tandis que les visages traduisent efficacement la peur, la colère ou la détermination des protagonistes. L'artiste parvient également à instaurer une atmosphère inquiétante où l'étrange s'invite progressivement dans les paysages poussiéreux de l'Ouest américain. Les éléments fantastiques s'intègrent naturellement à cet environnement brutal sans jamais rompre l'immersion.

Pour les fans de BD western, un petit clin d'œil se glisse ici et là ... dont un pour un compagnon, légèrement alcoolique, de Blueberry ! A vous de le trouver !

 

La couleur joue un rôle essentiel dans cette ambiance. Les teintes chaudes et terreuses rappellent les grands espaces du western traditionnel, tandis que des nuances plus sombres et inquiétantes accompagnent les manifestations de la malédiction. Le contraste entre ces palettes renforce le sentiment de menace permanente qui plane sur l'histoire. Les scènes nocturnes, en particulier, bénéficient d'un traitement qui accentue le caractère oppressant et surnaturel du récit.

 

 

© Boriau - Dhondt - Drakoo 2026

 

La collaboration entre David Boriau et Steven Dhondt apparaît désormais parfaitement maîtrisée. Le scénariste fournit un terrain de jeu riche en rebondissements, en violence et en mystères, tandis que le dessinateur en amplifie constamment les intentions par une narration graphique vivante et immersive. Leur complémentarité permet à cette aventure de conserver un équilibre convaincant entre spectacle, émotion et fantastique.

 

 

© Boriau - Dhondt - Drakoo 2026

 

Avec "Silent Rose – Six notes sous terre ", les auteurs prolongent avec efficacité l'univers de "Wanted" tout en offrant une histoire autonome. Une lecture intense, sombre et généreuse qui confirme l'originalité de ce western fantastique où les fantômes du passé continuent de réclamer leur dû.

Un western crépusculaire où les légendes et la mémoire exigent justice ! Car là où le colt de Silent Rose se tait, la malédiction chante sur une mélodie sacrée.

 

 

Au cœur des plaines, la mort suit la partition ... cheyenne !

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Silent Rose

Titre : Six notes sous terre

Scénario : David Boriau

Dessin & couleurs : Steven Dhondt

Éditeur : Bamboo

Label : Drakoo

Genre : Western fantastique

Thèmes : aventure, vengeance, mémoire amérindienne, malédiction et surnaturel, différence et inclusion

Public : ado, adulte

Parution :  30/09/2026

Format : 21,3 x 32 cm

Page : 88

ISBN : 978 2 3823 3297 9

Prix :  18,90 €



Publié le 08/10/2026.


Source : Bd-best


" - Mmm ... Joli, le couteau à ta ceinture.

- Quoi, tu préfères te faire taillader ?

- Merde ! Il est passé où ?

- Vous l'avez vu ?

- Non.

- C'est avec ça que tu l'as achevée ?

- Putain, mais ... ?!

- Que ... ?

- Huh ?

- Au fait, le club des hétéros ... vous avez une idée de ce qui motive ma visite de ce soir ? ... La vengeance !"

 

Que se passerait-il si un homme pouvait figer le temps à volonté ? C'est la question au cœur de "Stand Still", thriller de science-fiction imaginé par Lee Loughridge.

 

 

 

 

Ryker Ruel, individu aussi séduisant que profondément dérangé, met la main sur un dispositif expérimental capable de suspendre le temps pour tous sauf pour lui. Dès lors, les assassinats spectaculaires, les disparitions inexpliquées et les actes de vengeance se multiplient à travers le monde.

 

 

© Loughridge - Robinson - Delcourt 2026

 

Face à cette menace impossible à comprendre pour le commun des mortels, seul Colin Shaw, le scientifique à l'origine de cette invention, semble capable d'en percer le mystère et d'espérer arrêter celui qui détourne ce pouvoir à des fins destructrices.

 

" - Ça n'a rien d'obsessionnel, Lara. Je dis juste que quelque chose cloche terriblement et que je dois comprendre à quoi rime ce putain de bordel ... [...] C'est grave ce qui se passe ! Il y a des chefs d'état qu'on assassine, des barons de la drogue qu'on décapite ... des cambriolages, des bourdes médiatiques invraisemblables ... et tout ça est inexplicables !

- Tu ne l'as jamais finalisé. ce ne sont que des coïncidences."

 

 

 

 

© Loughridge - Robinson - Delcourt 2026

 

Un scénario séduisant mais inégal

Dès les premières pages, "Stand Still" captive grâce à un concept particulièrement fort. L'idée de suspendre le temps ouvre un immense champ de possibilités narratives et nourrit une intrigue mêlant thriller, action et science-fiction. Le récit avance à un rythme soutenu, porté par un antagoniste fascinant dont les motivations restent longtemps obscures. Cette part de mystère entretient efficacement la curiosité du lecteur.

 

" - Besoin de rien ?

- J'ai une question.

- J'écoute beau gosses.

- Qu'est-ce que vous ne feriez pas si vous pouviez stopper le temps ?

- En voilà une drôle de question ... Ben ... Je pourrais aller dans une banque et emporter tout l'argent ... histoire de ne plus avoir à bosser dans ce boui-boui.

