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Avec "L'Affaire des hommes disparus", 1er tome des "Mystères de Hobtown, Kris Bertin et Alexandre Forbes nous entraînaient dans une enquête en apparence classique menée par dana et les membres du "Teen Detective Club", à la recherche du père de Sam Finch, mystérieusement disparu comme 5 autres cinquagénaires avant lui dans cette petite villecôtière de 6.006 habitants.

Entre disparitions inquiétantes, meurtres inexpliqués et comportements étranges, Hobtown dévoilait déjà un visage troublant, où la résolution de l'affaire ne dissipait finalement qu'une partie de l'ombre qui pesait sur la bourgade.

 

Car une évidence s'imposait déjà : Hobtown n'est pas une simple ville où se produisent des crimes. Quelque chose y agit, de manière diffuse, insaisissable, presque organique. Et même si l'affaire semblait close, les mystères, eux, demeuraient bien vivants.

 

 

 

© Bertin - Forbes - Fisher-Kouhi - Delcourt 2026

 

Trois mois plus tard, alors que les fêtes de fin d'année approchent, une tradition locale vient raviver ce sentiment d'étrangeté. lors du "Jour de l'ermite", les habitants se rassemblent pour observer un vieil homme traverser la rivière gelée avant de regagner sa grotte, figure énigmatique semblant incarner un savoir ancien, enfoui. mais cette année, le rituel déraille : en apercevant l'Académie de Knotty Pines, l'ermireest pris d'effroi, s'effondre, et laisse derrière lui une foule sidérée. Ce basculement brutal agit comme un signal. Quelque chose, à Hobtown, refuse de rester enfoui.

 

" - Il a vu quelque chose.

- Pourquoi il fait ça ?

- C'est un mystère !

- Il regarde vers la montagne.

- Non, c'est nous qu'ils regarde !

- NON. Il regarde la vieille école."

 

Au même moment, Pauline et Brennan, 2 membres du Club des détectives, s'apprêtent à intégrer cette académie prestigieuse, censée former depuis des générations les futures élites de la ville. isolé, perché au cœur d'une forêt dense, l'établissement impose d'emblée une atmosphère pesante.

Très vite, un malaise s'installe. Le Directeur et la Directrice se montrent autoritaire, presque hostile. Les élèves semblent étrangement uniformisés, comme vidés de leur individualité. Quant aux enseignements, ils s'éloignent de toute normalité : discipline physique extrême, cours archaIques, méthodes intrusives et dérangeantes. Peu à peu, une impressions s'impose : les élèves ne sont pas simplement éduqués, ils sont modelés, transformés.

 

© Bertin - Forbes - Fisher-Kouhi - Delcourt 2026

 

C'est dans ce cadre que se déploie "L'Ermite maudit", qui marque un tournant radical par rapport au 1er tome de la série. Là où "L'Affaire des hommes disparus" empruntait encore les codes du polar adolescent, même en les déstabilisant, ce 2e volume bascule pleinement dans une horreur diffuse, insidieuse, qui ne repose plus sur la logique mais sur un ressenti. Le récit devient plus dense, plus touffu, parfois volontairement confus. Mais cette confusion n'est pas une faiblesse : elle est constitutive de l'expérience. chercher à tout comprendre devient vain. le lecteur, à l'image des personnages, est plongé dnas une perte progressive de repères, où chaque indice n'éclaire pas l'intrigue mais accentue le malaise.

Le récit devient plus dense, plus touffu, parfois volontairement confus. Mais cette confusion n’est pas une faiblesse : elle est constitutive de l’expérience. Chercher à tout comprendre devient vain. Le lecteur, à l’image des personnages, est plongé dans une perte progressive de repères, où chaque indice n’éclaire pas l’intrigue, mais accentue le malaise.

 

Ce glissement narratif accompagne une radicalisation du prpos. Car Knotty Pines n'est pas seulement un décor gothique propice à l'angoisse. L'académie apparaît comme un outil de reproduction sociale, un espace de normalisation où s'élaborent les futurs garants de l'ordre ancien. On y inculque discipline, obéissance, conformité. On y fabrique des héritiers chargés de perpétuer une vision du monde héritée des fondateurs de la ville.

 

© Bertin - Forbes - Fisher-Kouhi - Delcourt 2026

 

C'est ici que le récit dévoile sa profondeur thématique. Déjà esquissée dans le 1er tome, la question de l'héritage coloniale devient centrale. L'école a été fondée par Lord Benedict Hobb à l'emplacement même d'une ancienne colonie détruite, selon le récit officiel, par "les Français et les Indiens". Une version de l'Histoire simplifiée, biaisée, voire falsifiée. La famille Hobb, toujours à la tête de l'établissement, entretient cette version, glorifie ses origines et impose une lecture héroïsée du passé. L'académie elle-même devient ainsi le prolongement de cette mémoire réécrite.

 

Le "Registre des pionniers", conservé au sein de l'école, incarne cette idéologie. il distingue ceux qui appartiennent à la lignée légitime et ceux qui en sont exclus. Brennan, d'ascendance micmaque, et Pauline acadienne, n'y figurent pas. Leur absence agit comme une condamnation silencieuse : ils ne comptent pas ! L'histoire officielle les efface, les relègue à la marge. A travers ce dispositif, Bertin met en lumière des mécanismes très réels d'exclusion et d'invisibilisation, qui résonnent avec les tensions historiques et contemporaines propre du Canada. Mais pas qu'à lui !

Dans cet environnement hostile, l'enquête menée par Pauline et Brennan prend une dimension plus intime et initiatique. Il ne s'agit plus seulement de résoudre un mystère, mais de comprendre le monde

 

Dans cet environnement hostile, l’enquête menée par Pauline et Brennan prend une dimension plus intime et initiatique. Il ne s'agit plus seulement de résoudre un mystère, mais de comprendre le monde dans lequel ils évoluent, de percevoir les mensonges et les structures invisibles qui le soutiennent. Le don de clairvoyance de Pauline, en particulier, devient un outil symbolique : celui de voir au-delà des apparences, de déceler ce qui est dissimulé.

 

© Bertin - Forbes - Fisher-Kouhi - Delcourt 2026

 

Graphiquement, Alexander Forbes accompagne cette évolution avec une maîtrise accrue de son trait. Ce dernier, plus fluide et homogène, renforce la lisibilité tout en conservant une forte densité visuelle. Les compositions restent précises, les ambiances oppressantes, et le dessin continue de jouer un rôle essentiel dans la transmission du malaise.

 

Avec "L"Ermite maudit", la série franchit donc un cap. D'une enquête sur l'étrange, elle devient une exploration des mécanismes invisibles qui façonnent une société. Plus resserré mais plus dense, plus politique et plus radical, ce 2e tome confirme l'ambition des auteurs. Hobtown n'apparaît plus seulement comme un lieu mystérieux, mais comme un système structuré, traversé par des tensions historiques et idéologiques.

 

Et si l'horreur est bien présente, elle ne réside peut-être pas tant dans la malédiction qui semble hanter les lieux que dans ce qu'elle révèle : un monde construit sur un récit biaisé, où certains sont destinés à perpétuer l'ordre établi, quand d'autres en sont exclus, effacés, rendus invisibles.

 

Thierry Ligot

 

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Série : Les Mystères de Hobtown

Tome : 2 - L'Ermite maudit

Scénario : Kris Bertin

Dessin : Alexander Forbes

Couleurs : Jason Fisher-Kouhi

Éditeur : Delcourt

Collection : Outsider

Genre : thriller fantastique

Parution : 07//05/2026

Format : 19,4 x 28,7 x 3,2 cm

Page : 193

ISBN : 978 2 4130 9158 5

Prix : 26,95 €



Publié le 20/06/2026.


Source : Bd-best


Nouvelle-Ecosse, une ville côtière (fictive) que rien ne différencie de plein d'autres avec ses 2.006 habitants : Hobtown, "The coastal paradise" ! Du moins en apparence car à y regarder de plus près, quelques événements hors-norme s'y déroulent. Depuis 1 an, 5 quinquagénaires disparaissent mystérieusement, sans laisser de trace. La police semble dépassée.

Pourtant, lorsque Max Finch disparaît à son tour, Sam, son fils, décide de revenir à Hobtown en vue de le retrouver.

Il réintègre le lycée de la bourgade alors qu'il est déjà diplômé et rejoint ainsi son club de détectives amateurs, le "Teen Detective Club". Ce dernier est dirigé par la brillante mais autoritaire Dana Nance.

 

" Mon père est le 6e à disparaître cette année. Il ne vient pas d'ici mais comme tous les autres, c'est un homme célibataire dans la cinquantaine. Ce n'est pas une coïncidence."

 

 

 

Mais entre les petites enquêtes passées et celle-ci, la différence est énorme ...

 

" - Je retire ce que j'ai dit.

- Sur quoi ?

- Que c'était pas notre première vraie enquête. Il y a des cadavres et des trésors et des gens bizarres et des chiens diaboliques. T'avais raison ! C'est clairement notre première vraie enquête !"

 

 

Très vite, les jeunes Sherlock Holmes en herbe découvrent que toutes ces disparitions sont liées entre elles. En effet, la ville cacherait un passé assez trouble mais tu.

D'autres phénomènes étranges, tels les visions de Pauline, des comportement absurdes et illogiques, des figures masquées se promenant ici et là, ... brouillent la frontière entre réalité et hallucination.

 

 

 

© Bertin - Forbes - Fisher-Kouhi - Delcourt 2026

 

Une narration dont l'enquête nous fait basculer du polar ado classique vers un univers inquiétant, irrationnel, anxiogène, frisant le fantastique.

Au départ, tous les codes du récit d'énigme sont en place : un groupe d'adolescents soudés, une série de disparitions mystérieuses, des adultes peu coopératifs et des indices disséminés un peu partout que les jeunes vont devoir découvrir pour rassembler les pièces du puzzle.

 

Mais rapidement, Bertin vient saborder cette belle mécanique classique en introduisant dans son scénario des éléments disparates au premier abord. Chacun permet à l'enquête d'avancer par fragments. Nous avons ainsi un homme halluciné sur une plage creusant frénétiquement le sable pour y enterrer des ongles, la présence d'hommes masqués aux costumes grotesques, ...

 

Pour mieux nous embrouiller, Bertin multiplie les pistes possibles. Secte ? Manipulation mentale ? Corruption locale ? Malédiction historique ? Et si finalement ce mystère était lié au passé colonial d'Hobtown, à sa fondation ?

 

 

© Bertin - Forbes - Fisher-Kouhi - Delcourt 2026

 

La vérité serait-elle dans le passé de la ville ? Au fur et à mesure des planches, nous découvrons qu'Hobtown cache bien plus de secrets qu'il n'en paraît. Son histoire passée serait construite sur des mensonges. Elle aurait été enjolivée, falsifiée et vidée de sa violence originelle !

 

"Certains des livres empruntés par mon père parlent de vieilles légendes autochtones et de l’histoire de la ville, de son architecture et de sa démographie."

 

Ses différentes communautés ("Premières Nations", Acadiens, Anglo-Canadiens) connaissent des tensions sous-jacentes. La police, elle-même, ne serait pas épargnée par ces logiques d'appartenance communautaire.

 

" - Tu es autochtone. Ça ne paraît pas vraiment mais je le sais.

- Mon père est à moitié Micmac.

- Ta mère aussi, même si elle ne veut pas l’admettre. Ce que j’essaie de dire, c’est que le sang, ça passe avant ça [son insigne de police].

- Ouin, pis

- Ton frère a raison d’avoir peur. Mais tu peux me faire confiance, on est des frères."

 

C'est ainsi qu'entre les lignes, nous pouvons également y voir comme un message, un enseignement sur l'histoire coloniale canadienne.

Comme trop souvent dans toutes les colonisations, les rapports de force de l'époque ont laissé des traces. Les "Fêtes des Pionniers" font la part belle aux "vainqueurs" par leurs descendants en transformant éventuellement leurs violences coloniales passées en actes héroïques. Mais cela n'efface pas pour autant les vérités historiques.

 

"Il y a longtemps de cela, en 1749, Lord Benedict est arrivé juste ici ! À l’endroit exact où nous sommes ! Mais au lieu d’y trouver une colonie naissante, il a été accueilli par des dizaines de Français et d’Indiens sanguinaires ! C’était un piège ! Même si elles avaient faim et qu’elles étaient moins nombreuses, les troupes de Lord Benedict se sont battues toute la nuit. Le lendemain, leurs ennemis étaient morts. Aujourd’hui nous célébrons l’héritage de ces braves pionniers qui ont transformé ce champ de bataille en paradis côtier."

 

La clé du mystère résiderait donc dans son passé, sa mémoire collective oubliée !

 

Tout est envisagé mais rien n'est confirmé ! Ceci à tel point que nous finissons par perdre nos repères de lecture.

 

 

© Bertin - Forbes - Fisher-Kouhi - Delcourt 2026

 

Le gros atout du récit est clairement son traitement narratif. Kris Bertin ne cherche pas forcément la clarté. Il privilégie les dialogues décalés, les ruptures soudaines, les scènes absurdes ou inquiétantes, les enchaînements qui semblent parfois peu logiques.

 

" - Vous faites quoi d'habitude, quand vous trouvez un cadavre ?

- Je ne sais pas. C'est la première fois que ça se passe."

 

Et pour renforcer cette atmosphère, il n'hésite pas à ajouter des scènes de rêve déroutantes, morbides, des légendes locales où des maisons se transforment ses "visiteurs indésirables" en zombies.

 

" Mais avant ça, ils doivent tuer les zombies et ensuite ils les voient. Il y a aussi un miroir dans lequel ils voient qu'ils sont devenus vieux ! Et c'est EUX qui mangent les murs. Et c'est EUX qui chient dans les tiroirs. Et les zombies, en fait, c'est leurs MEILLEURS AMIS qui ont pourri. Alors, ils écrivent des choses sur les murs et se poursuivent eux-mêmes sans pouvoir se rattraper. Et finalement, ils sont tellement fatigués qu'ils s'asseyent ... et ils deviennent des squelettes."

 

 

© Bertin - Forbes - Fisher-Kouhi - Delcourt 2026

 

Kris Bertin n'est donc pas un scénariste "classique". Originaire de Nouvelle-Ecosse, sa démarche créatrice pourrait s'assimiler à une démarche plus personnelle et identitaire. Cette recherche explore les zones troubles de nos mémoires collectives, et essentiellement celles des petites communautés parfois isolées et minoritaires.

Parallèlement à ce nœud de mystères qui vient parsemer cette narration, d'aucun pourrait y retrouver certaines références à des lectures ou visions de jeunesse. Entre "Le Club des Cinq" ou les aventures de "Michel" de la célèbre collection verte, "Alice détective", "Les Frères Hardy", "Tom Swift", "Les Enquête d'Enola Holmes", le dessin animé "Scooby-Doo", voire la série "Twin Peak", ... Mais ceux-ci s'achevaient généralement bien, de façon ordonnée.

 

Par contre, ici, nous baignons clairement dans une confusion volontaire, dans de la violence latente, de l'ambiguïté morale et une absence de réponse définitive ! Assez déroutant ! Le lecteur ne peut deviner la suite. Il est "obligé" de se laisser conduire par Bertin dans les méandres sombres et quasi surnaturel de son enquête.

 

 

© Bertin - Forbes - Fisher-Kouhi - Delcourt 2026

 

Le travail graphique d'Alexander Forbes renforce l'impression bizarre qui peut nous assaillir à la lecture de ce récit. Un style fort personnel, captivant le regard en usant massivement des hachures, notamment dans les décors, des visages lisses, inexpressifs et inquiétants à certains moments, comme à d'autres où rage et colère sortent carrément de la case.

Il en est de même avec la structure des planches. Ces découpages, ces cadrages donnent une puissance incroyable à l'émotivité des protagonistes.

Bref une façon de maintenir la tension entre réalisme documentaire et les dérives "expressionnistes" qui à la longue installe cette sensation physique de malaise chez le lecteur.

 

Un ensemble qui nous permet de classer cette série dans la culture pulp, un genre littéraire au contenu fort, avec un nombre important de crimes violents et sauvages, dans un contexte macabre.

 

 

 

© Bertin - Forbes - Fisher-Kouhi - Delcourt 2026

 

Si l'album original québécois est en noir & blanc (édition Pow Pow), son adaptation technicolor par Delcourt a été confié à Jason Fisher-Kouhi pour une mise en couleurs fantasmagorique parfaitement adaptée à l'atmosphère du récit. Entre les teintes légèrement sombres, les verts, les bruns, les gris, les ocres et jaunes flash, des contrastes lumineux servent intelligemment l'intensité du suspense et de l'angoisse narrative.