- J'ai demandé ce que vous ne feriez pas."

 

 

© Loughridge - Robinson - Delcourt 2026

 

Lee Loughridge construit ainsi une poursuite tendue où la question n'est pas seulement de savoir comment arrêter Ryker, mais aussi pourquoi il agit de la sorte. Derrière les scènes d'action se dessinent plusieurs thèmes intéressants : l'abus de pouvoir, la vengeance, la responsabilité morale face à une technologie incontrôlable et la corruption des élites.

 

Malheureusement, cet excellent point de départ peine à tenir toutes ses promesses. À mesure que l'histoire progresse, les révélations manquent d'impact et certaines facilités scénaristiques apparaissent.

Le récit abandonne progressivement la dimension de mystère au profit d'une succession de confrontations plus classiques. La seconde moitié de l'album semble moins inspirée, avec une intrigue qui perd en tension et une conclusion qui laisse une impression d'inachevé. On reste alors avec le sentiment qu'un concept brillant n'a pas été exploité à son plein potentiel.

 

 

© Loughridge - Robinson - Delcourt 2026

 

Andrew Robinson : la force visuelle du début

Andrew Robinson signe les premiers chapitres et impose immédiatement une identité graphique forte. Son dessin réaliste, nerveux et expressif s'accorde parfaitement avec l'ambiance du récit. Les personnages possèdent du caractère, les scènes d'action sont lisibles et le format panoramique est exploité avec intelligence.

 

Sa grande qualité réside dans sa capacité à donner une véritable ampleur cinématographique aux séquences. Les cadrages larges accentuent la sensation d'espace et renforcent l'impact des moments où le temps semble s'étirer ou se figer.

Parmi ses rares défauts, si il devait y en avoir, nous pourrions éventuellement avancer que certains passages privilégient parfois le spectaculaire au détriment de la clarté narrative. Cependant, soyons honnête, cela reste mineur au regard de l'énergie communicative de son travail.

 

 

© Loughridge - Robinson - Delcourt 2026

 

Alex Riegel : une transition difficile

La seconde moitié de l'album est reprise par Alex Riegel, dont l'approche artistique diffère sensiblement. Son trait plus stylisé et moins réaliste tranche nettement avec celui de Robinson, créant une rupture visuelle parfois déstabilisante.

 

Riegel possède pourtant certaines qualités. Son dessin apporte davantage d'expressivité et une dimension légèrement plus caricaturale qui peut convenir à certains passages plus excessifs du récit. Son découpage reste dynamique et il conserve une certaine fluidité dans les scènes d'action.

Cependant, le changement intervient de manière brutale. Les personnages perdent une partie de leur présence visuelle et certaines physionomies deviennent moins cohérentes d'une case à l'autre.

L'utilisation du format panoramique paraît également moins ambitieuse, ce qui réduit l'effet spectaculaire qui faisait la force du début de l'album.

 

Cette transition nuit à l'unité graphique de l'ensemble et accentue la baisse de régime ressentie dans le scénario.

 

 

 

© Loughridge - Robinson - Delcourt 2026

 

"Stand Still" est une BD portée par une idée de départ prometteuse et un format éditorial particulièrement séduisant. Les premiers chapitres offrent un mélange efficace d'action, de science-fiction et de suspense, sublimé par le travail d'Andrew Robinson.

Si le récit perd ensuite de sa force et souffre d'une transition graphique malheureuse, il demeure une lecture originale qui propose une réflexion intéressante sur l'usage du pouvoir et les dérives de la vengeance.

Un album imparfait, dirons certains, mais suffisamment singulier pour retenir l'attention des amateurs de thrillers atypiques.

 

La vengeance a tout son temps, surtout quand ce dernier s'arrête !

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Stand Still

Scénario & couleurs : Lee Loughridge

Dessin : Andrew Robinson & Alex Riegel

Éditeur : Delcourt

Genre : thriller d'anticipation

Thèmes : vengeance, dérive scientifique, pouvoir hors du commun

Public : ado, adulte

Parution : 2 avril 2026

Format : 30,2 x 20,3 cm

Page : 224

ISBN : 978 2 4130 9051 9

Prix : 25,95 €



Publié le 07/10/2026.


Source : Bd-best


 

" ... Si les voies du Seigneur sont impénétrables. Elles ont tout de même conduit les pas de la papamobile papale jusqu'à notre humble bourgade. Et c'est avec un plaisir incommensurable que nous pouvons derechef souhaiter la bienvenue à Sa Sainteté le petit Pape Pie 3,14 !! Petit par la taille sans doute, mais combien immense par la puissance irradiante du sacerdoce qui l'habite, et je pèse mes mots ..."

 

C'est ainsi que le petit pape Pie 3,14 est accueilli à St Connard ! Mais que va-t-il y faire ?

 

 

 

 

Quelque temps auparavant, il a reçu la visite d'un ange du Paradis Fiscal pour un petit contrôle de routine ... déclarations des contributions aux quêtes dominicales, taxe sur les fidèles éligibles à la béatitude, taxe sur la valeur ajoutée sur le mieux, ennemi du bien, contribution assujettie aux gestes de charité en dégrèvement sur les œuvres épiscopales ...