 

 

En conclusion, ce premier tome recèle de nombreux points forts. Récompensé déjà par divers prix (Doug Wright du meilleur livre en 2017 au Canada, ...), ce thriller psychologique nous entraîne dans une enquête passionnante.

Une ambiance unique, déjantée, un univers "indie-punk" inquiétant et cohérent dans son étrangeté, une direction artistique forte, une intrigue parfois opaque, des personnages pas toujours faciles à cerner et pour conclure, des fils narratifs laissés en suspens !

 

 

© Bertin - Forbes - Fisher-Kouhi - Delcourt 2026

 

Le tome 2, "L'Ermite Maudit", est déjà paru en français (7 mai 2026) ... les réponses s'y trouveront-elles ?

Deux autres tomes, récits inédits, sont déjà programmés. "Le Secret de la soucoupe" pour octobre 2026 et "Un Voyage dans les abysses" pour 2028. 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Les Mystères de Hobtown

Tome : 1 - L'affaire des hommes disparus

Scénario : Kris Bertin

Dessin : Alexander Forbes

Couleurs : Jason Fisher-Kouhi

Éditeur : Delcourt

Collection : Outsider

Genre : thriller fantastique

Parution : 26//03/2026

Format : 19,4 x 28,7 x 3,2 cm

Page : 312

ISBN : 978 2 4130 9157 8

Prix : 29,95 €



Publié le 18/06/2026.


Source : Bd-best


Après son périple en Atlantide, Alix est de retour à Rome. Il occupe ses journées entre le Sénat et l'écriture de ses mémoires. Entre ces moments, il assiste à quelques divertissements, soupers, combats de gladiateurs, notamment chez son ami Mécène, un proche de l'empereur Auguste.

 

" - Alix ... Tu es le seul à ne pas avoir applaudi.

- Tu me connais, Mécène ... tu sais que je n'aime pas qu'on exalte ainsi l'Empereur. Aucun chef ne devrait être comparé à un dieu.

- Notre ami en deviendra un après sa mort, comme son grand-oncle César, que nous le voulions ou pas ...

- Alors autant accompagner le mouvement ... c'est ça ?

- Ne sois pas aussi cynique, Alix, laisse-moi ce plaisir. Mais tu es seul, ce soir ? Où sont Titus et Enak ? Et tes autres compagnons ?"

 

 

 

De son côté, son fils Titus, lui, s'apprête à quitter Rome afin de rejoindre les légions de Tibère en Europe centrale. Une dernière soirée de guindaille entre amis dans certains quartiers "chauds" du port d'Ostie ... Soirée bien arrosée, voire trop car ...

 

"Tout ce qui se passe  à Ostie, reste à Ostie, on a dit, Titus !"

 

Or ... voilà qu'il est drogué puis kidnappé avec ses compagnons de virée !

 

 

© Mangin - Démarez - Chagnaud - Casterman 2026

 

Lorsqu'ils reprennent connaissance, ils se retrouvent dans une sorte de cachot, entourés d'hommes armés. Ils sont alors contraints de participer à des jeux de cirque clandestins en combattant des lions.

Les spectateurs sont tous masqués afin de ne pas être reconnu !

Soudain, l'un d'eux reconnaît le fils d'Alix ! La surprise passée, il décide d'intervenir sans se nommer et de retirer Titus des combats. Ce dernier, refusant de se taire s'il est libéré et d'abandonner ses compagnons d'infortune est alors grièvement blessé.

Mourant, il est abandonné sur la Via Apia avec l'espoir pour ses ravisseurs que cela n'entraînera pas la colère et une idée de vengeance d'Alix.

Grâce à l’intervention de Livie qui a toujours une terrible dette envers lui, Titus survit.

 

© Mangin - Démarez - Chagnaud - Casterman 2026

 

A la demande d'Auguste qui ne peut tolérer la remise en cause de son autorité par l'organisation secrète de ces jeux, et l'aide de Livie, Alix, dévasté par ce qui est arrivé à son fils, se lance à la poursuite des responsables dont notamment le "Maître des masques" !

 

Encore lui faut-il savoir où se déroulent ces combats ... et comment les infiltrer ! Sa vengeance pourra ensuite s'exécuter sans pitié ... quel que soient les responsables !

 

" Alors je compte sur toi pour démasquer le coupable et le mettre hors d'état de nuire. Je sais que tu ne te laisseras pas impressionner si tu découvres que c'est un autre sénateur."

 

 Le peu d'indices fournis par Titus, des spectacles cruels organisés  en secret pour des aristocrates masqués, le mène dans les bas-fonds de Susure.

 

De là, un jeu dangereux s'engage pour lui.

 

© Mangin - Démarez - Chagnaud - Casterman 2026

 

Valérie Mangin confirme, album après album, sa maîtrise de l'univers d' "Alix Senator". Désormais pleinement installée aux commandes de la série, elle en exploite avec assurance les codes tout en lui imprimant une tonalité plus sombre et personnelle.

 

Dans ce 17e tome, Alix retrouve Rome et ses fonctions de sénateur à la cour d'Auguste. Un retour aux sources qui sert de point de départ à une intrigue ancrée dans les bas-fonds de la capitale impériale. Au cœur du récit : un mystérieux organisateur de jeux clandestins, le Maître des Masques, dont les activités révèlent une société romaine traversée par la violence et la corruption.

 

Mais comme souvent dans la série, l'essentiel se joue ailleurs - dans les cercles de pouvoir. Valérie Mangin visite avec efficacité les mécanismes d'influence et les stratégies politiques. Livie, plus que jamais, s'impose comme la véritable maîtresse du jeu : elle fait arrêter les coupables, mais choisit de les épargner pour mieux les contrôler plus tard. Seul le Maître des Masque paie le prix fort, éliminé discrètement par le poison. l'équilibre impérial se doit d'être préservé ! Pas de scandale !

 

" - Alors laisse-moi faire arrêter [...] pour qu'il soit jugé, comme n'importe quel citoyen romain.

- C'est trop tard, Alix. Elle m'a déjà jugé et exécuté."

 

Si le scénario reste parfois prévisible - notamment par une certaine linéarité et le dévoilement partiel de l'intrigue dès la moitié de l'album - il gagne ici en cohérence et en densité. le format classique de 48 pages montre toutefois ses limites, imposant des raccourcis narratifs, des ellipses temporelles qui nuisent à l'ampleur du propos.

 

© Mangin - Démarez - Chagnaud - Casterman 2026

 

L'un des intérêt majeurs d' "Alix Senator" reste l'intégration de figures historiques telles que Livie, Auguste ou mécène. Si les libertés prises avec la réalité historique sont nombreuses, elles sont néanmoins assumées et participent à la richesse du récit, invitant le lecteur à prolonger l'expérience au-delà de la fiction.

Graphiquement, en revanche, rien à redire. Le dessin de Thierry Démarez, soutenu par les couleurs de Jean-Jacques Chagnaud, demeure l'un des grands atouts de la série. L'ensemble est solide, élégant et immersif.

 

© Mangin - Démarez - Chagnaud - Casterman 2026

 

Après un arc atlantéen peut-être un rien trop long et décevant par son aspect "fantastique", ce nouvel épisode marque un retour aussi réussi que convaincant à ce qui fait l’identité de la série : intrigues politiques, tension morale et vision désenchantée du pouvoir romain.

"Alix Senator" s’affirme dès lors comme une œuvre à part entière, plus adulte, qui prolonge l’héritage de Jacques Martin tout en s’en détachant progressivement.

 

 

Et pour les collectionneurs, l'album est également paru en version plus luxueuse, dos toilé, ... Toujours un bel objet qui mérite sa place à côté des autres de la série.

 

Thierry Ligot

 

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Série : Alix Senator

Tome : 17 - Le Maître des Masques

Scénario : Valérie Mangin

Dessin : Thierry Démarez

Couleurs : Jean-Jacques Chagnaud

Éditeur : Casterman

Genre : aventure, histoire

Thèmes : Antiquité, complot, gladiature, Rome Antique

Public : ado - adulte

Parution : 20/05/2026

 

Version classique

Format : 24 x 32 cm

Page : 46

ISBN : 978 2 203 28998 7

Prix : 15,50 €

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Version Luxe

Format : 24,1 x 32 cm

Page : 56

ISBN : 978 2 203 28997 0

Prix : 22,50 €

 

 



Publié le 16/06/2026.


Source : Bd-best


" - Pour le "Voyage", j'avais eu le Prix Femina ! Là, tu ne m'as décroché aucune sélection.

- Tu sais bien que ça ne marche pas comme ça. C'était il y a quinze ans, Lambert. Aujourd'hui, tu es trop vieux pour intéresser les critiques, mais pas encore assez pour que l'on te redécouvre.

- Quel sens de la formule ! Tu aurais dû faire carrière dans la pub.

- J'y songe parfois ..."

 

Pas évident alors de se refaire une place en haut des meilleures ventes littéraires ! Le succès et les best-sellers sont désormais du passé pour Lambert, romancier ayant connu son heure de gloire 15 ans auparavant !

Cherchant désespérément à se refaire, il enchaîne malheureusement les échecs avec ses romans. Ceci à un tel point, que son nouveau roman, "Itinéraires occultes", passe totalement inaperçu ! Quant à son dernier manuscrit, c'est carrément son éditrice qui l'incendie.

 

 

"Encore une chose, Lambert : les livres ne sont nécessaires qu'à leurs auteurs ... et, dans des rares cas, à leurs éditeurs. Mon père n'en a jamais ouvert un seul, de toute son existence ... Et je t'assure qu'il avait l'air heureux. Tu sais ce qu'est un bon livre ? C'est celui qui me permet de prendre congé de moi-même."

Une conclusion s'impose : Lambert Deville est complétement dépassé et au fond du trou ... de l'inspiration littéraire.

Et pour comble de tout, sa compagne, Sophie, le plaque ... marre de supporter sa déprime d'auteur depuis des années, marre d'avoir l'impression de s'occuper d'un vieillard !

 

© Zep - Rue de Sèvres 2026

 

Il décide alors de partir se réoxygéner seul à bord de son voilier. Une croisière en solitaire en méditerranée afin de se retrouver. Son moral remonte et c'est alors que ...

On retrouve son bateau à la dérive ... Mais pas de Lambert à bord ! La nouvelle fait l'effet d'une bombe dans toutes les salles d'infos. Le milieu littéraire s'émeut de cette disparition. Son éditrice n'a pas de mots pour l'encenser et vanter ses qualités, son talent, ...

 

"Un grand auteur ne meurt jamais, ses mots sont éternels"

 

Il repasse de totalement invisible à auteur célèbre. Ses ventes explosent, sa côté crève les plafonds ... et son éditrice est aux anges.

Pourtant, Lambert n'est pas mort. Il a simplement décidé de "disparaître" et de se refaire loin de son statut "d'auteur has been" dans une île grecque.

Voyant tout cela de loin, Lambert jubile de ce succès "post mortem" qui lui était "refusé" de son "vivant". Libéré de son identité et muni d’un mystérieux trésor, il profite de sa nouvelle existence loin du tumulte.

 

Cependant, cette parenthèse idyllique peut aussi connaître quelques inconvénients ! En effet, il s'en amuse moins lorsqu'il apprend que son ancien assistant tente de s’approprier son œuvre. Et les soucis ne s'arrêtent pas là quand certaines personnes débarquent sur son île et s'intéressent d'un peu trop près à l'origine de son pactole.

Lambert doit alors faire face aux conséquences de sa propre disparition et aux dangers qui menacent sa nouvelle existence.

 

"Le bonheur est l'ennemi du romanesque."

 

 

© Zep - Rue de Sèvres 2026

 

Avec "Tourner la page", Zep confirme avec éclat son virage vers une œuvre adulte, intime et lucide. Loin de l’univers de "Titeuf", il propose ici un récit à la fois introspectif et satirique, centré sur la figure d’un écrivain en déclin confronté à une question vertigineuse : faut-il mourir pour exister aux yeux des autres ?

 

Le point de départ, aussi simple que redoutable, fonctionne parfaitement. En orchestrant sa propre disparition, Lambert Deville observe avec ironie le succès posthume qui lui échappait de son vivant. À travers cette situation, Zep livre une critique acérée du monde éditorial, où opportunisme, récupération et hypocrisie dictent souvent la valeur d’une œuvre. Le regard est lucide, parfois cruel, et trouve un écho particulier dans le narcissisme du personnage principal, aussi pathétique que profondément humain.

 

© Zep - Rue de Sèvres 2026

 

Le récit séduit par son efficacité narrative : rythmé, ponctué de retournements, il glisse progressivement du drame intime vers une mécanique plus tendue, flirtant avec le thriller moral. Si certaines évolutions restent prévisibles, l’ensemble maintient une vraie tension, jusqu’à une conclusion ironique et amère.

 

Sur certains aspects et grandes lignes, nous pourrions nous rappeler le superbe film de Claude Lelouche, avec un Jean-Paul Belmondo exceptionnel de vérité et de sensibilité, ainsi qu'un Richard Anconida d'une naïveté touchante, "Itinéraire d'un Enfant gâté", sorti en 1988. A revoir avec la même tendresse que nous lisons cet album. Aussi bien au niveau du scénario que de l'image, une perle ! Comme ici !

 

© Zep - Rue de Sèvres 2026

 

Car c’est sans doute sur le plan graphique que l’album impressionne le plus. Entièrement réalisé à l’aquarelle, "Tourner la page" marque un sommet dans l’évolution artistique de Zep. Les ambiances maritimes, baignées de lumières méditerranéennes, contrastent avec la grisaille parisienne et traduisent avec finesse les états d’âme du personnage. Le dessin gagne en sensibilité ce qu’il perd en caricature, offrant une véritable immersion visuelle.

 

Abandonnant le côté caricatural de "Titeuf", son style semble plus libre, presque flottant, qui épouse parfaitement l'instabilité du récit et les états d'âme de son héros.

Le travail sur les couleurs est plus que remarquable. Les teintes méditerranéennes, avec ses bleus profonds, ses verts océan, ces ocres lumineux, ... baignent les scènes grecques dans une atmosphère à la fois apaisée et mélancolique. Ceci à l'inverse des séquences parisiennes qui semblent plus ternes, comme la lassitude de Lambert finalement !

 

Maintenant, comment ne pas admirer le talent de Zep dans ses visages, leur expressivité ? Sans jamais tomber dans l'exagération, il capte les émotions avec une finesse attendrissante. Fatigue, désespoir, lassitude, ironie, voire soulagement, ... ses visages les expriment avec discrétion mais de façon clairement interprétable pour le lecteur.

 

A certaines planches, certaines cases, les décors semblent passer au second plan. Comme si Zep ne souhaitait pas y attirer le regard du lecteur, donnant ainsi toute son attention aux personnages et aux atmosphères. Une subtile mise ne scène dans un réalisme mesuré qui renforce clairement la tension narrative.

 

© Zep - Rue de Sèvres 2026

 

Au final, "Tourner la page" réussit là où il pourrait simplement intriguer : en transformant une fable sur la postérité en réflexion plus large sur l’identité, le regard des autres et la difficulté d’exister en tant qu’artiste. Une œuvre qui impressionne par sa cohérence graphique, à la fois élégante, mordante et mélancolique et qui confirme la maturité et l’ambition de Zep.

 

Un titre parfait pour entamer ses vacances toutes proches ... pour certains !

 

 

Thierry Ligot

 

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Titre : Tourner la page

Scénario, dessin, couleurs : Zep

Editeur : Rue de Sèvres

Genre : chronique sociale,

Public : ado - adulte

Parution : 22/04/2026

Format : 24,1 x 32 cm

Page : 80

ISBN : 978 2 8102 1011 4

Prix : 20 €



Publié le 15/06/2026.


Source : Bd-best


" - Et voici le messager des dieux, Mercure. Juste à côté, c'est Mars, le dieu de la guerre ... et là, au centre, le dieu des dieux, Jupiter ! La divinité la plus puissante du Panthéon !

- Et celui-là ? Avec la ramure de cerf ... qui est-ce ?

- Il s'agit de Cernunos ... le dieu gaulois qui représente la vie et la mort ...

- Nos dieux peuvent se mêler aux autres dieux ?"

 

Mais les dieux se mêlent-ils également aux hommes pour leur prodiguer concrètement aide et protection contre des envahisseurs ?