 

 

© Boucq - Fluide Glacial 2026

 

En plus de ce petit audit, cet ange avoue que certains de ses confrères seraient corrompus !

 

" - Ne me dites pas que certains anges gardiens seraient corrompus ???

- Si.

- Non ! Si on peut plus faire confiance aux anges gardiens, alors où va-t-on ?

- Il y a des brebis galeuses partout !

- Là, je tombe de haut."

 

Et au moment de repartir ...

 

" Ah oui ! J'oubliais ... Jetez aussi un coup d'œil à votre listing de saints ..."

 

Et là, surprise et stupéfaction ! Le nom de Saint Connard a été barré ! Pourquoi ? Par qui ?

N'écoutant que son devoir pastoral, désireux de n'abandonner aucune brebis, voilà donc Pie 3,14 et son garde du corps-chauffeur, Monseigneur Gontrand, en route pour cette petite municipalité, perdue quelque part en France !

 

© Boucq - Fluide Glacial 2026

 

Mais entre Saint-Connard-le-Viel et Ville-Neuve-de-Saint-Connard, il y aurait de quoi perdre tout sens de bon sens ! Raymond Devos n'aurait pas pu mieux dire dans son "Sens interdit" !

Entre tradition et modernité, ancienne et nouvelle un voyage en absurdie où l'humour est à chaque page ... Jeux de mots, allusions à des "classiques", références à peine voilées, on rigole joyeusement ...

 

" - Vous n'êtes pas sans savoir qu'on ne rentre pas dans un paradis fiscal comme dans un moulin. Faut montrer patte blanche ..."

 

 

© Boucq - Fluide Glacial 2026

 

Avec ce troisième tome, François Boucq entraîne une nouvelle fois son étonnant Petit Pape dans un voyage où le non-sens sert de révélateur aux travers du monde moderne. Entre une cité attachée à des traditions devenues incompréhensibles et une autre fascinée par les promesses de la technologie, "Bienvenue à St-Connard" déploie un humour aussi loufoque que caustique. La rencontre avec des policiers pratiquant l'« air-moto », une papamobile munie d'un parachute, des laboratoires d'humains augmentés ou encore d'étranges « zavatars » nourrit une comédie satirique qui s'amuse des excès de notre époque sans jamais perdre son goût du décalage.

 

" Monseigneur Gontrand actionne aussi sec le levier des prières de secours, situé à gauche sur le tableau de bord de la papamobile déclenchant ainsi l'intervention du Saint-Esprit, qui trouve toujours la solution la plus adaptée pour sortir des situations périlleuses.

- Votre papamobile a plus d'un tour dans son sac, si vous me permettez l'expression.

- Et moi, Très Saint-Père, je dirais que vous descendez des cieux comme personne !

- Vous devez sans doute faire des allers et retours fréquemment entre là-haut et ici-bas, n'est-ce pas ?

- Ho, de temps en temps, oui ... "

 

 

Au cœur du récit, Pie 3,14 conserve toute sa singularité. Avec sa naïveté bienveillante et son regard dépourvu de cynisme, il traverse ces univers improbables comme un observateur curieux plutôt qu'un juge. Son parcours rappelle celui d'un Candide moderne découvrant des sociétés dont les règles paraissent aussi extravagantes que familières. À travers lui, Boucq confronte deux visions opposées du monde : le repli sur des traditions vidées de leur sens et la foi aveugle dans le progrès technologique et ses risques de dérives ... notamment ici par une vie virtuelle, mensongère cachée derrière son "zavatar" !

 

© Boucq - Fluide Glacial 2026

 

Graphiquement, l'album offre un festival d'idées visuelles qui confirme tout le talent de François Boucq. Son dessin expressif regorge de trouvailles visuelles, qu'il s'agisse d'architectures défiant la logique, de véhicules improbables ou de décors transformés par l'absurde. Les perspectives audacieuses et les déformations des paysages participent pleinement à l'atmosphère du récit.

Les couleurs d'Alexandre Boucq apportent quant à elles chaleur et lisibilité à cet univers foisonnant, tout en renforçant les contrastes entre les mondes explorés par le Petit Pape.

 

L'album séduit avant tout par son imagination débordante et son plaisir évident à pousser chaque idée jusqu'à son point le plus extravagant. Une satire réjouissante où certains gags frappent juste et offrent une lecture particulièrement jubilatoire, tandis que d'autres apparaissent plus prévisibles ou moins percutants. Cette irrégularité n'empêche toutefois pas l'ensemble de conserver une identité forte, portée par l'inventivité de son auteur et son regard amusé sur les contradictions contemporaines.

 

 

© Boucq - Fluide Glacial 2026

 

"Bienvenue à St-Connard" est une fable satirique, une caricature rafraîchissante où François Boucq oppose tradition et modernité à travers une succession de situations aussi absurdes qu'éclairantes.

Porté par un héros attachant, un humour décalé et une réalisation graphique toujours impressionnante, ce troisième tome offre une lecture à la fois légère et réfléchie.

Une œuvre singulière qui confirme la capacité de Boucq à transformer l'absurde en outil d'observation du monde qui nous entoure.