Dans les tomes précédents, en plein cœur d'une Caledonia, les Romains tentent de soumettre les tribus scots. Ces dernières résistent vaillamment en faisant notamment appel à des "protecteurs", les Fomôrés ... géants quasi invincibles. Ceci contre des enfants offerts en sacrifice !

 

 

 

En ce début du IIe siècle de notre ère, Rome connaît ainsi de cruelles et sanglantes défaites. L'anéantissement total de la IXe légion en est la preuve ! Et ce désastre devra bien se trouver un responsable !

Ce sera Lucius Karus, le centurion qui commandait la IXe légion !

Accusé de traîtrise, il est ramené à Rome pour y être entendu par le Sénat et par l'Empereur. Ses explications ne satisfont pas le premier qui le prend comme bouc-émissaire du désastre et inquiètent tant le second qu'il le renvoie en Caledonia avec une mission bien précise. Il devra aider son dernier soutien, Déodatus Faustus, à la construction un mur dont le but officiel est d'isoler les tribus hostiles.

Néanmoins, derrière cet objectif se cache surtout la peur de ces créatures "surnaturelles" ! Il s'agit de les contenir au nord du mur en les empêchant par conséquent de descendre plus vers le sud de l'île.

 

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2026 

 

Retournant dans ces territoires hostiles, en mission d'éclaireur et d'espionnage, Lucius est à nouveau fait prisonnier par les Caledonii. Dans leur camp, il y retrouve Leta, son ancienne prisonnière. Cette confrontation fait éclater au grand jour leurs sentiments l'un pour l'autre et leur relation évolue de la haine vers l'amour ! Ils tentent alors de s'enfuir ensemble. Surpris dans leur tentative, le sang coule et ils se retrouvent pourchassés par les guerriers caledonii.

 

C'est ainsi qu'ils finissent, tous deux, par découvrir le terrible secret des Fomôrés ! A leur contact, ils ouvrent les yeux sur la véritable nature des créatures surnaturelles qui hantent "l'île des mangeurs d'hommes".

 

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2026

 

Un secret bien gardé depuis plusieurs générations, mais connu de Galam, le père de Leta seulement car transmis uniquement de chefs à chefs de la tribu !

 

"Au contraire ! Tu étais persuadée que ton peuple offrait ses enfants en sacrifice en échange de la protection des géants. Mais tu te trompais ... Ils ne les tuaient pas ... Ils les modifiaient !"

 

A cette vérité, Leta prend une décision terrible qui sera source de bien des bouleversements et événements dramatiques dans sa tribu.

Événements que Lucius ne pourra empêcher !

 

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2026 

 

Au camp romain, la haine d'Octavius pour Lucius ne faiblit pas. Il est prêt à tout pour que son ennemi soit définitivement considéré comme un traître. Malheureusement pour lui, ses manigances et traîtrises arrivent aux oreilles de Faustus, le mettant ainsi en mauvaise posture !

 

"Eh oui centurion ... les hommes restent des hommes. On croit que os subalternes nous obéissent mais dès que l'on tourne le dos, ils s'empressent de nous dénoncer !"

 

La tension est dès lors maximale et omniprésente dans le récit.

 

Loin de se limiter à une fresque historique classique, l’histoire bascule rapidement vers un mélange audacieux de péplum, fantastique et science-fiction, donnant une dimension aussi surprenante que captivante à l’ensemble.

 

Le duo Lucius - Leta constitue l’un des grands points forts de l’album. Il apporte une dimension émotionnelle forte à une intrigue déjà riche en rebondissements. À travers leur fuite et leur lutte commune pour survivre, nous sommes plongés dans une histoire profondément humaine, où les sentiments s’entrechoquent avec les loyautés et les appartenances.

 

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2026 

 

Mais c’est véritablement la révélation du secret des Fomôrés qui donne toute sa singularité au récit. Ces créatures, longtemps perçues comme des entités mythologiques, s’avèrent être en réalité des extraterrestres échoués sur Terre il y a quelques millénaires. Les survivants de cette catastrophe vivent depuis dans l'épave de leur vaisseau. Ce dernier, au fil des siècles, s'est recouvert de végétation, créant ainsi une île artificielle et donnant naissance aux croyances des Scots.

Cette révélation, habilement amenée, rebat totalement les cartes : les dieux deviennent des êtres de chair et de technologie, et les rites sacrificiels prennent une tournure bien plus sombre lorsqu’on découvre qu’ils servent à nourrir ou transformer des humains en « Enfants de Nuit ».

 

Ce basculement vers la science-fiction, loin d’affaiblir le récit, en renforce la portée. Il interroge la notion de mythe, la construction des croyances et la manipulation des peuples par des forces qui les dépassent. La scène de découverte du vaisseau, notamment à travers le regard de Leta, constitue un moment fort, à la fois fascinant et tragique.

 

La conclusion, marquée par la mort de Leta et la révélation du pacte passé entre les anciens et les Fomôrés, prend une dimension profondément dramatique. Lucius, désormais porteur d’un secret qui dépasse les enjeux humains, se retrouve pris entre deux mondes, investi d’une mission aussi obscure qu’essentielle.

 

© Corbeyran - Despujol - Soleil 2026 

 

Au final, cet album propose une lecture mêlant habilement Histoire romaine, mythe celtique et romance, le tout dans un écrin de science-fiction en y ajoutant une dimension extra-terrestre. En déconstruisant progressivement la dimension mythologique pour dévoiler une vérité plus dérangeante, il parvient à surprendre et à captiver jusqu’à la dernière page. Une œuvre originale, qui revisite avec audace les légendes anciennes et les confronte à une vision presque cosmique de l’Histoire.

 

Une série qui m'aura surpris autant qu'elle m'aura passionné et captivé dans sa globalité.

 

 

Lien chronique Boulevard BD : ici

Lien Podcast Boulevard BD : ici

 

 

 

Thierry Ligot

 

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Série : Caledonia

Tome : 3/3 - Les Fomôrés

Scénario : Éric Corbeyran

Dessin : Emmanuel Despujol

Couleurs : Juliette Despujol

Éditeur : Soleil

Genre : fantastique, péplum, science-fiction

Public : ado, adulte

Parution : 7 mai 2026

Format : 23,4 x 32,3 cm

Page : 64

ISBN : 978 2 3021 0669 7

Prix : 15,95 €



Publié le 14/06/2026.


Source : Bd-best


Le tome 1 de cette nouvelle saison avait laissé quelques fans de Jean Graton et de sa pilote moto préférée quelque peu désabusés. Qu'en sera-t-il de ce nouvel épisode ?

 

Quel est donc ce poids, cette épouvantable douleur qui assaille Julie Woord ?

Le meurtre de Mason Green, le fils de l'homme qui avait racheté le garage de ses parents, reste un mystère. La police et le FBI ne semblent pas avoir de véritables pistes ... du moins en apparence !

 

" - Rappelez-vous le meurtre de Mason Green, le fils du garagiste, et ce message qu'on a retrouvé chez lui "en cas de souci, voir les Wood" avec notre adresse [...] Il s'est passé quelque chose après la vente du garage de L.A"

 

Et subitement, Oncle Chris disparaît sans avertissement ... Le père de Mason, lui, est placé dans le programme de protection des témoins ...

 

 

Si cela ne suffisait pas, cette histoire devient plus nébuleuse que jamais avec l'apparition d'un certain Stefan Marowski. Ponte de la mafia polonaise au passé tellement trouble et sanguinaire que même la Kielbasa Posse l'a dégradé ! Motif : il est incontrôlable !

 

"La mafia polonaise est un des groupes les plus secrets qui soient. Pas de fanfaronnade o l'italienne, ni d'exubérance à l'irlandaise, non. Ils restent discrets. Ils sont implacables, violents, insensibles. Généralement, ils sont spécialisés dans le trafic de drogue."

 

Mais quel est le rapport avec les Wood, avec Oncle Chris et son garage ? Aurait-ce un lien avec le fait que désormais ce dernier va y revendre des voitures de luxe venues tout droit d'Europe, en passant par le port d'Anvers ?

 

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026

 

Parallèlement à ces questions, Julie doit aussi poursuivre son ascension dans le monde très masculin de Flat Track, une disciple de motocross terriblement spectaculaire. Elle y excelle ! Son sponsor, le patron de Theta, mise beaucoup sur elle et souhaite évidemment un retour publicitaire sur investissement.