 

 

Et pour les convertis, il existe une jaquette "spéciale" et un ex-libris à se damner ...

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Le Petit Pape Pie 3,14

Tome : 3 - Bienvenue à St Connard

Scénario & Dessin : François Boucq

Couleurs : Alexandre Boucq

Éditeur : Bamboo

Label : Fluide Glacial

Genre : humour

Thèmes : crédulité, clonage numérique, ancien-moderne, technologie et progrès

Public : tout

Parution : 8 avril 2026

Format : 22,8 x 29,4 cm

Page : 56

ISBN : 979 1 0382 0953 4

Prix : 13,9 €



Publié le 04/10/2026.


Source : Bd-best


" - Ma carrière a commencé un matin à Orléans. Avant de devenir la shérif la plus crainte des États-Unis, je n'étais qu'une jeune femme éprise de justice et de liberté. [...]

J'étais jeune et déterminée. J'étais, disons, une ingénue sans scrupules."

 

Au milieu du XIXe siècle, 1851, Cécile étouffe dans une société qui refuse aux femmes le droit d’exercer la justice. Fille du procureur d’Orléans, brillante, indépendante et dotée d’un solide caractère, elle rêve pourtant de devenir magistrate. Mais face à des lois aussi rigides que les corsets de l’époque, ses ambitions se heurtent à un mur.

 

" - Quelle promesse que cette vie sous tutelle que vous m'offrez !

- Je t'enjoins de mener une vie conforme à la morale. Tu veux être libre ? Apprends que seule la droiture est émancipatrice.

- Non seule le droit émancipe !"

 

 

Après une série de disputes familiales, quelques soirées bien arrosées et une rencontre pour le moins mouvementée avec le pianiste américain Louis-Moreau Gottschalk, la jeune femme décide de tout quitter.

 

" A quoi bon opposer femmes symboliques et femmes réelles ? Je ne saurais vivre plus longtemps ce paradoxe d'être fantasmée autant que crainte. Je ne vois pas d'avenir en France et j'étouffe à cette idée ...

Papa, je pars."

 

Direction les États-Unis, terre de promesses où elle espère enfin pouvoir choisir sa destinée. Et c'est ainsi que face au douanier qui enregistre son arrivée sur le sol américain, elle se présente comme "avocate amateur" ... "lawyer" !

 

© Coutard - Guissard - Casterman 2026

 

Le voyage, loin d’être une simple croisière d’agrément, la confronte à toutes sortes de dangers et d’injustices qui renforcent encore sa détermination.

À bord d’un train en route vers La Nouvelle-Orléans, Cécile, grâce à son sang-froid, met en échec 3 braqueurs, alors que son voisin, shérif de son état et trouillard, préfère ne pas intervenir. Mais sitôt la situation réglée, ce dernier se montre davantage tenté par la corde que par la justice. Cécile, prouvant vite qu’elle manie aussi bien les mots que le courage, refuse de fermer les yeux et sauve de la pendaison le trio de hors-la-loi.

Son sens de la justice, son franc-parler et sa détermination lui forgent rapidement une réputation inattendue, jusqu’à la conduire à prendre les rênes de la loi dans la petite ville de Mobile.

 

© Coutard - Guissard - Casterman 2026

 

Avec "Cécile la Shérif", Victor Coutard et Walter Guissard livrent un western atypique qui mêle aventure, humour et réflexion sur la justice. Derrière son ton léger et son rythme enlevé, l'album raconte surtout le combat d'une jeune femme déterminée à s'affranchir des limites que son époque impose aux femmes.

 

" - Je vous défendrai bien !!!

- Hahahahaha ! Les femmes à la cuisine !

- Il vaudrait mieux que vous raccommodiez les chaussettes de votre mari !

- Vous n'êtes pas près de porter cette robe-là !"

 

Refusant de renoncer à son rêve de rendre la justice, Cécile entreprend un voyage qui la conduit jusqu'aux États-Unis, où elle découvrira que faire respecter la loi est souvent plus compliqué que de l'énoncer.

 

"Selon les Etats-Unis et coutumes locales, quand on n'est pas coupable, on n'est pas pendu et si on n'est pas pendu, on est innocent."

 

Le récit s'appuie sur une succession de péripéties parfois burlesques, mais ne perd jamais de vue son sujet central : la défense du droit contre l'arbitraire.

 

© Coutard - Guissard - Casterman 2026

 

À travers son héroïne, l'album aborde avec intelligence des thèmes comme l'égalité entre les sexes, l'accès à la justice, les abus de pouvoir ou encore la peine de mort. Sans être donneur de leçons, il rappelle l'importance de règles communes et d'institutions capables de protéger chacun.

Cécile séduit par son énergie et ses contradictions. Courageuse sans être invincible, idéaliste sans être naïve, elle avance portée par ses convictions tout en affrontant ses propres doutes. Autour d'elle gravite une galerie de personnages pittoresques qui apportent humour, relief et dynamisme à une aventure riche en rebondissements.

 

 

© Coutard - Guissard - Casterman 2026

 

Graphiquement, Walter Guissard accompagne parfaitement cette histoire avec un dessin expressif et très vivant. Les personnages semblent constamment en mouvement, tandis que le découpage nerveux et les couleurs éclatantes insufflent à l'ensemble une énergie communicative. Les pleines pages "muettes" sont d'autant plus spectaculaires qu'elles donnent à chaque fois un rebond d'énergie à la narration.