 

" Bien sûr, vous pourrez utiliser la vidéo, la découper en réels et l'utiliser sur les réseaux sociaux en veillant à ce que le logo soit toujours visible. En conclusion, nous ajouterons un écran avec toutes les déclinaisons de la marque et le slogan "Theta, aussi loin que l'œil puisse voir". "

 

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026

 

Enquête ténébreuse dans les secrets familiaux et adrénaline de la course s'égrènent au fur et à mesure du récit à un rythme effréné.

 

Philippe Pelaez nous livre un scénario complexe et multiple. Passant d'une "scène" à une autre, il est parfois difficile de suivre en faisant les liens ... Mais, et c'est l'un des points forts de l'ensemble, progressivement, les pistes se rejoignent pour intensifier le suspense. L'intrigue se densifie avec de nouveaux personnages, des ramifications familiales tendant vers le polar avec un suspense qui se maintient tout en s'accentuant de façon dramatique.

C'est précis et parfaitement construit afin que le lecteur se perde un peu dans les conjonctures mais pas trop afin de le garder en haleine ! Un juste dosage qui permet petit à petit à chacun de se dessiner la suite de la trame ...

Les coins d'ombre sont nombreux et évitent un récit trop linéaire. Rebondissements ici et là ... Nouvelles infos ou indices qui pourraient nous mener vers la vérité ... ou nous induire en erreur ... dans cette enquête policière qui vire à l'international !

Avec comme final, un appel au dénouement qui pourrait bien se révéler surprenant ... et se jouer sur les terres de Jean Graton himself !

 

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026

 

Nous y retrouvons également tous les ingrédients d'un pur "Graton" ... une narration bien ancrée dans le présent avec ses rodéos urbains, ses réseaux sociaux, sa criminalité actuelle, ... sans oublier les fondements de la série originale : amour de la moto, courses et compétitions, vitesse et passion ! Le tout restant dans un cadre familial si cher à Jean Graton et ses héros.

 

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026

 

Au niveau graphique, tout comme pour la saison 2 de Michel Vaillant, le dessin se "modernise" et s'adapte à cette nouvelle époque. Couleurs moins vives mais plus abouties que dans le 1er tome, traits plus académiques manquant peut-être parfois, pour certaines scènes d'une dose supplémentaire d'expression naturelle. Mais sur la globalité de l'album, Claudio Stassi propose un travail costaud.

Ces scènes de course sont plus énergiques, bien qu'ici et là parfois un rien "figées", mais avec les vrombissements de moteur si "gratoniens" ! Un héritage ... une marque de fabrique indélébile du style du "Père".

Point de vue découpage et cadrage, angles de vue, l'action est parfaitement mise en valeur. Energie et tension ressortent pleinement à chaque planche qui nous entraîne dans la dynamique du script.

 

 

© Pelaez - Eillam - Stassi - Graton 2026

 

Dès lors, ce second tome confirme le virage pris par les nouveaux auteurs de la série. Un reboot qui se veut moderne graphiquement tout en respectant l'ADN narratif "Graton". Entre enquête policière et carrière à construire, histoire familiale et course moto, Julie Wood Saison 2 demeure une série efficace et rythmée.

 

Dans ce mélange bitume, réseaux et secrets de famille, nous devrions y trouver notre plaisir de revoir Julie Wood dans ses nouvelles aventures.

 

Vivement le tome 3 pour connaître le dénouement de cette excellente reprise.

 

 

Thierry Ligot

 

Lien chronique du tome 1 "Mortel Rodéo" : ici

 

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Série : Julie Wood - saison 2

Titre : 2 - Secrets de famille

Scénario : Philippe Pelaez

Dessin : Eillam

Couleurs : Claudio Stassi

Éditeurs : Graton Éditions

Public : tout

Parution : 5/6/2026

Pages : 56

Format : 29,5 x 22,2 cm

ISBN : 978 2 3906 0201 9

Prix : 15,9 €



Publié le 12/06/2026.


Source : Bd-best


Spirou 4600 – 10 Juin 2026

 

 

Déjà marre du foot ? Lisez Spirou

 

 

 

 

 

 


La coupe du monde de football envahit nos écrans. Vous détestez le foot ? Alors, lisez ce Spirou spécial foot ! Comme de coutume dans les numéros thématiques, il y a des auteurs invités. On retrouve ainsi Mab, qui signe aussi la couverture, et le poilant Romain Dutreix. Même les héros « classiques » se sont mis au ballon rond.

 

Pendant ce temps, les abonnés vont afficher le poster de l’équipe de football des héros de Spirou dessiné par Thomas Priou.

 

                Spirou, ami, partout, toujours.

 

 

 

 

© Priou - Dupuis

 

 

 

Histoires à suivre :

 

Si je t’écris…

Bodart / Zabus

Starlight 1 : Partie 1

Cardona / Torta

 

 

Récit complet :

 

Family life

Louis

 

 

Gags (strips, 1/2, 1 et 2 planches) :

 

Crapule

Deglin

Des gens et inversement (La pause-cartoon)

Berth

Edito (L’)

Erre / Fabcaro / Greff

Edito (L’) la suite

Erre / Fabcaro / Greff

Epée de bois (L’) Comment devenir tueur de dragons

Muñoz / Thibaut-Jouvray

Fifiches du Proprofesseur (Les) (La pause-cartoon)

Lécroart

Filles (Les)

Nob

Foot : Art et essai

Bercovici / Bernstein / Thomas

Foot : Champignac

Etien / Beka

Foot : Foot toujours

Saive / Sti

Foot : La leçon de football (x 2)

Dutreix

Foot : Match nul !

Mab

Foot : Pandémie de foot

Dab’s

Freuby (Le) (La pause-cartoon)

Gally

Huguette & Croquette

Théoschu

Nelson

Bertschy

Spoirou & Fantasperge (Marges)

Sti

Strip dont vous êtes la star (Le) (En direct de la rédac)

Libon / Salma

Titan Inc.

Boisteau /Martin

Willy Woob

Moog / Bernstein

Working dead

Lory / Dubuisson / Chesneau

 

 

Rubriques :

 

En direct de la rédac (dont Courrier des lecteur & Abonné de la semaine)

Saive / Bercovici

En direct du futur : Gaston

 

Jeux : Spirou cup

Baba / tartuff / Lapuss’

Tuto dessiné : un ballon (oui, mais le bon !)

Saive

 

 

Supplément abonnés :

 

Poster : Equipe de football des héros de Spirou

Priou

 

 

En kiosques et librairies le 10 Juin 2026

3,20 €

 

Laurent Lafourcade

 

 



Publié le 11/06/2026.


Source : Boulevard BD


Normandie, septembre 1943, avec la disparition de Mouche, Aiguille, agente du S.O.E. (services secrets britanniques), dirige désormais le réseau des Saboteuses. Sa mission principale est de reprendre les opérations de sabotage contre l’occupant allemand en détruisant notamment les voies ferrées, les moyens de communication ennemis, ...

 

" - Tu es la meilleure saboteuse de France. la célèbre "Aiguille", plantée dans le pied d'Hitler !

- Non, ça c'était Mouche. dure comme l'acier. Elle a pris la pilule sans hésiter quand nous avons eu cet accident. C'est une chose que je ne pourrai jamais faire.

- Tu l'as vue la croquer ?

- Elle a pris le cyanure, c'est certain."

 

Mais son réseau est désormais affaibli. Elle est contrainte de le reconstituer. C'est ainsi qu'elle recrute et forme la jeune Julie (« Schnaps »).

Néanmoins, vu son état de santé, Aiguille est enceinte de 6 mois, la chose n'est pas aisée. Chaque nouvelle mission devient plus difficile que la précédente.

 

 

Sa supérieure à Londres, Kay, décide alors de l'exfiltrer afin qu'elle accouche en Angleterre, ceci au grand désespoir de Julie.

 

" - Mais ta place est ici et tu le sais !

- NON ! Demain, je prends cet avion. C'est terminé pour moi. Il faut que tu l'acceptes !"

 

Pourtant au moment d'embarquer, Aiguille apprend que Mouche, son ancienne partenaire, serait encore vivante, prisonnière dans un hôpital militaire à Caen. Son transfert vers la Gestapo de Paris est proche.

 

" - Je ne laisserai pas Mouche derrière moi.

- Il n'en est pas question ! Vous rentrez à la maison avec moi. C'est un ordre. Est-ce que je suis claire ?