 

Cet habillage visuel moderne renforce autant les scènes d'action que les passages plus légers.

 

 

© Coutard - Guissard - Casterman 2026

 

À la fois divertissement populaire, récit d'émancipation et réflexion accessible sur la notion de justice, "Cécile la Shérif" réussit le pari de faire réfléchir sans sacrifier le plaisir de lecture. Un album généreux, drôle et engagé, porté par une héroïne qui prouve que les lois n'évoluent jamais aussi vite que celles et ceux qui osent les remettre en question.

Du Palais de Justice au Far West, il 'y a qu'un pas que Cécile n'hésitera pas à franchir ... d'un bond !

 

Entre aventure, humour et réflexion sur la place des femmes dans la société, le destin conduit finalement cette jeune femme vers une fonction qu’aucune loi n’aurait jamais imaginée pour elle : celle de shérif.

Les lois lui fermaient la porte, elle enfoncera celles des saloons.

 

© Coutard - Guissard - Casterman 2026

 

Une étoile, un revolver et beaucoup de caractère plus tard, Cécile prouve que la justice n’est pas une question de genre, mais de conviction. Et des convictions, elle en a largement assez pour faire trembler tout l’Ouest américain.

 

Une ode à la justice, portée par une héroïne qui ne baisse jamais les yeux.

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Cécile la Shérif

Scénario : Victor Coutard

Dessin & couleurs : Walter Guissard

Éditeur : Casterman

Genre : roman graphique

Thèmes : émancipation féminine, western burlesque, allégorie

Parution : 4 mars 2026

Format : 21 x 28 cm

Page : 120

ISBN : 978 2 2032 9334 2

Prix : 24 €



Publié le 04/10/2026.


Source : Bd-best


" - Je t'ai aimé dès le premier jour, Victorien, mais j'avais si peur de briser votre amitié.

- Ne t'inquiète pas, Alexis et moi en avons longuement discuté ... Nous resterons toujours les meilleurs amis du monde

- NON, C'EST MOI, MOI !!!

- Mais nous étions d'accord ...

- COMMENT PEUX-TU, JEANNE ?!! COMMENT PEUX-TU PREFERER CET AVORTON ?!! JE ME VENGERAI. J'ATTENDRAI 10, 15 OU 20 ANS S'IL LE FAUT, MAIS ÇA VIENDRA COMME UN COUP DE TONNERRE ! ET VOUS ME SUPPLIEREZ TOUS LES DEUX A GENOUX. OUI, A GENOUX."

 

1902, 20 ans ont passé. A Paris, Arsène Lupin assiste impuissant à la trahison d'un de ses hommes, Gilbert.

 

 

 

Ce dernier lui a proposé le cambriolage de la demeure du député Daubrecq ! Ayant reçu un refus du gentleman-cambrioleur, il décide d'organiser malgré tout le coup avec un autre malfrat !

 

" - J'aurais jamais cru que Gilbert vous f'rait un p'tit dans le dos, patron. Dire que c'est vous qui l'avez tiré de la rue.

- De la rue ou d'ailleurs, la règle est la même. Aucune cambriole sans mon autorisation. Et encore moins avec des salopards qui ne sont pas de ma bande. L'autre type, c'est L'Ouvre-Boîte."

 

Malheureusement ce cambriolage tourne au drame, au carnage. Gilbert et son complice, L'Ouvre-Boîte, se disputent un mystérieux objet lorsqu'ils sont surpris par le majordome de la demeure. La confrontation dégénère en bain de sang : coups de feu, lancés de couteaux et deux morts, le domestique et L'Ouvre-Boîte.

 

 

© Félix - Janolle - Walter - Grand Angle 2026

 

Gravement blessé, Gilbert ne peut fuir lorsque Lupin arrive sur les lieux. Avant son arrestation, il lui remet un simple bouchon de cristal dont il n'a pas le temps de révéler le secret.

Accusé de meurtre et présenté comme complice du célèbre cambrioleur, Gilbert semble voué à la "Veuve", la guillotine. Fidèle à sa parole, Lupin jure pourtant de le sauver. Commence alors une course contre la montre où s'entremêlent crimes, vengeance de plus de 20 ans, chantage, scandales politiques et secrets d'État. Derrière l'apparente banalité du fameux bouchon se cache une révélation capable d'ébranler les plus hautes sphères du pouvoir.

 

" - Gilbert est votre fils, mais c'est un peu le mien aussi, et je refuse qu'il paye ma dette, car, à travers lui, j'en suis sûr, c'est moi qu'on veut atteindre. Je vous ai dit que je le sauverai, et Lupin n'a qu'une parole.

- Mon fils est pourtant toujours en prison !

- J'ai réalisé les cambriolages les plus improbables, découvert les trésors les mieux cachés ... Je suis un génie qui ne peut perdre."

 

Pour disculper son ami, préserver son honneur, sauver sa légende, Lupin ne tue jamais et n'a qu'une seule parole, il lui faudra percer ce mystère en un temps record. Pour cela, il doit affronter un adversaire exceptionnellement retors.

Une chasse au secret où le chasseur devient parfois la proie ... voilà à quoi est confronté pour une fois notre héros.

Habitué à manipuler les événements, le gentleman cambrioleur se retrouve cette fois sur la défensive, contraint d'improviser face à un ennemi qui devance souvent ses plans. Poussé jusque dans ses derniers retranchements, il n'aura de cesse à utiliser toutes ses ressources pour vaincre son ennemi ...

 

" - Le génie ne s'explique pas, il s'admire ! Venez !"

 

 

© Félix - Janolle - Walter - Grand Angle 2026

 

Cette inversion des rôles, alliée à un suspense constamment relancé, fait du "Bouchon de cristal" l'un des romans les plus tendus, sombres et captivants du cycle lupinien. Cette fois, Lupin a un temps d'avance... de retard.

Parmi les aventures les plus marquantes de Maurice Leblanc, "Le Bouchon de cristal" se distingue par la place inhabituelle qu'il réserve à Arsène Lupin.

Dans la chronologie lupinienne, cette enquête se déroule avant le mystère de "L'Aiguille Creuse".

 

 

Publié en 1912, le roman original de Maurice Leblanc demeure l'une des aventures les plus tendues du héros. L'auteur y abandonne en partie la légèreté de certaines intrigues pour construire un récit plus sombre, marqué par les jeux d'influence, le chantage et la corruption politique.

Dans cette France de la Troisième République secouée par les scandales, il développe une mécanique narrative particulièrement efficace où les révélations s'enchaînent sans jamais briser le rythme. Les rebondissements sont nombreux, mais chacun trouve sa place dans une intrigue remarquablement construite.

 

Plus qu'un simple roman policier, "Le Bouchon de cristal" interroge les rapports entre pouvoir, justice et vérité, tout en mettant en scène un Lupin inhabituellement vulnérable, ce qui contribue largement à la force du récit.

 

 

© Félix - Janolle - Walter - Grand Angle 2026

 

Pour cette adaptation en bande dessinée, Jérôme Félix choisit de respecter l'esprit du roman tout en s'autorisant certaines libertés narratives. Son travail ne consiste pas à reproduire mécaniquement chaque épisode, mais à traduire l'essence de l'œuvre dans un format graphique plus direct et plus dynamique. Le scénariste condense certains passages, accentue la fluidité de la lecture et met en avant la tension permanente qui anime le récit. Le suspense demeure intact, porté par une narration nerveuse qui valorise les affrontements psychologiques autant que les scènes d'action. Cette approche permet à l'album de conserver la richesse de l'œuvre originale tout en offrant une lecture accessible aux amateurs de bande dessinée contemporaine.

Les thèmes abordés restent étonnamment actuels. La corruption des élites, les pressions exercées par le pouvoir, la manipulation de l'information, les mécanismes du chantage ou encore la quête de justice constituent la colonne vertébrale de l'intrigue. À cela s'ajoute la thématique de la vengeance, omniprésente dans les motivations des protagonistes.

 

© Félix - Janolle - Walter - Grand Angle 2026

 

L'un des grands atouts de cette adaptation de Jérôme Félix réside dans sa capacité à restituer la tension constante du roman. Le lecteur est entraîné dans une succession de coups de théâtre où chaque certitude vole rapidement en éclats. Voir Lupin contraint d'improviser face à un ennemi qui lui tient tête procure également un plaisir particulier, tant cette situation demeure rare dans son univers.

 

 

Jérôme Félix s'est progressivement imposé comme l'un des principaux artisans du renouveau de Lupin en bande dessinée. Habitué des adaptations liées à l'œuvre de Maurice Leblanc, il a notamment signé "Arsène Lupin contre Sherlock Holmes" ainsi que "Arsène Lupin et le dernier secret de Nostradamus". Son expérience du personnage se ressent à chaque page. Il maîtrise les codes de l'aventure lupinienne tout en veillant à moderniser le rythme de lecture. Sa scénarisation privilégie l'efficacité sans sacrifier la complexité de l'intrigue. Les nombreux fils narratifs demeurent lisibles et les enjeux restent constamment clairs malgré la densité du récit.

 

© Félix - Janolle - Walter - Grand Angle 2026

 

Au dessin, Alain Janolle apporte une solide dimension réaliste à l'ensemble. Son trait précis restitue avec beaucoup de crédibilité l'atmosphère de la Belle Époque et de la Troisième République. Les décors urbains, les demeures bourgeoises, les costumes et les ambiances de l'époque bénéficient d'une attention particulière qui renforce l'immersion. L'artiste excelle également dans la mise en scène des visages et des expressions, donnant du relief aux affrontements psychologiques qui ponctuent le récit. Son découpage dynamique accompagne efficacement les multiples rebondissements et participe au sentiment d'urgence qui traverse l'album.

 

La mise en couleur joue enfin un rôle essentiel dans la réussite de l'ouvrage. Les teintes choisies installent une ambiance à la fois élégante et inquiétante, parfaitement adaptée à cette histoire de complots et de secrets politiques. Les contrastes accompagnent les changements de ton du récit, alternant moments de tension, scènes d'action et séquences plus intimistes. L'ensemble contribue à recréer une époque révolue sans tomber dans la simple reconstitution historique.