- Limpide, lieutenant. mais je ne viens pas."

 

Bouleversée par cette nouvelle et désobéissant aux ordres de Kay, Aiguille décide de rester et de participer à l'opération de sauvetage de son amie. Malheureusement, la première tentative, menée par Caméléon échoue.

 

© Van Rijckeghem - Thomas Du Caju - Paquet 2025

 

Déterminée, Aiguille part alors pour Paris afin de solliciter l’aide de Laura, une autre agente, infiltrée dans une maison close, "Le Paradis".

Tout cela serait tellement plus facile sans ce bébé qui ne va pas tarder à naître ...

 

Y parviendra-t-elle ? Aiguille pourra-t-elle sauver Mouche ? Trouvera-t-elle un soutien fiable et surtout quelle sera cette rencontre inattendue qui la replongera dans son passé ?

 

 

© Van Rijckeghem - Thomas Du Caju - Paquet 2025

 

Avec ce 4e tome, Jean-Claude Van Rijckeghem poursuit avec brio sa plongée romancée dans l'univers des espionnes britanniques du S.O.E., ces fameuses saboteuses envoyées en France occupée pour enrayer la machine de guerre nazie. Inspirée d'une réalité historique initiée par Winston Churchill, la série confirme ici toute sa force narrative et son intensité dramatique.

 

On y retrouve Aiguille, héroïne toujours aussi déterminée, devenue responsable du réseau. Malgré une grossesse avancée, elle reste prête à tout pour mener des opérations de plus en plus périlleuses.

Jonglant avec la tension et le suspense, Jean-Claude Van Rijckghem fait rebondir son récit avec l'annonce faite à Aiguille que Mouche, qu’elle croyait morte, est en réalité vivante mais retenue prisonnière.

Ce rebondissement relance pleinement l’intrigue et entraîne le lecteur dans une succession d’actions tendues, faites d’espoirs et, malheureusement, de drames.

 

© Van Rijckeghem - Thomas Du Caju - Paquet 2025

 

Le scénario se distingue par son rythme soutenu et son sens du suspense. Les missions s’enchaînent sans jamais donner l’impression de répétition, et l’auteur souligne habilement que la guerre ne se résume pas à des exploits héroïques : elle est aussi faite d’échecs, de sacrifices et de choix difficiles.

En filigrane, Van Rijckeghem met également en lumière une réalité souvent méconnue : la diversité des rôles joués par les femmes au sein du SOE, y compris dans des contextes plus ambigus, comme celui de l’espionnage dans les maisons closes. Une facette audacieuse qui enrichit encore le propos.

 

Cependant, l'album ne se limite pas à l'action pure. Il prend aussi le temps de développer ses personnages, notamment à travers des moments plus posés, comme des retrouvailles inattendues qui apportent une dimension émotionnelle supplémentaire à Aiguille. celle-ci apparaît alors humaine, tiraillée entre son devoir, ses liens affectifs et sa condition de femme enceinte.

 

© Van Rijckeghem - Thomas Du Caju - Paquet 2025

 

Graphiquement, Thomas Du Caju livre à nouveau une "prestation" remarquable. Son trait réaliste, précis et soigneusement documenté, plonge immédiatement dans l’atmosphère de la France occupée. Les décors parisiens, les environnements ferroviaires ou urbains sont restitués avec une grande authenticité, tandis que les scènes d’action gagnent en intensité grâce à une mise en scène et en lumière maîtrisées. Quant à la mise en couleurs, elle nous baigne immédiatement dans les atmosphères nocturnes ou non, intimes ou violentes de la narration. Sa galerie de personnages, et en particulier ses figures féminines, se distingue enfin par une élégance et une expressivité qui renforcent l’immersion.

 

 

© Van Rijckeghem - Thomas Du Caju - Paquet 2025

 

Bref, un 5e tome intense, puissant et tendu où jamais rien, quasi, ne se déroule comme prévu. Dans la droite ligne des précédents, avec des personnages attachants, à la fois haletante et maîtrisée, l'intrigue nous plonge dans l'espionnage au féminin. Un récit qui ne laisse presque aucun instant de répit, mêlant émotions et suspense, avec une héroïne déterminée n'hésitant pas à défier les ordres pour sauver son amie.

 

Entre tensions dramatique, réalisme historique et mise en lumière du rôle crucial des femmes dans la Résistance, cette nouvelle aventure confirme toute la qualité de la série et sa capacité à captiver durablement le lecteur.

 

 

© Van Rijckeghem - Thomas Du Caju - Paquet 2026

 

Le 5e tome, "Boxeur", venant de paraître, nous n'hésiterons pas à nous y plonger avec la même passion.

 

Thierry Ligot

 

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Série : Saboteuses

Tome : 4 - Paradis

Scénario : Jean-Claude Van Rijckeghem

Dessin : Thomas Du Caju

Éditeur : Paquet

Collection : Mémoire

Genre : Histoire, espionnage

Thèmes : 2e GM, Résistance, France, sabotage, amitié, désobéissance

Public : ado, adulte

Parution : 18/06/2025

Format : 24 x 32 x 1 cm

Page : 56

ISBN : 978 2 8893 2474 3

Prix : 15,50 €



Publié le 11/06/2026.


Source : Bd-best


1943, dans le Pacifique, Daisuke Tanaka, pilote de Zéro est désormais considéré comme un as de l'aviation japonaise. Ses victoires impressionnent mais la dureté des combats, les blessures et surtout la perte de nombreux de ses camarades l'ont affaibli et fatigué.

 

Sur le plan militaire, la supériorité des Alliés commence à se faire ressentir. Surpassé désormais en quantité de matériel, en équipement, en troupes, l'Empire du Soleil Levant a du mal à résister à leur avancée.

 

Et pour Daisuke, l'arrivée de nouveaux pilotes ne compense absolument pas les pertes. Ils sont trop jeunes, manque d'expérience et donc ne peuvent lutter à armes égales avec les pilotes alliés.

Malgré tout, grâce à leur courage et leur détermination, les Japonais infligent de lourdes pertes à l'ennemi. Mais au final, ils se voient contraints de reculer, de céder les îles qu'ils avaient conquises.

Après la défaite de Midway, de Guadalcanal, des îles Salomon, ... c'est désormais à Iwo Jima que les combats vont se jouer !

 

 

Victime d’un malaise en mission, Daisuke est déclaré inapte au combat. Néanmoins, l'honneur le poussant, il y retourne et est blessé.

 

"Plus que la douleur, c'est la honte qui m'était le plus insupportable ... honte de ne plus être bon à rien ... d'être aussi faible qu'un nouveau-né ! Je savais que la blessure était grave ! Si je ne pouvais plus piloter, je me jurais de mettre fin à mes jours !"

 

Ses supérieurs le contraignent alors à quitter le front. Rentré au Japon, il devient instructeur et forme de jeunes pilotes inexpérimentés. Formés en peu d'heures  et essentiellement au tir, Daisuke tente de leur inculquer également quelques notions et astuces du combat aérien. Mais sera-ce suffisant pour leur donner une chance de survivre à leur baptême du feu ?

Ces derniers illustrent le manque croissant d’aviateurs qualifiés dans une guerre que le Japon est en train de perdre.

 

 

"Leurs chasseurs Lightning et Wildcat sont aussi plus performants, mais ce n'est pas le problème. Nos Zéro le sont tout autant et même plus !

NON ... Le problème, ce sont nos jeunes pilotes sans expérience ... Nous nous en sommes bien tirés à Lae. Ce n'est pas le cas dans le reste du Pacifique. Nous savons maintenant, malgré la censure sévère de notre commandement, que nous avons perdu 4 de nos plus grands porte-avions et 250 pilotes, rien qu'à la bataille de Midway !"

 

 

 

© Speltens - Paquet 2025

 

Avec "Rei Sen Pacifique", Olivier Speltens propose une plongée rare et immersive dans la Seconde Guerre mondiale côté japonais. Une fresque aéronautique spectaculaire, aussi rigoureuse historiquement qu’efficace narrativement.

 

Cependant, le récit ne se limite pas qu'aux combats aériens. Il réside dans son point de vue en s’intéressant également à la vie quotidienne, notamment celle des civils japonais, durement éprouvés par les bombardements américains mais aussi par les abus internes : pression militaire, réquisitions, racket. Cet aspect apporte une profondeur bienvenue et élargit la portée de l’album au-delà du simple récit de guerre.