 

 

© Félix - Janolle - Walter - Grand Angle 2026

 

Avec cette adaptation du Bouchon de cristal, Jérôme Félix et Alain Janolle réussissent à redonner vie à l'un des romans les plus passionnants de Maurice Leblanc. Fidèle à l'esprit du matériau d'origine tout en exploitant pleinement les possibilités du médium bande dessinée, l'album offre une lecture captivante où suspense, aventure et critique sociale s'entremêlent avec une remarquable efficacité. Une excellente porte d'entrée pour découvrir cette enquête emblématique, mais aussi une redécouverte particulièrement réussie pour les lecteurs déjà familiers des exploits du gentleman cambrioleur.

 

 

L'album se clôture par un dossier fort instructif de Jérôme Félix, " De Marius Jacob à Arsène Lupin : la naissance d'une légende". J'imagine que vous aurez aisément cerné le sujet de ces 7 pages !

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Arsène Lupin

Tome : 5 - Le bouchon de cristal

D'après : les romans de Maurice Leblanc

Scénario & adaptation : Jérôme Félix

Dessin : Alain Janolle

Couleurs : Walter

Éditeur : Bamboo

Label : Grand Angle

Genre : policier

Thèmes : enquête, mystère, aventure, vengeance, fidélité

Public : tout

Parution : 7/10/2026

Format : 24,3 x 32 cm

Page : 72

ISBN : 979 1 0411 1390 3

Prix : 17,90 €



Publié le 03/10/2026.


Source : Bd-best


" Vous qui aimez la BD, je ne sais pas si vous vous rendez compte de la chance incroyable que nous avions eu quand nous étions gamins, nous, les fans de ma génération ... [...] Eh oui ! Vous imaginez ça, tous les jeudis, dans le même journal, on retrouvait Franquin, Morris et Gosciny, Peyo, Jijé, Hubinon et Charlier, Sirius, Tillieux ... Bref, tous ceux qui sont restés pour moi les plus grands auteurs BD de tous les temps ...

Bien sûr, après, je sais qu'il y a eu beaucoup d'autres séries fabuleuses et énormément d'auteurs au talent extraordinaire ..."

 

Et parmi eux, l'auteur de ces lignes ... Dany.

En refermant ce deuxième volume des Inédits de Dany, j'ai surtout eu l'impression d'avoir feuilleté les cartons à souvenirs d'un immense auteur.

 

 

 

Plus qu'un simple recueil, l'album rassemble une étonnante diversité de travaux : récits publiés dans Spirou, adaptations en BD de chansons de Brel, Brassens, Gainsbourg ou Hallyday, affiches de cinéma, illustrations rares, magnifiques vues de châteaux wallons et hommages aux grandes figures du neuvième art.

 

© Yann - Dany - BD Must 2026

 

Ce qui frappe avant tout, c'est l'éclectisme de l'ensemble. Dany passe d'un univers à l'autre avec une aisance remarquable tout en conservant une identité graphique immédiatement reconnaissable. Connu pour des classiques comme Olivier Rameau, Arlequin ou Histoire sans héros, il rappelle ici qu'il fut aussi un collaborateur prolifique de Spirou et un illustrateur capable de donner vie aux sujets les plus variés.

 

 

© Dany - BD Must 2026

 

Graphiquement, le plaisir est constant. Fantaisiste ou réaliste, son trait reste d'une élégance et d'une fluidité exemplaires. Chaque page témoigne de son sens du mouvement, de sa précision et de sa capacité à captiver le regard. Les reproductions réalisées à partir des planches originales permettent d'ailleurs d'apprécier pleinement la finesse de son dessin, tandis que les couleurs restituent toute la richesse et la chaleur de son univers.

 

 

© Dany - BD Must 2026

 

J'y ai retrouvé tout ce qui fait le charme de Dany : la diversité, la maîtrise et cette faculté rare de rester immédiatement identifiable quel que soit le registre abordé. Pour les amateurs de l'auteur comme pour les nostalgiques de la grande époque de la BD franco-belge, cet album constitue une véritable mine de découvertes. Et la bonne nouvelle, c'est que l'aventure ne s'arrête pas là puisque le 3e tome des " Inédits de Dany" est paru ce 28 septembre, de quoi prolonger encore l'exploration d'une carrière aussi riche que fascinante.

 

 

© Dany - BD Must 2026

 

Particularité, comme souvent chez cet éditeur, le tirage est limité. Ici à 1000 exemplaires, dont 250 sont enrichis d'un ex-libris numéroté et signé.

 

 

Une pépite de souvenirs à ne pas laisser prendre la poussière !

Un voyage au cœur d'un talent aux multiples facettes !

 

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Les inédits de ...

Tome : Dany, t 2

Scénario : Dany, Yann, Didier Conrad, Yvan Delporte

Dessin & couleurs : Dany

Éditeur : BD Must

Genre : anthologie, recueil, humour

Parution : 26 février 2026

Format : 22 x 30 cm

Page : 120

ISBN : 978 2 87535 965 0

Prix : 49,95 €



Publié le 03/10/2026.


Source : Bd-best


 

Quel est votre pire souvenir d'école ? Quel est ce moment que vous auriez aimé ne jamais vivre ? De honte ? De harcèlement ou victime de la risée de tous ? Ou tout simplement un mauvais souvenir qui resurgit de temps et autres en fonction d'une odeur, d'une sensation, d'un geste ou d'une parole ... voire d'un aliment comme un salsifis ou des choux de Bruxelles ? A moins que cela ne soit au contraire un "mauvais coup" que vous avez réalisé ?

 

Vous ne vous en rappelez plus ? Vous avez préféré l'oublier ? Moi, pas forcément ... surtout à la lecture de ce recueil "Les 400 coups : certains les font, et d'autres les prennent" d'un collectif d'une vingtaine d'auteurs/autrices.

 

 

Les souvenirs d'école ne sont pas toujours synonymes d'insouciance. Évidemment, il y a ces moments inoubliables de rire, de joie, de découverte, ces profs qui nous ont marqués ... souvent en bien ... mais aussi parfois en mal ... qui nous ont traumatisés ...

 

" A l'école, bah oui, on prend des coups. On se fait engueuler. On apprend à filer droit. C'est pour votre bien, les enfants.

Les souvenirs, moi, je les transforme en BD. C'est plus simple que d'aller chez le psy, et ça en plus, ça fait marrer les gens."

 

C'est ainsi qu'Evemarie rassemble témoignages et souvenirs de copains, de collègues ... d'inconnus ... Tous ont vécus "ces méthodes pédagogiques d'une autre époque" et ont envie, besoin de les partager, de les exorciser en les racontant, les exprimant dans une courte scénette !

 

 

© Fluide Glacial 2026

 

Cet ouvrage collectif s'intéresse dès lors à ces blessures laissées par la vie scolaire : harcèlement, moqueries, exclusions, abus d'autorité ou sentiments d'injustice. Malgré la gravité de certains témoignages, l'humour et l'autodérision permettent souvent d'adoucir le propos.

 

 

© Mazurie - Fluide Glacial 2026

 

Sous la coordination d'Evemarie, vingt-deux auteurs et autrices de bande dessinée partagent des fragments de leur jeunesse. Cette diversité de voix offre un panorama riche et contrasté des expériences vécues sur les bancs de l'école.

 

Les récits privilégient la sincérité et prennent la forme de souvenirs personnels, parfois émouvants, parfois drôles, mais toujours authentiques. Ensemble, ils dressent un portrait nuancé d'une institution qui peut autant construire que blesser. Rires de cour, blessures durables ... chacune de ces "confessions intimes "est une page de douleur parfois enfuie en plus profond de chacun ! La raconter peut être manière de l'exorciser pour la victime ... comme pour celles et ceux qui n'osent partager leurs propres "souvenirs".

 

 

© Mazurie - Fluide Glacial 2026

 

Côté graphique, chaque artiste conserve son univers, alternant approches réalistes, humoristiques ou plus intimistes. Cette variété visuelle accompagne efficacement les différentes tonalités des témoignages.

 

Le travail des couleurs suit cette même logique de diversité, passant de palettes lumineuses à des ambiances plus sombres selon les émotions évoquées.

 

© Mazurie - Fluide Glacial 2026

 

Au-delà du recueil de souvenirs, l'album invite à réfléchir à l'impact durable des années d'école et remet en question une vision idéalisée du passé scolaire. Un ouvrage sensible, souvent touchant et parfois percutant, qui donne la parole à des expériences longtemps restées silencieuses.

 

Derrière les cahiers, les cicatrices de l'enfance ont parfois la vie dure et la mémoire tenace.

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Les 400 coups : certains les font, et d'autres les prennent

Directrice d'ouvrage : Evemarie

Scénario : Arnaud le Gouëfflec, B-Gnet, Bob, Claire Bouilhac, Efix, Evemarie, Fabcaro, Fabrice Erre, Gally, Gilles Rochier, Guillaume Bouzard, Guillaume Guerse, James, Jean-Christophe Mazurie, Jocelyn Joret, Jérôme Jouvray, Laetitia Coryn, Nicolas Moog, Nikola Witko, Romain Dutreix, Thibault Soulcié 

Dessin : Arnaud le Gouëfflec, B-Gnet, Bob, Claire Bouilhac, Efix, Evemarie, Fabcaro, Fabrice Erre, Gally, Gilles Rochier, Guillaume Bouzard, Guillaume Guerse, James, Jean-Christophe Mazurie, Jocelyn Joret, Jérôme Jouvray, Laetitia Coryn, Nicolas Moog, Nikola Witko, Romain Dutreix, Thibault Soulcié 

Couleurs : Fabcaro, Gilles Rochier, Jean-Christophe Mazurie, Jocelyn Joret

Éditeur : Fluide Glacial

Genre : humour (noir)

Thèmes : souvenirs d'école, harcèlement

Public : tout

Parution : 26 août 2026

Format : 29,4 x 22,7 x 1,6 cm

Page : 112

ISBN : 979 1 0382 1015 8

Prix : 18,90 €



Publié le 29/09/2026.


Source : Bd-best


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