 

Dès lors, c'est l’un des grands atouts de la série. Chose rare dans le 9e Art, là où la plupart des récits de la guerre du Pacifique adoptent une vision occidentale, "Rei Sen Pacifique" choisit de se placer du côté des vaincus. Ce renversement permet de mieux comprendre l’état d’esprit des pilotes japonais, leur loyauté totale envers l’Empereur, mais aussi les mécanismes culturels et idéologiques qui ont conduit à des stratégies jusqu’au-boutistes ... les fameux kamikazes en étant l'exemple parfait.

 

 

© Speltens - Paquet 2025

 

Dans ce deuxième tome, le lecteur retrouve Daisuke, pilote japonais fictif mais construit à partir de témoignages authentiques. À travers lui, Speltens donne corps à toute une génération de combattants façonnée par une culture du devoir absolu et du sacrifice. Si le personnage est recomposé, les faits, eux, reposent sur une documentation solide, ce qui ancre le récit dans une réalité historique crédible et convaincante.

 

 

"Nous étions comme des chiens dressés au combat. Notre éducation depuis l'enfance nous inculquait l'obéissance, l'honneur et le respect de la patrie.

Par la suite, notre entraînement militaire a renforcé notre combativité ! De nombreux soldats trop blessés pour pouvoir accomplir leur devoir, se donnaient la mort plutôt que de vivre dans le déshonneur.

Nous ne vivions que pour nous battre !"

 

Cette approche inversée du conflit, Olivier l'avait déjà appliquée à ses séries précédentes, comme "L'Armée de l'ombre" (4 tomes) et "Afrikakorps" (3 tomes).

 

 

© Speltens - Paquet 2025

 

Narrativement, l’ensemble est solide et maîtrisé. Les séquences d’action s’enchaînent efficacement, tout en laissant place à des moments plus introspectifs. Le lecteur s’attache au héros, dont la passion du vol contraste avec la brutalité du conflit. Cette dualité constitue le véritable cœur émotionnel du récit.

 

 

© Speltens - Paquet 2025

 

Graphiquement, Olivier Speltens confirme tout son savoir-faire. Son trait hyperréaliste impressionne, notamment dans la représentation des avions et des combats aériens, d’une précision remarquable. Les planches fourmillent de détails, avec un rendu quasi photographique, sans jamais perdre en lisibilité. Les scènes de vol sont particulièrement immersives et donnent parfois le vertige. Par leurs découpages et cadrages virevoltants, le lecteur a clairement l’impression d’être directement dans le cockpit.

 

 

© Speltens - Paquet 2025

 

Pour résumer, Olivier Speltens poursuit ainsi notre immersion dans ce second conflit mondial du XXe siècle avec le regard des "perdants".

Partant d'une sérieuse et nombreuse documentation, son dessin hyperréaliste est impressionnant et parfaitement crédible.

 

Mais comme à son habitudes, Olivier ne s'arrête pas aux uniques séquences de combat. Il accorde une place importante à l'humain, aux pensées et sentiments de chacun de ses personnages. Ceux-ci évoluent dans leur mentalité et leurs idées. Une approche qui se veut dès lors également psychologique, mais sans tomber dans la caricature ou les stéréotypes manichéens.

 

Au final, Rei Sen Pacifique T2 s’impose comme une référence du genre. Entre rigueur historique, qualité graphique exceptionnelle et angle narratif original, la série offre une vision nuancée et captivante de la guerre du Pacifique. Une lecture incontournable pour les amateurs d’aviation comme pour les passionnés d’histoire.

 

 

© Speltens - Paquet 2025

 

Et pour les plus fans, tout comme pour le tome 1, une version "plus grande" existe également .... Elle insère 4 planches supplémentaires dans le récit et offre un poster A2. Collector assuré car édité en 1800 exemplaires seulement !

 

Maintenant, il n'y a plus qu'à attendre le final de cette trilogie ... Olivier ? Une date ? Une fourchette d'estimation ?

Entre mars et ami 2027 ?

 

 

 

Thierry Ligot

 

 

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Série : Rei Sen - Pacifique

Scénario - dessin - couleurs : Olivier Speltens

Éditeur : Paquet

Collection : Cockpit

Genre : guerre, aviation

Thèmes : 2e GM, Pacifique, Japon

Public : ado - adulte

Parution : 17/9/2025

 

Version "classique"

Format : 24 x 32,1 x 1 cm

Page : 46

ISBN : 978 2 88932 486 6

Prix : 14,90 €

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Version collector

Format : 28,5 x 37,8 cm

Page : 54

ISBN : 978 2 88932 490 3

Prix : 39 €



Publié le 11/06/2026.


Source : Bd-best


« Tu vois cet homme, sans lui les trésors du Louvre n’existeraient plus aujourd’hui.». L’exode du Louvre T.1

 

 

 

Lundi 28 août 1939, six heures du matin : un convoi composé de huit camions quitte le musée du Louvre en direction de la vallée de la Loire : destination le château de Chambord. A leurs bords, les trésors de toute la Renaissance italienne soigneusement emballés et dissimulés sous des vieilles bâches ordinaires. 

  

 

 

 

 

14 juillet 1939, de nombreux touristes profitent de la fête nationale pour visiter le musée du Louvre. Pourtant, la situation internationale semble être plus que préoccupante ! Après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie (Anschluss) en mars 1938, Adolf Hitler s'empare des régions germanophones de la Tchécoslovaquie (Sudètes), situation avalisée par les accords de Munich. En mars 1939, en totale violation de ces derniers, il fait main basse sur le reste de la Tchécoslovaquie (protectorat de Bohême – Moravie). 

 

 

 

 © Smudja - Futuropolis 

 

 

En fin d'après-midi, trois célébrités (Pablo Picasso, Salvatore Dali & Jean Cocteau) partagent avec le directeur du Louvre (Jacques Jaujard) leurs inquiétudes vis à vis du devenir des œuvres exposées au Louvre en cas d'invasion des nazis. 

 

 

 

 

  © Smudja - Futuropolis 

 

 

Avec la complicité du personnel du musée, Jacques Jaujard va organiser l'évacuation des chefs-d’œuvre pour les protéger. Commence alors clandestinement l'exode de « la Joconde », du « Radeau de la Méduse », de la « Vénus de Milo » et de la « Victoire de Samothrace » vers des lieux plus sûrs, tel que le château de Chambord.  

 

 

 

 

 

 © Smudja - Futuropolis  

 

Gradimir Smudja (dessinateur & scénariste) nous trace un épisode méconnu de la Seconde guerre mondiale, l'exode des œuvres du musée du Louvre, jonglant avec la fiction du récit et la réalité historique. Il dresse le portrait de Jacques Jaujard, surnommé le « Buster Keaton du Louvre ». Celui-ci organise en collaboration avec son personnel la mise à l'abri et la protection de plus de 4000 huiles sur toile contre les Allemands. 

 

 

 

 


 

 © Smudja - Futuropolis  

 

 

Premier volume d'une série prévue en deux tomes, chaque planche est impressionnante par le nombre de détails représentés mais aussi par la richesse des couleurs utilisées par l'auteur. Ce dernier n'hésite pas à donner vie aux différents personnages représentés dans les œuvres. Le lecteur retrouve dans cet album les ingrédients (graphisme et narration) qui avaient déjà fait le succès de « Vincent & Van Gogh ». 

 

 

 

 

 

  © Smudja - Futuropolis 

 

Né en 1956 à Novi Sade (deuxième ville serbe), peintre et dessinateur, Gradimir Smudja réside en Suisse avant de s'installer en Italie où il enseigne le dessin. En attente de la suite de cet exode plus qu'inattendu !  

NB : à signaler la présence d'un cahier graphique en fin de la première édition. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haubruge Alain 

 

 

 

Titre : L'exode du Louvre 

 

 

Tome : 1 

 

 

Scénario, dessin & couleurs : Gradimir Smudja 

 

 

Éditeur : Futuropolis 

 

 

Genre : Artistique - historique 

 

 

Public : à partir de 16 ans 

 

 

Parution : 03 juin 2026 

 

 

Format : 23,6 x 33,2 x 1,2 cm 

 

 

Nombre de page : 80 

 

 

ISBN : 9782754848435 

 

 

Prix : 19,00€  

 



Publié le 10/06/2026.


Source : Bd-best


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